Lycéens dans les rues de la Réunion - 27 octobre

Publié le par la Rédaction

Véhicule de police caillassé et circulation perturbée à Saint-André

 

Ce sont des jeunes du lycée professionnel Jean-Perrin et de Mahatma-Gandhi qui pilotaient les manifestations à Saint-André, du matin jusqu’en fin d’après-midi. Quelques incidents ont émaillé la journée.

 

Les meneurs de la grève ont quitté le lycée Jean-Perrin vers 9 heures et commencé à boucher la circulation. Les plus excités ont tout ravagé sur leur passage : quelques panneaux de signalisation sont à terre, de même que des poubelles renversées au milieu de la chaussée. Du côté du lycée Mahatma-Gandhi, un groupe s’est également formé, narguant les automobilistes, obligés de contenir leur colère quand certains jeunes se sont assis sur leurs capots. Les deux groupes se sont rejoints à l’entrée du lycée Sarda-Garriga, où une trentaine d’élèves seulement (sur les 1200 que compte l’établissement) ont manifesté selon la direction. Mais devant Sarda, ce sont au total 150 jeunes des trois lycées (selon la police) qui ont crié «Une seule solution, la manifestation» tout en brûlant une poubelle. Vers 10h45, six éléments des forces de l’ordre étaient appelés à la rescousse à l’entrée du lycée Sarda quand les jeunes ont voulu forcer le portail une première fois. Une voiture de la police nationale, garée à quelques dizaines de mètres de là, a été la cible d’un jet de galets.

 

«Deuxième mi-temps»

 

«L’attaque» menée par les «caillasseurs embusqués» a été très brève mais la vitre arrière gauche du véhicule a été touché avant que les policiers n’aient eu le temps de réagir et de «dégainer» un appareil pour photographier les manifestants en direction du lieu de provenance des pierres. Après le départ des policiers, le calme est revenu à l’heure du déjeuner. Jusqu’en milieu d’après-midi. «Il y a eu une deuxième mi-temps» soupire Gilles Vincent, nouveau proviseur du lycée Sarda-Garriga. Vers 15h45, les mêmes jeunes manifestants de Jean-Perrin sont revenus pour forcer l’entrée qui a alors cédé. Malgré son épaisseur et sa robustesse, le grand portail métallique a été totalement tordu et «déraillé», sous la pression des manifestants en nombre, visiblement irrités de ne pas avoir réussi à «faire sortir leurs collègues de Sarda».

 

 

Ce n’est pas fini. Ces mêmes jeunes ont tenté de barrer la route avec des moellons. Ils ont fait de même devant le lycée Jean-Perrin où le barrage a tenu jusqu’à 17h30, bien après la sortie des classes. Sous le regard de quelques policiers nationaux et municipaux qui régulaient la circulation. On notera enfin que plusieurs commerçants sont inquiets de la tournure que pourraient prendre les événements «si ça continue». «Saint-André est une bombe à retardement» analyse l’un d’eux. Même si le contexte est totalement différent, les scènes d’émeutes à Cambuston en début septembre sont encore dans les mémoires.

 

Manifestation dans le calme à Saint-Benoît
Malgré le rassemblement de jeunes de cinq lycées de la zone sur Saint-Benoît (Bouvet, Patu-de-Rosemont, Bras-Fusil, Bras-Panon et Sainte-Anne), ils étaient un peu moins d’une centaine en milieu de journée à attendre devant les grilles de la sous-préfecture, tranquillement assis ou couchés à l’ombre, la sortie d’une délégation reçue par Serge Bideau, le sous-préfet de l’Est. Plus tôt dans la matinée, les jeunes ont bloqué un temps le rond-point des Plaines et manifesté en ville avant que le cortège ne se disperse en milieu de journée.

 

Leur presse (Clicanoo), 27 octobre 2010.

 

 

Les lycéens à nouveau dans la rue

 

Les lycéens ont continué de manifester aujourd’hui. Mais ils étaient bien moins nombreux qu’hier, la plupart préférant attendre la journée de demain pour se faire entendre. On a enregistré cependant encore des barrages à Saint-Louis, Saint-André et Saint-Pierre notamment. Mais l’ambiance était bien plus calme qu’hier. Dans la matinée, des échauffourées ont été enregistrées dans la commune de Saint-André entre manifestants et force de l’ordre. Mais le calme est revenu peu après.

 

Voici un état des lieux des manifestations que nous réactualiserons au fil de la journée et des informations qui nous parviennent :

Saint-André : Les jeunes du lycée Jean Perrin et Saint-André 3 sont eux aussi dans la rue. Certains débordements ont été enregistrés. Certains s’en sont en effet pris au mobilier urbain, poubelles renversées ou brûlées, panneaux de signalisation vandalisés, etc. Les lycéens sont cependant moins nombreux qu’hier et se dirigent vers le lycée Sarda-Garriga. Les jeunes ont forcé le portail. Les forces de l’ordre ont pris position. Patrick Savatier, le président de l’association Momon Papa lé la est intervenu sur les ondes d’une radio locale pour appeler les manifestants au calme. «Ce mouvement n’est qu’une expression de ras-le-bol général. Mais ce n’est pas avec la casse qu’on résoudra les problèmes.» a t-il déclaré. À 11 heures : la tension était retombée au lycée Sarda Garriga où les cours ont repris.

 

 

À Saint-Suzanne : Une centaine d’élèves du lycée Bel Air s’est présenté au lycée Cluny (un établissement catholique). Mais les élèves de cet établissement n’ont pas bougé. Les manifestants se sont ensuite rendus à la mairie pour demander un bus. Ils ont été reçus par Yolande Pausé, la maire de la commune, qui n’a pas donné suite à leur requête.

 

Au Port : Les lycéens bloquent le rond-point du Mac-Do.

 

Saint-Louis : À Roches-Maigres, les lycéens poursuivent leur grève. Ils ont été rejoints par leur collègue de Victor-Schoelcher. Ces derniers ont bloqué la circulation devant leur établissement. Le barrage a été levé dans la matinée.

 

Saint-Joseph : Les lycéens de Vincendo entrent à leur tour dans la danse. Mais l’ambiance est plutôt calme.

 

Leur presse (Clicanoo), 27 octobre.

 

 

Les forces de l’ordre interviennent à Saint-André

 

Le mouvement lycéen contre la réforme des retraites se poursuit aujourd’hui dans plusieurs communes de l’île. À Saint-André, la tension est montée d’un cran lorsqu’une centaine d’élèves du lycée Sarda Garriga ont tenté de pénétrer dans l’enceinte de l’établissement. Devant cette tentative de force, les autorités ont dû intervenir pour repousser les manifestants. La Préfecture a fait savoir que les responsables des dégradations seront punis.

 

 

À Saint-André, des échauffourées ont éclaté à proximité du lycée Sarda Garriga ce mercredi matin. Une centaine de jeunes qui manifestent aujourd’hui contre la réforme des retraites ont tenté d’investir les locaux de l’établissement, sans succès. Les forces de l’ordre mobilisées pour contenir le mouvement sont intervenues pour repousser les lycéens en colère.

 

Aujourd’hui encore, de nouvelles dégradations ont été observées aux quatre coins de l’île. Malgré l’appel au calme lancé par les élus et représentants des syndicats lycéens et étudiants, certains manifestants plus violents ont jeté des pierres, déclenché des feux de poubelle et vandalisé le mobilier urbain.

 

Face à ce constat, le Directeur de cabinet du Préfet a adopté une position ferme. Benoit Huber a en effet annoncé qu’un travail judiciaire serait effectué en vue d’identifier et punir les auteurs de ces actes. Il a par ailleurs ajouté que les autorités mobilisées sur tous les fronts interviendront seulement pour la mise en sécurité des personnes. Benoit Huber a enfin précisé que les autorités disposent de moyens suffisants pour trouver les individus à l’origine de ces multiples dégradations.

 

Leur presse (Linfo.re), 27 octobre.

 


Publié dans Colère ouvrière

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