Lettre de Dakar

Publié le par la Rédaction

 

À un mois du prochain spectacle contestataire du «FSM», c’est d’abord dans l’espoir qu’elle puisse servir à rafraîchir la mémoire historique des Sénégalais que le Jura Libertaire met en ligne cette «réédition» d’une Lettre de Dakar publiée par Champ Libre en 1978, présentée maintenant par Daouda Camara. 
C’est aussi en soutien aux camarades en lutte du Mali qu’il faut lire ce texte, après avoir vu leur film  Depuis l’école publique de Djélibougou. En effet, comment ne pas être frappé par l’extraordinaire coïncidence de cette «autre bombe de Bamako», le 5 janvier contre l’ambassade de France ? Le spectacle a semble-t-il songé pendant quelques heures à utiliser cet «attentat» dans le cadre de sa propagande «antiterroriste», avant de se raviser en parlant d’«acte isolé» ; sans doute se sera-t-on soudain rendu compte qu’il y avait plus à perdre qu’à gagner à attirer tous les regards sur Bamako…

Le Jura Libertaire et ses amis.

 

 

Voici la reproduction intégrale d’un texte écrit dans les geôles de Senghor par un «groupe autonome» sénégalais, publié à Paris en 1978 (éd. Champ Libre), et qui, épuisé depuis longtemps, était devenu quasiment introuvable. Malgré une certaine lourdeur de style typique de son époque, il mérite assurément d’être lu encore aujourd’hui, comme document historique sur les luttes au Sénégal durant les «années rouges» 1968-1973 ; comme autocritique de la tendance la plus radicale des militants «anti-impérialistes» de ce temps (qui se voyaient alors confrontés directement et en permanence aux dangereuses, sinon criminelles illusions du fanatisme maoïste des «élites» intellectuelles du moment, comme aujourd’hui le larbinisme «altermondialiste» de ceux qui lèchent les bottes des mafieux au pouvoir pour en obtenir quelques inutiles réformettes, ou plutôt quelques ravalements de façade, ou bien seulement de l’argent en subventions) ; comme hommage, enfin, au camarade Omar Diop Blondin, assassiné sur l’ordre de Senghor, sinon directement de Foccart, en mai 1973 à la prison de Gorée. Il faut noter d’ailleurs que son assassinat a été le premier pas de la carrière politique… d’Abdoulaye Wade en personne, qui fut peut-être le seul membre de la classe dirigeante sénégalaise à oser dénoncer publiquement la version officielle du «suicide», ce qui le légitima durablement comme principal «opposant» au régime de Senghor-Diouf. Ainsi le fantôme d’Omar Diop Blondin hante encore non seulement l’île de Gorée, mais sûrement aussi l’esprit malade du vieux crocodile qui voudrait imposer sa propre dynastie héréditaire aux Sénégalais. Vive Omar Diop Blondin ! 
Daouda Camara

 

 

 

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