Les vigiles travaillent à Lyon ; les journalistes aussi

Publié le par la Rédaction

Vigiles, porcs, assassins

Ci-dessous, un article du Progrès de Lyon, sur la mort d’un jeune homme pris par les vigiles dun Carrefour. Ces derniers sont clairement responsables de cette mort, puisque M. a été maintenu au sol par les vigiles avant de cesser de respirer.

Larticle parle de lui-même, et montre à quel point les journaleux, ces merdes, se font un devoir de reprendre les versions policières, en mettant en avant :
— Que le jeune homme assassiné est peut-être mort à cause dun problème de santé antécédent.
— Que de toute façon, il était très violent, sous-entendu : il na eu que ce qu'il méritait.

Lyon : mort après avoir été neutralisé par les vigiles
Michaël Blaise, 25 ans, immobilisé par des agents de sécurité pour vol à létalage au magasin Carrefour de la Part-Dieu, a succombé à un malaise survenu dans le magasin lors de sa garde.
Pris de malaise alors quil était maintenu au sol par des agents de sécurité, un jeune homme de 25 ans, sans domiciliation connue, est mort hier après-midi sans avoir repris connaissance. Une enquête est en cours, et quatre personnes étaient hier soir en garde à vue, pour faire la lumière sur les circonstances de ce décès.
Lundi vers 18 heures 30, le service de sécurité du magasin Carrefour de Lyon-Part-Dieu repère Michaël Blaise qui, selon la direction du magasin «volait et détériorait des marchandises», des bouteilles de bière en loccurrence. Trois agents de sécurité interviennent pour contrôler le jeune homme qui, selon des témoins, semble très nerveux.
Solidement maintenu par un agent de sécurité de Carrefour et deux de ses collègues de la société de surveillance Byblos, affectés à la sécurité de la grande surface, il est conduit dans la salle de contrôle, équipée dune caméra et dun micro qui enregistrent ce qui sy passe.
Il est très agité, se débat violemment et les personnels de sécurité, pour le maîtriser en attendant larrivée de la police, l’immobilisent au sol. Il essaie de se dégager, gesticule et, soudain, cesse de bouger. Selon la direction de Carrefour, les agents de sécurité le relèvent, linstallent sur une chaise, mais il est inconscient. Le manager Sécurité prodigue les premiers soins, effectue un massage cardiaque. Les pompiers du centre commercial interviennent, suivis par ceux du SDIS puis par le SAMU, qui tente vainement de le ranimer. Évacué vers 19 heures dans un état critique, il est considéré en état de mort clinique vers une heure du matin. Il est décédé hier à 14 heures 45. Une autopsie a été ordonnée pour déterminer les causes de la mort.
Entendus par la police dès lundi soir, les trois vigiles et le manager ont été placés en garde à vue hier après-midi.
Leur avocat, maître David Metaxas, qui représente également Carrefour, a indiqué hier qu’ils «sont choqués par ce qui sest passé, mais quils ont agi avec tout le professionnalisme requis, ce qui est confirmé par lenregistrement vidéo et sonore de linterpellation et de la rétention». Les enregistrements des faits survenus en salle de contrôle ont été remis à la police pour les besoins de lenquête. Selon maître Metaxas, «il nest pas du tout question de violences», la direction affirmant pour sa part quil ny a eu «aucune brutalité» face à «un individu extrêmement violent».
La victime, Michaël Blaise, sans adresse connue, avait des antécédents de vols et de violences. Le 23 décembre, dans ce même magasin, il avait bousculé une caissière pour voler de largent dans sa caisse.
Source : leprogres.fr

Vigiles assassins
Crève la marchandise
Crève la salope médiatique

Indymedia Nantes, 30 décembre 2009.


M
ort d’un jeune SDF : le procureur accable les vigiles

Lundi 18h30, centre commercial de la Part-Dieu, à . Michaël Blaise erre dans les rayons du magasin . Le jeune homme âgé de 25 ans, qui est logé dans un foyer, vient ici de temps en temps. Ce jour-là, il est à la recherche d’alcool. Croyant être à l’abri des regards, il s’empare de quelques bouteilles, mais les vigiles le repèrent aussitôt sur les caméras de vidéosurveillance.
Deux agents du magasin interviennent avant de solliciter l’aide de deux autres collègues venus de l’extérieur. «Il était particulièrement agité. Ils n’étaient pas de trop pour le maîtriser», avance Me David Metaxas, leur . Le jeune homme n’est pas vraiment un inconnu. La semaine d’avant, deux jours avant Noël, il s’était déjà manifesté en agressant une caissière. Le jour du drame, Michaël Blaise est emmené rapidement en salle de contrôle. Victime d’un malaise, il en ressortira inanimé et décédera le lendemain en début d’après-midi.

«Les images parlent d’elles-mêmes»

Que s’est-il passé dans la salle avec les vigiles ? Le rapport d’autopsie est formel : la victime est morte par «asphyxie mécanique», autrement dit, sa cage thoracique a été comprimée. Elle présente également des hématomes au bras et au front. Le résultat d’une arrestation un peu trop musclée, estime le parquet de Lyon. Xavier Richaud, le procureur de la République de Lyon, a d’ailleurs livré au Parisien - Aujourd’hui en France une explication très précise de ce qui se serait passé : «Sur les images appartenant aux caméras de vidéosurveillance qui ont enregistré la scène, on voit qu’il y a eu des échanges verbaux, de la provocation, dit-il. À un moment, un vigile se lève et le jeune homme se prend un coup de poing dans le visage. Dès lors, il commence à se rebiffer. C’est à partir de là que les quatre agents lui sautent dessus. Les images parlent d’elles-mêmes. On les voit le coucher littéralement sur la table. L’un d’eux lui retient le bras derrière le dos. Ils l’ont maintenu comme ça pendant au moins cinq minutes sans que personne ne réagisse. Ils étaient tous les quatre sur lui. C’est tout simplement ahurissant», conclut le procureur de Lyon.

Face à ce premier réquisitoire, Me Metaxas, le défenseur des vigiles, plaide qu’il s’agit de «la procédure habituelle. Ils n’ont fait que respecter le protocole. Dès qu’il s’est évanoui, ils lui ont même administré les premiers secours en attendant que les pompiers arrivent. Quant à l’arrestation, ce sont des techniques de maîtrise réglementaires», poursuit l’avocat. «C’est vrai, l’interpellation a été musclée, mais ce jeune homme était très agité et alcoolisé.» Une thèse contredite là encore par le parquet : «Sur les images vidéo, il n’a pas l’air plus agité que cela, affirme Xavier Richaud. Et même s’il était ivre, cela n’explique pas qu’il soit décédé de cette façon.»

Placés en garde à vue pour «violences volontaires aggravées ayant entraîné la mort sans intention de la donner», les vigiles seront présentés aujourd’hui à un juge d’instruction.

Leur presse (Caroline Girardon, Le Parisien), 31 décembre.


La mort en direct

La scène sest déroulée lundi soir sous l’œil de la caméra de surveillance du local de contrôle du supermarché Carrefour où Michaël Blaise a trouvé la mort. Elle est racontée par Jean-Pierre Dages-Degranges, procureur adjoint de la République de Lyon, qui a visionné les bandes. «Trois hommes lui ont appuyé sur le dos en lui maintenant les jambes écartées. Lun deux est pratiquement allongé sur son dos à tel point que la victime, qui est à moitié allongée sur une table, a les pieds qui ne touchent plus terre. La scène dure une quinzaine de minutes. Dabord, la victime se plaint, elle crie, puis les cris sestompent jusquà devenir des espèces de râles, puis plus rien du tout. La pression continue…»

«Durant encore six minutes», précise le procureur. Six minutes fatales qui «rendront impossible toute réanimation». La vidéo atteste également de coups portés par les vigiles au jeune homme. Michaël Blaise, dans le coma, décèdera le lendemain à l
hôpital. Le rapport dautopsie indique quil est mort par «asphyxie mécanique par compression de la cage thoracique et une obstruction des voies respiratoires supérieures». Il fait aussi état dhématomes «au bras et au front». Michael Blaise ne présentait pas de pathologie antérieure pouvant expliquer la mort. Il navait consommé ni alcool, ni psychotropes.

Jeudi, les vigiles ont été mis en examen pour violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Ils encourent jusqu
à vingt années demprisonnement.

«Ces faits sont très choquants, mourir pour une canette de bière ce n
est pas acceptable», a déclaré le procureur adjoint. Ajoutant : «Toutes les personnes qui ont visionné cette cassette ont été très choquées car on assiste à la mort en direct.»

Michaël Blaise avait 25 ans. Il était d
origine antillaise et vivait à Lyon. Selon deux proches de la victime, ce dernier était suivi par un hôpital psychiatrique et il avait été placé sous tutelle depuis le décès de son père en 2007. «Il avait un appartement, une copine, ce nétait pas un marginal», a affirmé à lAFP son cousin Rony Gildard.

«Cette interpellation avait un caractère exceptionnel et on ne peut pas dire qu
elle se soit bien passée. On va laisser faire la justice», a pour sa part  déclaré Jean-Marc Assaël, le directeur régional de Carrefour. Daprès le parquet, les vigiles auraient expliqué lavoir pris plusieurs fois à voler dans ce supermarché. Ils ont même employé le terme de «voleur par habitude». Ce lundi, cétait pour des canettes de bières quil était interpellé par les vigiles. Hier, Me David Metaxas, lavocat des deux vigiles de Carrefour (les deux autres sont employés par la société Byblos), précisait  que Michaël Blaise avait des bières dans les poches de son manteau. Il précisait aussi que le supermarché avait déjà déposé plainte pour vol contre Michaël Blaise quelques jours auparavant. Le Parquet de Lyon nen a jamais eu connaissance. Les vigiles ont également dit que Michael Blaise était particulièrement agité. Les bandes de vidéosurveillance montrent au contraire un jeune homme «parfaitement calme» au moment où il entre dans le local de contrôle.

Leur presse (Alice Géraud, LibéLyon), 31 décembre.


France Intox à gerber

Le minable de service des «infos» de treize heures sur France Inter n’a pas hésité à qualifier Michaël Blaise de «jeune marginal». Je rappelle que Michaël Blaise est la personne assassinée le 30 décembre par des vigiles du magasin Carrefour de Lyon Part Dieu pour le vol d’une canette de bière. Après que l’avocat des vigiles en question ait tenté de faire croire que Michaël était ivre et sous l’emprise de stupéfiants, ce que l’autopsie a totalement démenti voilà qu’un individu qui se prétend journaliste n’hésite pas a utiliser des moyens répugnants qui salissent la mémoire de la victime minimisant de ce fait la responsabilité des meurtriers et de leur employeur auprès des auditeurs. S’il ne s’agissait pas de la mort d’un homme dans des conditions aussi abjectes et pour un motif tellement dérisoire, le mépris serait la réponse appropriée à ce «chien de garde du capitalisme» que la déontologie ne préoccupe plus depuis longtemps tout empressé qu’il est d’aboyer avec les annonceurs et les actionnaires. Ceci ne constitue pas vraiment une surprise mais ce n’est pas une raison pour ne pas le dénoncer.

Bellaciao, 2 janvier 2010.


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