Lyon : Appel à une riposte antifasciste unitaire

Publié le par la Rédaction


L’importance de l’extrême droite à Lyon n’est pas une nouveauté. Lyon a souvent été le terreau d’une extrême droite virulente tissant ses théories racistes et négationnistes notamment à l’université.
Depuis plusieurs mois maintenant l’extrême droite lyonnaise, sous l’égide des jeunesses identitaires, tend à s’installer durablement sur le département, en particulier à Lyon. Jusqu’alors leurs actions de terrain se limitaient à perturber, avec une dizaine de militant-e-s, les rassemblements dont nous sommes partie prenante (Soutien aux sans-papiers/sans-papières, délit de solidarité, défense de l’IVG, Marche des Fiertés LGBTI).
Appel à une manifestation antifasciste unitaire le 10 avril à 15h place Bellecour.

Ces derniers mois, l’extrême droite a cherché à accentuer leur présence sur la ville en multipliant leurs actions sur le terrain, et faisant recours de plus en plus souvent à la violence :
— Actions de harcèlement auprès des bibliothèques du 4e et du 8e afin de faire interdire une exposition de photo sur les sans-papiers et sans-papières.
— Manifestations du FN contre la mosquée de Vénissieux puis de 80 militant-e-s devant le Conseil Régional contre le financement public de l’Institut français du culte musulman (Jeunesses identitaires, FN, MPF), non par principe laïque mais par haine de l’islam.
— Manifestation contre le droit à l’avortement.
— Janvier, une trentaine d’individus attaquent un rassemblement appelé par plusieurs organisations politiques qui protestaient contre la tenue du débat sur l’identité national à la Préfecture.
— Février, meeting d’Alain Soral d’Égalité & Réconciliation nationale («Gauche du travail, droite des valeurs, pour une réconciliation nationale») à Vaulx-en-Velin.
— Mars, l’activisme d’extrême droite s’est débridé : occupation islamophobe du Quick halal de Villeurbanne par une cinquantaine d’identitaires masqués en cochon, agressions violentes de militants à St Jean, attaque à la bombe incendiaire d’un squat politique, intimidation et menaces exercés par des groupes de 40 à 60 nationalistes radicaux contre des militant-e-s de gauche reconnus sur les pentes de la Croix-Rousse, infiltration d’un meeting du NPA par des nationalistes et découverte d’un coktail molotov, campagne d’affichage islamophobe par le FN, multiplication des tags racistes et antisémites dans les rues et les lycées…

Ces faits, inquiétants, ne sont malheureusement que la partie la plus visible du développement et de la diffusion des idées racistes, haineuses et populistes des partis d’extrême droite. Ces partis, et les groupuscules qui leur sont associés, représentent un danger réel, sur le plan politique quand ils utilisent les réalités sociales à leurs fins pour développer un discours de haine et d’exclusion de l’autre, les soraliens allant même jusqu’à tenter de s’implanter en banlieue pour détourner a leur profit la radicalisation de la jeunesse. La situation économique et les politiques associées de la part de l’État aggravent la marginalisation des hommes et des femmes allant jusqu’à les déshumaniser.

Ces faits prolongent la politique actuelle du gouvernement (chasse aux sans-papiers/sans-papières, débat haineux et raciste sur l’identité nationale et délit de solidarité) d’une droite décomplexée surfant sur les idées traditionnellement utilisées par l’extrême droite (stigmatisation d’une partie de la population, montée de la haine de l’autre,, retour aux valeurs familiales traditionnelles, prises de positions sur le terrain religieux), désignant des boucs émissaires dans le but de casser les solidarités et faire taire toute contestation. On assiste à une normalisation des discours et des pratiques racistes sous la forme de discours islamophobes, antisémites, sexiste, et homo-lesbophobe. Jour après jour, les «dérapages» verbaux de membres du gouvernement se succèdent, ces discours contaminent a présent l’ensemble de la classe politique, un tabou est tombé.

La répression et les lois liberticides réduisent de plus en plus nos libertés individuelles et collectives tout en favorisant la criminalisation des opposant-e-s et la stigmatisation d’une partie de la population. C’est en construisant un front unitaire que nous pourrons mettre fin à ces actions racistes et haineuses et à leur propagation.

TOUS ENSEMBLE RIPOSTONS !
MANIFESTATION UNITAIRE
SAMEDI 10 AVRIL 2009
15H PLACE BELLECOUR

Premiers signataires : Les amoureux au ban public, ATTAC Rhône, CABIRIA, CCRASS, CGA, Collectif contre le Racisme et l’Islamophobie, Covra, FASE69, Gauche unitaire, MRAP, NPA, PAG69, Planning familial, Ras l’front, US Solidaires, Collectif Tous ensemble 69, UD CNT, UJFP Lyon, Union pour le communisme…
Premiers soutiens : Collectif 69 de défense des sans-papiers et demandeurs d’asile
Rebellyon, 23 mars 2010.


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