Lyon : 8 mois ferme pour un "casseur" - 10 novembre

Publié le par la Rédaction

Émeutier, casseur et étudiant en Sciences politiques

 

Il avait fracassé cinq voitures et blessé un policier lors des émeutes d'octobre. Un étudiant de 22 ans a écopé hier de six mois de prison ferme.

 

Fabien P. fait partie de ces manifestants qui sont descendus battre le pavé lyonnais pour dire non à la réforme des retraites. Son bonnet péruvien sur la tête, il a rejoint le cortège des collégiens, le 15 octobre rue Saint-Hélène (2e). Mais voilà, l'étudiant en Sciences politiques de 22 ans, en plus de ses convictions, a aussi emmené avec lui un engin sophistiqué en ferraille qu'il fait tournoyer à proximité des vitres de voitures dans l'objectif de les briser. Interpellé sur les lieux, il se débat, donne des coups, en prend. Et fracture l'auriculaire droit d'un commandant de la Bac.

 

À l'entrée dans la salle d'audience, où il était jugé, hier, en comparution immédiate, après avoir demandé un délai pour préparer sa défense, Fabien P., détenu, a les yeux rougis. Il sait pourquoi il est là. «J'ai commis des erreurs, mais on ne peut pas m'imputer d'avoir cassé à moi tout seul toute la rue. J'accepte de réparer le tort que j'ai causé mais pas comme ça, ma place n'est pas en prison.» Il reconnaît les vitres brisées de cinq voitures, est prêt à indemniser leurs propriétaires, dont un seul s'est constitué partie civile. Mais avoir déposé un fumigène dans l'un des véhicules, ça non : «J'ai vu quelqu'un le faire, ce n'était pas moi.» La besace retrouvée par les policiers, à l'intérieur de laquelle se trouvait un outil similaire à celui qu'il utilisait pour casser les vitres des véhicules ? Toujours pas lui, selon ses propres mots. Et la fausse identité qu'il donna aux forces de l'ordre lors de sa garde à vue ? «Je ne voulais pas inquiéter ma mère qui venait de subir un deuil douloureux.» Le jeune originaire d'Annemasse craque. Il ne dit plus un mot. C'est un peu plus tard, dans un face-à-face avec le commandant de police, défendu par Me Versini, venu témoigner à la barre en tenue officielle, la main droite bandée, que le procès s'est joué : «C'est un agneau que je vois là, mais c'était un loup le 15 octobre qui était en face de moi, qui m'a regardé droit dans les yeux avant de me donner un coup de pied à la main.» Avec pour conséquence plus de 10 jours d'ITT.

 

Le procureur Aurélien Buffart, s'est attardé sur l'appartenance présumée à la mouvance d'extrême-gauche du prévenu, qui avait un casque de Trojan, symbole des skinheads de gauche, tatoué sur le torse, et qui distribuait des tracts, parfaits modes d'emploi du manifestant activiste. Il a requis un an de prison dont quatre mois avec sursis, assorti d'un mandat de dépôt. «Ce gamin a voulu défendre des idées, il ne doit pas moisir en prison pour ça», a plaidé David Metaxas.

 

Fabien P. a été condamné à 12 mois dont six avec sursis, mais sans mandat de dépôt. De quoi lui laisser le temps d'aménager sa peine avec un régime de semi-liberté. Il a également écopé de deux mois ferme pour avoir refusé de se soumettre à des prélèvements ADN.

 

Des suites judiciaires pour 166 personnes
Entre le 18 et 26 octobre, période de violences urbaines en marge des manifestations contre la réforme des retraites, 249 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue : 73 majeurs et 176 mineurs. Chez les jeunes adultes, des suites judiciaires ont été décidées pour 48 d'entre eux. Une majorité écrasante est passée en comparutions immédiates (34). À l'issue des audiences, six ont été condamnés à des peines de prison ferme avec mandat de dépôt. Le parquet, estimant que certaines peines prononcées n'étaient «pas assez importantes, pas assez dissuasives» pour 19 dossiers, a choisi de faire appel. Les procès s'échelonneront du 30 novembre au 13 janvier.
Concernant les mineurs, sur les 176 placés en garde à vue, 118 sont concernés par des suites judiciaires. Parmi eux, 42 ont été déférés devant le tribunal. Le mandat de dépôt a été ordonné pour six d'entre eux.

 

Leur presse (Johanna Nezri, 
Le Progrès), 11 novembre 2010.

 

 

Lyon : 8 mois ferme pour un casseur


Le tribunal de Lyon a condamné aujourd'hui à huit mois de prison ferme un étudiant qui avait participé aux violences en marge des manifestations lycéennes de la mi-octobre. Le tribunal a condamné Fabien P., 22 ans, à 12 mois de prison dont six avec sursis pour «rébellion».

 

Il a également été condamné à deux mois de prison ferme supplémentaires pour avoir refusé de se soumettre à des tests ADN. Le tribunal a également prononcé une peine de deux ans de privation de ses droits civiques, civiles et de famille ainsi que 3.500 euros de dommages et intérêts.

 

L'étudiant avait le 15 octobre cassé le doigt d'un policier qui venait de l'interpeller après qu'il avait brisé les vitres de cinq voitures.

 

Le tribunal a accordé au jeune homme, qui vient de passer un mois en détention préventive à la prison de Corbas, un régime de semi-liberté. Il lui permet de reprendre ses activités, mais l'oblige à rentrer chaque soir au centre de détention. Cette condamnation est la plus importante de toutes celles prononcées pour les violences constatées en marge des manifestations étudiantes.

 

Leur presse (Le Figaro), 10 novembre.

 


Publié dans Colère ouvrière

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