Lyon : De la répression policière à la terreur d'État

Publié le par la Rédaction

 

Le mouvement contre la réforme des retraites a pris à Lyon, à la fin du mois d’octobre, une ampleur sans précédent, entre blocage économique des grévistes et manifestations lycéennes. Face à ce phénomène, aux liens se tissant entre les différents acteurs de cette lutte et aux destructions matérielles qu’occasionnèrent les manifestation en centre ville (les fameux «casseurs» des journaux télévisés), la préfecture et l’État ont répondu avec un déploiement policier inégalé : 800 CRS et gardes mobiles, BAC, blindés de la police avec lance à eau, hélicoptère, GIPN, etc.

 

Il ne s’agit plus là de faire face à ce que la police appelle de la «casse» en niant ainsi la dimen­sion poli­ti­que des actes — à ne pas donner la parole aux «cas­seurs» il est facile pour les médias de nier l’aspect poli­ti­que de cette casse — mais bien d’orches­trer une répres­sion totale et impi­toya­ble sur les contes­ta­taires, une véri­ta­ble ter­reur d’État, dont le but est avant tout de stop­per net le mou­ve­ment. La meilleure preuve de cette évolution reste l’enfer­me­ment jeudi 21 novembre, pen­dant plu­sieurs heures, de plus de 600 per­son­nes sur la place Bellecour, trans­formée en prison à ciel ouvert, où pleu­vait lacrymo et lance à eau, sans pos­si­bi­lité de répit ou de sortie. Notons que cet «empri­son­ne­ment à ciel ouvert» fut occulté par les médias dont les camé­ras se trou­vaient pour­tant sur place.

 

Le bilan de ces jours de lutte a de quoi faire peur : plus de 300 arres­ta­tions en moins de deux semai­nes et des dizai­nes de bles­sés. Depuis, les condam­na­tions pleu­vent : prison pour beau­coup, dom­mages & inté­rêts pour les poli­ciers, amen­des, etc… Les condam­na­tions les plus absur­des se suc­cè­dent : un jeune homme pour avoir jeté un sac de feuilles mortes sur un poli­cier, un autre, étudiant, pren­dra 6 mois ferme car il est consi­déré comme un «authen­ti­que cas­seur», la police ayant retrouvé dans sa poche un tract de «conseil en mani­fes­ta­tion» (tracts dif­fu­sés en début de mani­fes­ta­tion, la CGA en a dif­fusé de sem­bla­bles), pour comble un refus de pré­lè­ve­ment ADN aug­men­tera sa peine de 2 mois ferme. La volonté de faire des exem­ples en bri­sant des vies est évidente.

 

D’autres procès sont encore à venir, dont celui de trois com­pa­gnons liber­tai­res et anti­fas­cis­tes, pour­sui­vis pour avoir voulu sou­te­nir les piquets de grève alors qu’une mani­fes­ta­tion fas­ciste mena­çait les gré­vis­tes (nous vous tien­drons au cou­rant d’un pro­chain ras­sem­ble­ment de sou­tien).

 

Pendant ce temps la pré­fec­ture ment sciem­ment sur l’action de la police, repris en chœur par les mass medias. Elle nie les bles­sés, par­fois graves (frac­tu­res mul­ti­ples, asphyxie, crise d’angoisse, etc.), pour­tant nom­breux dans les hôpi­taux où la police n’a pu que les voir passer.

 

Face à cette répres­sion nos deux armes sont la soli­da­rité face à la machine judi­ciaire et l’infor­ma­tion face aux men­son­ges média­ti­ques. Soutenir les nom­breux inculpés, par notre pré­sence lors des procès ou par notre sou­tien finan­cier (voir les contacts de la caisse de soli­da­rité) et conti­nuer à dif­fu­ser l’infor­ma­tion sur ce qui s’est réel­le­ment passé à Lyon, loin des cari­ca­tu­res média­ti­ques de la presse bour­geoise. Mais aussi pour­sui­vre la lutte, au-delà de la simple réforme des retrai­tes, sous les nom­breu­ses formes que celle-ci pren­dra par la suite, prou­ver que nos luttes ne peu­vent être abat­tues par la répres­sion poli­cière et judi­ciaire.

 

La soli­da­rité et l’infor­ma­tion sont des armes, nos armes !

 

L’Égalité économique et sociale,  17 novembre 2010 
Feuille locale de la CGA-Lyon.

 


Publié dans Colère ouvrière

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