Liberté, égalité, sexualités pour les personnes handicapées

Publié le par la Rédaction

 

Avec Sexe, amour & handicap, le cinéaste Jean-Michel Carré a réalisé un nouveau film poil à gratter. Un documentaire d’une grande humanité qui sera diffusé sur France 2 le jeudi 24 février, à 22h45. À dix jours près, il n’aurait pas été idiot de programmer ce document pour le jour de la Saint Valentin…

 

Jean-Michel Carré et les films Grain de sable réalisent des films qu’on prend en pleine tête, en plein cœur aussi. Qu’il s’agisse de parler de l’enfance, des femmes, de prostitution, des prisons, d’alternatives à la psychiatrie, de toxicomanie, de syndicalisme ou de politique internationale, les documentaires de Jean-Michel Carré ne font pas dans le consensus mou. On se souvient de titres comme Alertez les bébés (1978), Votre enfant m’intéresse (1981), Femmes de Fleury (1991), Galères de femmes (1993), Visiblement je vous aime (1995), Charbons ardents (1999), Koursk, un sous-marin en eaux troubles (2004), Le système Poutine (2007) et d’un superbe reportage qui a fait couler pas mal de salive, Les travailleu(r)ses du sexe - et fière(e)s de l’être (2009)…

 

 

Dans Sexe, amour & handicap, avec respect et complicité, Jean-Michel Carré parle du désir d’amour, de sensualité et de sexualité des personnes handicapées, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes. Atteintes de maladies dégénératives, handicapées moteur ou déficientes intellectuelles, ces personnes sont confrontées tout au long de leur vie à la plus haute des solitudes. Une réalité insupportable quand on songe que certaines personnes n’ont même pas la capacité physique de se masturber… Les coincés qui voudraient réduire ce grave sujet à de la gaudriole seront vite remis à leur place. «Ce n’est pas une affaire de cul, clame Marcel Nuss, fondateur de la coordination Handicap et autonomie. C’est un problème d’humanité. C’est un problème d’humanisation de la personne. C’est un problème de réappropriation de corps qui sont complètement déstructurés.»

 

Il est inimaginable que des êtres humains ne puissent jamais connaître le plaisir des corps ni aucun de ces moments libérateurs qui mettent des «rayons de soleil dans la tête, là où il y avait un trou noir», comme l’explique un interviewé en fauteuil roulant. Mais la sexualité des personnes handicapées est taboue et réprimée. Les familles, les institutions spécialisées, les administrations, les responsables politiques nient ces besoins vitaux pour tout être vivant.

 

Au Danemark, en Hollande, en Allemagne, en Suisse allemande et maintenant en France, des personnes valides ont décidé d’aider des personnes handicapées à aimer et à s’aimer à contre-courant. Ainsi, peu à peu, les contours d’un nouveau métier appelé assistant sexuel apparaissent audacieusement. Laissons les esprits pervers assimiler juridiquement cette profession à de la prostitution. «Nous vivons une époque qui déborde de bons sentiments, explique Jean-Michel Carré. On parle beaucoup de liberté sexuelle. On parle beaucoup aussi d’intégration des personnes handicapées. Quand ces deux domaines sont pris séparément, cela marche à peu près. Mais réunis c’est autre chose… Heureusement, des gens d’une générosité rare, exemplaire, qu’ils soient en situation de handicap ou valides se battent pour faire respecter un des droits essentiels des êtres humains.»

 

Sexe, amour & handicap donne la parole aux adultes touchés par un handicap (physique, mental, sensoriel, psychique, relationnel), à des couples que les soi-disant bien-pensants catalogueront de «hors-normes» et à de belles personnes qui œuvrent pour le bien-être intime et sexuel de toutes et de tous sans discrimination. Nous entendons la sexopédagogue suisse Catherine Agthe et la sexologue Sheila Warembourg. Nous entendons des assistant-e-s sexuel-les parler de leur formation et de leur pratique (parfois bénévole) par le biais de massages, du naturisme… Nous entendons un couple «mixte» qui expose sans tabou son intimité sur un blog. Nous entendons les représentants d’associations (Choisir sa vie, Sexualité handicaps pluriels) qui militent pour la reconnaissance des assistant-e-s sexuel-les. Des témoignages poignants que l’on écoute entre émotion et colère, et parfois avec le sourire parce que, a priori, «la sexualité est quelque chose de fun», comme le rappelle un relaxologue.

 

Paco - Le Post, 12 février 2011.

 

Sur ce thème précis, on lira le texte Vos désirs sont des échos ou des egos ? (Timult no 3, septembre 2010), par l’auteur de la brochure La culture du valide (occidental). On pourra aussi écouter l’émission de radio «Faure et Reclus à l’Élysée» du 18 novembre 2010, qui aborde quelques aspects d’une critique politique du validisme.

 

 


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JEAN-LUC HERIDEL 14/02/2011 11:51



A BAS LES MURS DE L'AMOUR !

Peut-on être et non paraître dans cette
vie ?
Apitoyé, difforme on me dit
Bankal ou tordu, pourtant mon corps existe et vit !

Rien de moi, n'est peut-être conforme
Si je ne suis pas dans les normes,
Tristes sont nos p'tites images uniformes

De cette naturelle folle envie de se
rencontrer,
J'ai mal en moi de te voir t'éloigner
Avec tes yeux aux regards gênés

Alors… ? ! - Libérons-nous de nos ghettos du mental
Sautons les verrous de notre cérébral
Apprenons à dépasser nos frontières du normal

Ensemble, abattons les murs de nos têtes
qui nous séparent
Pour ne plus avoir entre nous d'écarts
Refusons et résistons à toutes les mises à part !

Un jour viendra, où on connaîtra
l'amour, sans hontes et sans gênes.
Libres dans nos corps et dans nos têtes
on vivra sans barrières qui nous retiennent,
Une vie sans chaînes !

Déjà, en chacun de nous une belle histoire va commencer,
Ouverts à corps et à cœurs nus, nous nous laissons aller
Peut-être allons-nous intensément nous AIMER… !

Jean-Luc HERIDEL

(Tous Droits Réservés)