Loppsi 2 : Audience de Christine à la cour d'appel de Lyon - 22 mars

Publié le par la Rédaction

Mardi 22 mars 2011, Christine était convoquée à la Cour d’Appel de Lyon. Suite à un rassemblement contre la loi LOPPSI 2, place Bellecour, le 16 décembre 2010, elle avait été placé en garde à vue (GAV) pour «violence sur personne dépositaire de l’autorité publique», en l’espèce un flic empoigné par le col. 48 heures plus tard elle passait en comparution immédiate sous ce chef d’inculpation mais aussi pour refus de se soumettre aux prélèvements ADN et signalétiques. Elle écopait alors de trois mois ferme sans mandat de dépôt. Là-dessus, jugeant la peine trop légère, le parquet a fait appel, celui-là même qui était examiné ce mardi 22 mars.

 

Devant le tribunal, 50 à 60 personnes étaient présentent en solidarité avec Christine. Après plusieurs affaires où le juge aura fait preuve d’un moralisme puant, dans le but de faire culpabiliser les prévenus de leur manque d’effort de réinsertion, la tendance s’est quelque peu inversée lorsque le tour de Christine arrive.

Ne se démontant pas elle s’explique sur cette fameuse altercation avec le poulet et dénonce pendant plus d’une demi-heure ses conditions de détention durant sa GAV qui a suivi. Menottage, fouille à corps, humiliations, refus d’accès aux chiottes… S’appuyant sur le rapport de GAV des flics, le juge l’interroge sur ses insultes envers les keufs, ses coups de pieds sur la porte de cellule et autres protestations. Ne répondant ni par oui ni par non et n’hésitant pas à couper la parole au juge et à le questionner plutôt que de répondre à ses questions binaires, elle repart sur une dénonciation du comportement des keufs et de ses conditions de détention.

Près d’une heure d’audience, où la peur, sans changer de camp, ne fit pas mouche dans le rang de l’accusée. L’avocate générale, dans son réquisitoire, s’insurgera qu’il ait été laissé libre cours aux vitupérations de l’accusée : «Les temps changent, il y a peu de temps la cour aurait suspendu l’audience et poursuivit l’accusée pour outrage à magistrats.»

Contrairement à ce qu’insinua cette dernière, il y a peu à parier que la justice subisse réellement de telles mutations, mais peut être plus à supposer que ces robes noires n’ayant pas l’habitude de se voir tenir tête se retrouvent quelques peu décontenancés dans ces cas-là.

 

L’avocate générale demandera finalement 10 mois ferme et 18 mois de sursis. Le délibéré sera rendu le 17 mai.

 

 «Ben, voila, j’suis sortie de la salle d’audience. Libre.
Et puis je suis retournée sur la passerelle rejoindre les quelques 60 personnes qui sont passées dans l’après-midi, qui ont monté un tipi, accroché des banderoles (“L’insécurité c’est du flan. Le fichage c’est la cerise sur le gâteau. Ne nous mettons pas à table !” par exemple), préparé le thé à la menthe, placé le canapé devant la table de presse bien fournie. Il y avait déjà une vingtaine de personnes dans la salle. Les juges nous avaient bien vu, et puis ils avaient le compte-rendu des RG…
Bref, merci d’avoir été là, et à chaque fois plus nombreux et mieux organisés.
L’audience en elle-même ne s’est pas mal passée. J’ai pu réaffirmer mon refus d’avoir peur de cette justice de classe. Ça n’a pas plu aux magistrats, mais ce n’était pas fait pour. Il paraît que l’avocat était compréhensible et cohérent. On verra le 17 mai, lors du délibéré.
En attendant, la lutte continue, sur Lyon et ailleurs. Merci d’avoir été là pour essayer de le faire entendre aux enfermeurs professionnels.
Christine»

 

Mailing - 25 mars 2011.

 


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