Liberté pour les anarchistes de Mexico !

Publié le par la Rédaction


Nous diffusons ci-dessous un appel du Collectif Autonome Magoniste de Mexico, suivi dun communiqué de la Croix Noire Anarchiste en réponse aux arrestations danarchistes au Mexique. Dans un contexte de répression organisée par lÉtat contre les mouvements sociaux en général et contre le mouvement anarchiste, porteur d’idées et de valeurs qui pourraient entrer en résonance avec les luttes sociales et indigènes, nous exprimons notre solidarité avec nos camarades mexicains et soutenons leur lutte contre la criminalisation du mouvement libertaire et contre l’État mexicain.
Secrétariat aux Relations internationales
de la Fédération Anarchiste, 13 janvier 2010.


Le mardi 15 décembre à 6 heures du matin, ont été arrêtés Abraham López Martinez et Carlos Orozco, âgés de 16 ans, et Fermin Gómez Trejo, âgé de 17 ans, accusés davoir lancé des cocktails molotov sur des voitures stationnées dans un quartier du sud de Mexico.

Leur arrestation fut réalisée après que des voisins aient averti la police des faits et quune patrouille ait croisé les trois jeunes. La famille dAbraham déclare quils ont appris les arrestations à environ 1 heure de laprès-midi, quand des membres de la police judiciaire se sont présentés à leur domicile pour les avertir. On navait pas permis aux détenus de téléphoner pour prévenir leurs familles.

Abraham est un jeune libertaire, étudiant au «Colegio de Bachilleres». Il participe activement au collectif «Tekap Anarchista» de CCH Oriente [Le Collège en sciences humaines Oriente appartient à lUniversité nationale autonome de Mexico (UNAM)], qui fut réprimé il y a quelques semaines par les autorités universitaires. Au moment où ces lignes sont écrites la situation des compagnons est incertaine, on sait quils ont été présentés au Ministère Public, bureau 65, et de là remis au Tribunal pour mineurs.

Nous appelons toutes et toutes à se mobiliser pour obtenir la liberté immédiate de nos compagnons.

À bas les murs des prisons !


Vivre pour être libres ou mourir pour ne plus être esclaves



Communiqué de la «Cruz negra anarquista»

À tout le peuple mexicain et aux organisations politiques et sociales.

Nous vivons dans une société qui montre une décomposition sociale évidente, produite par un État obsolète et une démocratie représentative où le peuple ne décide ni ne gouverne qu’à travers ses représentants. Tenter de limiter la participation de la société mexicaine, avec ses problèmes politiques économiques et sociaux, au seul suffrage universel, conduit aussitôt à laggravation de la crise dun mode de gouvernement qui nous éloigne à chaque fois plus dune solution aux besoins et demandes des citoyens. Au contraire cela ne crée aucun moyen de dialogue, rend ces demandes invisibles, et génère une escalade répressive.

Ainsi se développe récemment dans lÉtat mexicain une persécution contre les groupes anarchistes et libertaires à travers larrestation de leurs membres.

La violence institutionnelle qui sest exercée dans ce contexte, la criminalisation de tous les mouvements sociaux qui ne sont pas daccord avec le régime, ne sont pas des excès, ce ne sont pas des erreurs dexécutants qui se résolvent en faisant tomber quelques têtes ou en réalisant une purge parmi les forces de police. La violence institutionnelle est le moyen qua choisi lÉtat pour se légitimer dans une société à chaque fois plus divisée et fragmentée. Mais ce ne sont jamais les pratiques répressives qui apportent les solutions dans une démocratie. La violence institutionnelle nest donc pas un effet du dysfonctionnement du système ; mais une façon de gouverner et un moyen de criminaliser des pratiques légitimes de protestation sociale. […]

Nous appelons tous les secteurs de la société, les organisations sociales en général et libertaires en particulier, à se mobiliser pour exiger larrêt de la criminalisation et des persécutions des luttes sociales dans notre pays et dans le monde.

Cruz negra anarquista, le 20 décembre 2009.

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