Lettre d'un maire au président de la LDH, à propos de vidéosurveillance

Publié le par la Rédaction

Monsieur le président de la Ligue des Droits de l’Homme,

 

Je suis actuellement maire socialiste d’une grande ville de France. Afin de faire face aux problèmes d’insécurité, j’envisage d’installer des caméras de vidéo-surveillance dans les rues de ma commune. Un dernier obstacle se dresse devant moi : je crains d’avoir du mal à convaincre l’opinion publique d’accepter ces caméras.

 

Je sais que la LDH se dit formellement opposée à la vidéosurveillance. Je sais aussi que Michel Destot, maire de Grenoble installe en ce moment des dizaines de caméras de vidéosurveillance intelligentes dans les rues de Grenoble, que la LDH ne l’a toujours pas radié de ses membres et qu’elle favorise ainsi grandement son travail. Non seulement, la LDH se fait la caution citoyenne et droit-de-lhommiste de Destot, mais ce n’est pas tout. Si la LDH maintient l’adhésion de Destot, alors qu’elle est officiellement opposée à la vidéosurveillance, c’est sans doute que les caméras de Destot sont plus respectueuses des libertés individuelles que celles des autres.

 

Vous comprendrez qu’afin de rassurer mon électorat et de faire passer la pilulle de la vidéosurveillance, vous me rendriez un grand service en me faisant bénéficier de telles faveurs. Je sollicite donc auprès de vous une adhésion à la LDH.

 

J’aurais aussi beaucoup aimé que vous participiez au comité d’éthique que nous ne manquerons pas de mettre prochainement en place afin de rassurer nos citoyens, mais la ficelle est trop grosse. En revanche, il y a encore deux services que vous pourriez me rendre sans que la compromission soit trop visible :

 

Pourriez-vous, comme à Grenoble, éviter de prendre position localement contre la vidéosurveillance ? Et pourriez vous faire en sorte que, comme le 4 septembre à Grenoble avec Destot, les représentants locaux de la LDH, prennent ma défense si jamais il m’arrivait d’être interpellé en manifestation par des citoyens opposés à la vidéo-surveillance ? Cela me rendrait là aussi un immense service.

 

Il va sans dire que, comme à Grenoble, votre coopération vous vaudra quelques milliers d’euros de subventions et avantages en nature, pris sur le budget de la municipalité [5554 euros en 2009 : voir page 19 ].

 

Sachant pouvoir compter sur tout votre soutien dans cette entreprise délicate, je vous prie d’agréer, Monsieur le président, mes salutations distinguées.

 

Mistol Déchet
Indymedia Grenoble, 8 septembre 2010.

 


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