Lutte des résidents de la Cité Universitaire de Nanterre

Publié le par la Rédaction

Communiqué de l’ARENE (Association des RÉsidents de NanterrE)

 

«Nous démagnétisons la porte de ces résidents pour les faire réagir.» — Monsieur Contoux, directeur de la résidence universitaire de Nanterre.

 

Mercredi 26 janvier, des résidents ont constaté avec stupeur que leurs portes avaient été démagnétisées par le CROUS alors même que nous sommes en pleine trêve hivernale. Après l’insistance et la détermination des résidents accompagnés et soutenus par les syndicalistes de l’ARENE, les chambres ont fini par être remagnétisées dans la nuit. Seulement, les résidents concernés sont sous la menace de larbitraire de la direction du prétendu organisme «social» qui nous gère car ils ont jusqu’à ce vendredi pour régler leurs dettes envers le CROUS. Le cas échéant, ils se retrouveront à la rue.

 

Suite à ce malheureux épisode, lARENE avait appelé à une assemblée générale des résidents le lundi 31 janvier. Boycottée par lUNEF/FERUF mais soutenue par une cinquantaine de résidents, lassemblée générale a décidé de conduire la bataille contre ce genre de pratique policière dans notre résidence pour que le CROUS s’engage à ne plus démagnétiser les portes comme il la fait, quelle quen soit la raison. Lassemblée générale avait également décidé de présenter une nombreuse délégation au Conseil de Vie en Résidence du mardi 1er février pour y rencontrer les responsables du CROUS et y faire entendre nos revendications et exprimer notre indignation.

 

Lors de ce conseil le responsable de la résidence, X. Contoux, a réaffirmé la légitimité de ces expulsions, quil appelle «réquisitions administratives», car selon lui ce sont les résidents qui sont en tort. Leur tort est de ne pas être en règle dans le paiement des loyers et de «faire perdre de l’argent au CROUS». D’ailleurs, à entendre la direction de la résidence, le CROUS est  ruiné à cause des résidents ! Et lorsque nous lui avons rappelé la mission sociale de cet organisme, la direction et la représentante de Versailles, Madame Escamez, se sont senties étranger à cette mission. Entendons-nous bien, le CROUS a rompu avec sa mission sociale ! De plus, la délégation a pu se rendre compte que seul un cas, sur les 24 mis à la porte, était concerné par cette fameuse «réquisition administrative» souhaitée par Versailles.

 

Le discours fracassant de la direction exprime encore leur logique de rentabilité : «les étudiants qui ont des retards de loyers sont souvent de faux étudiants qui parasitent le service social». Et lorsque nous avons évoqué la précarité étudiante et les difficultés financières que les résidents rencontrent, la direction juge que c’est exagéré, que les résidents ne devraient pas se plaindre et que le jour où le CROUS disparaîtra, nous aurons que «nos yeux pour pleurer». Des menaces ont même été formulées à notre encontre par la direction après notre insistance pour réclamer nos droits. La direction du CROUS Nanterre doit absolument cesser ses méthodes de répression et de menace à lencontre des résidents, sans quoi un mouvement radical pourrait embraser la résidence universitaire. Mais malheureusement il y a peu de chance que cela cesse car nous constatons la «bénalisation» de la direction de la résidence et de Versailles, lesquelles, non-content de leur arsenal répressif envers les «mauvais payeurs», limite aux résidents leur accès à certains sites internet. En effet la connexion de la résidence ne permet pas aux résidents de disposer de Facebook, de Dailymotion ou encore de Hotmail. De tels procédés sont dignes de crapuleux régimes comme celui de Ben Ali ou de Moubarak !

 

En conclusion, la direction nous a bien fait comprendre qu’elle comptait mener à bien ces expulsions, comme prévu, et que la politique que nous qualifions dantisociale et répressive du CROUS, allait se poursuivre.

 

Au final, les résidents et les élus de l’ARENE ont décidé de boycotter ce Conseil de Vie en Résidence, véritable mascarade de démocratie. Les élus de l’UNEF/FERUF quand à eux, n’ont dit mot, même pas pour soutenir les résidents et sont restés seuls avec les responsables du CROUS pour faire acte de présence. Qui ne dit mot, consent, que ces représentants fantoches se positionnent face à lindigne. Les masques tombent quand la rupture est consommée.

 

Enfin, n’ayant pas encore obtenu gain de cause, lARENE et les résidents combatifs continueront leur combat auprès des résidents pour empêcher toute expulsion et piétinement de notre liberté fondamentale. Cest dans cette optique, que lARENE appelle à une assemblée générale des résidents ce jeudi 3 février à 20h au foyer G-H.

 

«Quand bien même le CROUS serait notre service social, ses actions actuelles nen sont que plus affreuses, parce quaucun organisme social ne nuirait de façon aussi déplorable aux enfants de la classe populaire  !»

 

AG DES RÉSIDENTS JEUDI 3 FÉVRIER à 20H au Foyer G-H. 

 

Mercredi 2 février 2011.

 


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