L'enjeu des retraites

Publié le par la Rédaction

«Travailler moins pour gagner plus…
… ou l’impensé inouï du salaire»

Publié dans Colère ouvrière

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Émile 17/08/2010 19:01



Ouais. Le problème du chômage me semble balayé assez vite. C’est assez normal puisque toute leur argumentation pour repousser le soi-disant problème démographique avancé par les pouvoirs repose
sur la hausse de la productivité. Or la hausse de la productivité produit le chômage. Il est faux historiquement de dire que les femmes se sont mises à travailler à partir des années 60, les
femmes en milieu ouvrier ont toujours travaillé.

Plus globalement cette argumentation - qui ressemble, en plus fun, à celle développée dans un tract 4 p. de la CNT Vignolles validé au niveau local puis national dans des conditions très
critiquables - pose problème idéologiquement. Veut-on vraiment une société plus productive ? Vers quoi nous mène le productivisme et la croissance illimitée sur lesquels mises nos conférenciers
gesticulateurs ? Le partage des richesses n’est rien sans un partage du temps de travail. Et puis tout ceci ne nous indique en rien vers quelle société on veut aller. Sur quelles valeurs morales
faut-il se baser ? Comment décider de ce qui va être produit ? Etc.

Il est vrai que nous n’en sommes plus, dans les luttes, à proposer un autre schéma de société mais à vouloir revenir au capitalisme dirigiste et centralisé de l’après-guerre. Étant donné, le
recul massif subi depuis les années 80, c’est peut-être compréhensible mais enfin on ne gagnera pas juste en se défendant et sans avoir une vision globale des choses.



Lucrèce 16/08/2010 19:37



Oui… C’est bien fait. Ca fait penser au travail qu’a présenté la revue Fakir sur le même thème (à Fakir, ils abordaient surtout le
thème du partage de la valeur ajoutée). Mais que ce soit Fakir ou Lepage ça reste une critique « partielle »… qui vaut mieux que pas de critique du tout, c’est sûr !


Parce que quand Franck Lepage dit « le jour où l’on accepte de mettre cette idée à la poubelle, le capitalisme est mort », il
exagère un peu. Sa démonstration suppose le capitalisme et notamment la « croissance » – même faible – de l’ « économie ». Alors ce serait un capitalisme « à la
papa » sur le modèle de celui de l’après guerre quand les riches, par peur des cocos, avait lâché du leste et accepté la sécu, les retraites, l’augmentation continue des salaires, etc… Et ce
retour en arrière vaudrait sûrement mieux que l’horreur néolibérale qui est en train de nous submerger… Mais il laisserait intacte la société de consommation, la misère salariée, le saccage
écologique, l’exploitation du sud par le nord…


Mais peut-être qu’effectivement cette « critique partielle », est nécessaire pour susciter un grand mouvement populaire (ce
mouvement devra dans tous les cas être supra-national) qui permettra de porter plus loin la critique, pour ne plus laisser le soin au « marché » de décider à notre place des richesses
que nous voulons produire et de la manière dont nous voulons les produire.