Lundi 25 octobre : Nous ne devons rien, Bloquons tout

Publié le par la Rédaction

Nous pourrions essayer de superposer de multiples cartes du territoire pour figurer la profusion des strates de l’activité en cours. La conjoncture chantonne en sourdine une fameuse ritournelle, bribes d’hétérogène, consistance nouvelle. Pour qui veut bien l’entendre, cela se voit ici : voilà bien ce qu’il fallait pour faire la guerre au palais, sache que ta meilleure amie, prolétaire, c’est la chimie.

 

 

Des cartes, il en faudrait 10, 50, 1000, des facs aux défilés, des piquets aux blocages, des dîners de famille aux bars, des conversations à distance ou des échanges de mels comme des rencontres imprévues, des sourires, des connivences, des rages décisionnaires et des associations libres, des cartes où puissent se lire ce qui trame aujourd’hui. Cela nous vengerait du silence public sur ce qui a lieu et nous meut. Cela nous soignerait préventivement de la tristesse et des mensonges intéressés sur le retour à la normale. Cela confirmerait l’émergence de temporalités décidément rétives à la capture capitaliste de la vie que représente à son tour la «réforme» des retraites, qui — une fois encore — arrime nos biographies à une mesure qui fait du temps d’emploi, et donc de l’exploitation, le sésame de l’existence même.

 

La retraite figurait l’horizon d’un temps libre. Un mur remplace ce dernier. Avec son précipice amorti, le minimum vieillesse… à 65 ans. Le temps libre, lorsqu’il n’est pas celui des nantis, doit devenir infernal.

 

Le chômage n’est pas l’envers — heureux ou indigne — du travail, mais l’un de ses moments. C’est ce contrôle du temps de vie que la grève des chômeurs entend combattre, en fabriquant des jonctions pratiques. La grève, tournante, rampante, par blocage, est une libération, une libération de l’activité, enfin orientée vers des fins qui lui soient propres. Un refus de ce monde.

 

À ce bonheur, chacun peut et doit prendre part pratiquement. On connaît le dicton, «Tu cherches, tu trouves». Allons chacun à la rencontre de ce qui est là, maintenant, dans le lynannage qui se construit.

 

C’est l’amour qui apprend à l’homme à croire vraiment au monde des objets extérieurs à lui (K. Marx, La Sainte Famille). Que la fatigue d’être soi, un dividu concurrentiel et misérable arque-boutté sur tel ou tel fragment d’identité, s’évanouisse à nouveau dans la puissance du nous.

 

C’est la rue qui fait la loi

 

Réunion hebdomadaire quai de Charente :
— 18h30 vie du lieu ;
— 19h30 à l’ordre du jour : point sur la situation et les échéances. Quelle intervention dans les théâtres ? (caisse de grève, texte, etc.), et d’autres questions au gré des suggestions. 
Histoire de ponctuer la semaine, vous êtes invités quai de Charente ce samedi en fin de journée à une cantine de mouvement. Amenez éventuellement de quoi boire, lire, parler, manger.

 

CIP-IDF, 25 octobre 2010.

 


Publié dans Colère ouvrière

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