Lyon : Après les manifs, la police travaille

Publié le par la Rédaction

Casse pendant les manifestations d’octobre : deux arrestations de plus

 

Deux adolescents ont été mis en examen hier pour avoir retourné des voitures. Après la vague de flagrants délits, l’enquête de fond menée depuis un mois a permis d’identifier des casseurs.

 

Le 20 octobre à Lyon, au lendemain des violences urbaines commises en marge de la manifestation contre la réforme des retraites, le ministre de l’intérieur Brice Hortefeux avait annoncé la couleur. «Je suis venu à Lyon pour préciser et confirmer aux casseurs que leurs actes ne demeureront pas impunis.» Six semaines après la fin des hostilités, deux interpellations viennent démontrer qu’il ne s’agissait pas d’un simple effet d’annonce.

 

Jeudi matin, deux adolescents de seize ans ont en effet été arrêtés. Ils ont reconnu sans difficulté avoir retourné des voitures rue de la République à Lyon (1er), confondus par des vidéos qui laissent peu de place à la dénégation. D’autres arrestations vont suivre car une soixantaine de suspects sont d’ores et déjà identifiés.

 

Entre le 14 et le 22 octobre, les incidents qui se sont produits à Lyon ont donné lieu à 322 interpellations, et 25 peines de prison ferme ont été prononcées en comparution immédiate, dont la moitié avec mandat de dépôt. 40% de ces arrestations faisaient suite à des jets de projectiles, les autres étaient motivées par des incendies et dégradations volontaires, ou par la participation à un attroupement armé.

 

Après les opérations de maintien de l’ordre, la direction départementale de la Sécurité publique, en lien avec le parquet, a entrepris un travail de fond pour identifier les auteurs de vols, de pillages, de dégradations et de vandalisme. Pour ce faire, les enquêteurs disposent d’une masse d’informations, notamment des heures de vidéo, provenant de la surveillance urbaine et des images filmées par l’hélicoptère de la gendarmerie et les CRS, ainsi que divers blogs et forums.

 

Les deux jeunes gens interpellés jeudi matin, dans un lycée général de Saint-Priest et dans un lycée professionnel de Bron, ont été identifiés sur des images de vidéosurveillance urbaine. Le premier, originaire de Saint-Priest, connu pour un simple vol à l’étalage, se trouvait dans un groupe qui, le 19 octobre a retourné deux véhicules rue de la République, une Clio à 10h23 à la hauteur du numéro 12 puis un Renault Mascott à 10h38, à l’angle de la rue de l’Arbre Sec. Le second, qui demeure à Rillieux, est inconnu de la justice. Il a le même jour, au même endroit, contribué à retourner une Twingo, à 10h27 puis une Peugeot 207 à 10h45. Pourquoi ? L’ambiance du moment, ont-ils expliqué. Chez eux, les enquêteurs ont trouvé les vêtements qu’ils portaient le jour des faits. Ils ont été mis en examen hier pour dégradations volontaires en réunion.

 

Leur presse (Christine Mérigot,
Le Progrès), 4 décembre 2010.

 

 

Émeutes lycéennes : deux «retourneurs» de voitures arrêtés

 

Deux jeunes de 16 ans ont été interpellés par la police jeudi 2 décembre et présentés au Parquet ce vendredi. Le 19 octobre dernier, ils auraient chacun retourné deux véhicules, dans le secteur de la rue de la République. Ils ont été confondus grâce aux caméras de vidéosurveillance.

 

Deux jeunes lycéens de 16 ans ont été interpellés ce jeudi par la police. L'un habite St-Priest, l'autre Rillieux mais est scolarisé à Bron. Chacun d'eux est soupçonné d'avoir participé à des dégradations de véhicules le mardi 19 octobre lors des émeutes lycéennes, et notamment de les avoir retournés. Assisté d'autres jeunes, le San-Priot s'en serait ainsi pris à une Clio professionnelle appartement à Ricoh, société spécialisée dans les imprimantes de bureau, à 10h23. Le véhicule était alors stationné au 12 rue de la République (proche de Bellecour). Puis, à 10h48, il se serait attaqué à un camion benne basé à l'angle de la rue de l'Arbre sec et de la rue de la République.

 

 

Parmi un autre groupe, le jeune Brondillant aurait quant à lui renversé à 10h30 une Peugeot 207, rue de la République. Puis, à 10h40, il aurait sauté sur le toit d'une Twingo avant aussi de la renverser. Aucun de ces véhicules n'a été incendié.

 

29 véhicules retournés

 

Tous deux ont été identifiés grâce à la vidéosurveillance de la ville. Il existe 238 caméras à Lyon. Ils ont été présentés ce vendredi au Parquet, aucun d'eux n'est connu des services de police. Contactés par nos soins, le procureur de la République n'a pas souhaité faire de commentaires. Jean-Marc Rebouillat, chef de la sûreté départementale, explique que l'interpellation le jeudi 21 octobre d'environ 300 jeunes, d'abord encerclés place Bellecour puis emmenés à l'Hôtel de Police a permis d'avoir «un panel assez fiable des établissements qui avaient fourni le plus de délinquants». Disposant de photos tirées des enregistrements vidéo, les enquêteurs ont pu interroger les lycées concernés et les élèves qui y sont scolarisés pour identifier les fauteurs de troubles.

 

La police s'emploie à présent à confondre leurs comparses, toujours grâce à la vidéo. «Il est possible qu'ils ne se connaissaient pas et se soient retrouvés au moment des faits», souligne Jean-Marc Rebouillat. Celui-ci avait indiqué qu'une «cellule spéciale» serait mise en place dans les locaux de la police lyonnaise, composée d'une dizaine d'hommes qui travailleront «plusieurs mois s'il le faut» pour retrouver les auteurs de dégradation. Selon le bilan établi par la préfecture, 29 voitures ont été renversées pendant les six jours émeutiers de Lyon.

 

Leur presse (Fabien Fournier,
Lyon Capitale), 3 décembre.

 


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