Les nazillons travaillent

Publié le par la Rédaction

CaveCanem-05.JPGChauny : Des tags nazis sur la mairie

Voilà qui pourrait signer le retour des nationalistes. Des tags néo-nazis ont fleuri  dans les toilettes publiques  de la mairie.


Chacun pensait que c’était de l’histoire ancienne mais la manifestation du 27 mars dernier a fait ressurgir les vieux démons Chaunois, en l’occurrence le problème des nationalistes et autres skinheads.

 

Pour avoir la preuve de ce renouveau, il suffit de se rendre dans les toilettes publiques (côté dame) de l’hôtel de ville, afin de se rendre compte que le phénomène n’est pas mort. Des tags néo-nazis ont fleuri sur les vitres à l’intérieur du bâtiment. Un lieu qui n’est pas souvent ouvert mais où il n’aura fallu que quelques minutes pour dessiner des croix gammées, l’inscription WP (White Power, NDLR : le pouvoir aux blancs), sans oublier les «Tata Adolf» et «maman Adolf», en référence à Adolf Hitler. Jusque-là, des arbres, des piliers de pont servaient plus ou moins de support à ces inscriptions. Aujourd’hui, ce sont les murs d’un bâtiment public qui sont souillés, la mairie, situé à quelques mètres du poste de police municipale.

 

Ces graffitis font face à une boutique bien connue désormais, et que certains antifascistes voulaient prendre d’assaut. Il serait donc faux de dire que les choses se sont apaisées. D’un autre côté, il est vrai que ces événements ne sont visibles que d’une partie de la population, principalement les jeunes.

 

Le retour des provocations

 

Il n’y a bien que la manifestation antifasciste qui a déballé au grand jour les soucis que rencontre la cité. Il est vrai aussi que depuis novembre les regroupements aux abords de la gare routière avaient cessé. Le retour des beaux jours, ils ont repris leur funeste activités.

 

D’ailleurs, il y a peu, un jeune maghrébin aurait eu maille à partir avec un nationaliste qui lui a laissé quelques bleus en souvenir. Dans les jours qui ont suivi, c’est une jeune maghrébine qui aurait été la cible d’insultes à caractère raciste, sans oublier les provocations qui se multiplient.

 

Pas plus tard que la semaine dernière, une cinquantaine de skins, comme beaucoup les appellent, s’étaient regroupés place Bouzier à l’heure de la sortie des classes. Voilà une démonstration de force qui n’était pas passée inaperçue.

 

D’ailleurs, qui dit que les nationalistes n’organiseront pas à leur tour une manifestation ? Pour l’heure, rien n’est prévu. Il n’empêche, avec la manif du 27 mars, Chauny est apparemment devenue une ville symbole pour les deux camps. L’extrême-gauche et les défenseurs des droits de l’homme veulent y combattre le «fascisme» tandis que les nationalistes en ont fait leur bastion de résistance, un sentiment qui déborde jusque dans les départements voisins.

 

Il est à noter que ces groupes sont composés de jeunes dont la plupart ne sont pas originaires de Chauny. Cependant, la ville est aujourd’hui leur point de rassemblement. Alors que faire ? Rien n’est évident mais il ne faut certainement pas se voiler la face. Par contre, sensibiliser, prévenir, dissuader et réprimer sont peut-être des solutions à retenir.

 

Leur presse (Samuel Pargneaux, L’Union), 2 avril 2010.

 

 

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 Nantes : Ils avaient dégradé le chantier d’une mosquée

Quatre jeunes militants d’extrême-droite sont jugés pour des dégâts commis, en novembre 2007, à la mosquée Arrahma en construction au nord de Nantes. Le jugement sera rendu le 5 mai.

 

Le 4 novembre 2007, ces quatre jeunes, militants ou proches du Front national de la jeunesse, sont partis en expédition de collage. Ils ont atterri dans les parages de la mosquée Arrahma en construction au nord de Nantes. Ils sont entrés sur le chantier, ont collé des autocollants, renversé les échafaudages, dégradé la télécommande de la grue, et renversé un bidon d’huile sur le sol de l’édifice, «pour s’amuser» explique Yves, «pour de la casse» dit Alexis, «histoire de s’occuper» selon Nicolas. «Je ne savais pas que c’était une mosquée en construction. On voulait coller autour de la mosquée. Je ne vois pas trop l’intérêt de coller des autocollants sur les murs de la mosquée. Ce n’était pas du tout de la provocation», ajoute Yves. Ils étaient déjà passés là plus tôt dans la soirée.

En sortant du chantier, ils étaient «excités et riaient», ont indiqué deux hommes de passage qui sont allés à leur rencontre. Une bagarre a éclaté. Nicolas a sorti sa bombe lacrymo parce qu’il était «sous la menace d’un tournevis». Yves a reçu un coup de tournevis. Les vitres de sa voiture ont volé. Ils sont partis en trombe en renversant l’un des hommes. «Je n’ai rien contre le fait que des personnes pratiquent leur religion sur notre territoire. J’ai moi-même beaucoup d’amis musulmans et juifs avec qui je m’entends bien», explique Yves, assistant funéraire dans une association catholique, également sympathisant du Renouveau français à l’époque des faits.

«La bêtise de ma vie»

Alexis, livreur de pizzas pour l’instant, n’a «toujours pas aujourd’hui d’opinion sur la construction d’une mosquée», mais est conscient, «après réflexion» que ses actes «pouvaient engendrer un sentiment de rejet par les croyants musulmans».

«La bêtise de ma vie», dit Nicolas, en master de droit, pour qui tout ça, c’est du passé. «Je me suis laissé séduire par certaines idées extrémistes, quelque chose de prêt-à-penser.» Ils se sont excusés. «Il y a dans ces actes des relents de la peste brune», dit l’avocat du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap). Il demande 1 € symbolique au même titre que la Licra 44, la Ligue des droits de l’homme et l’association cultuelle de la mosquée Arrahma.

«Des faits qui ont un retentissement social», dit le procureur qui requiert dix mois avec sursis mise à l’épreuve et un stage de citoyenneté. «Des jeunes qui ont fait des bêtises dans un chantier en construction», dit un avocat. «Un chantier n’a pas de caractère sacré», dit un autre. Ils plaident en partie des relaxes. Le quatrième, un mineur, a déjà été condamné à effectuer un stage de citoyenneté. Jugement le 5 mai.

Leur presse (Ouest-France), 1er avril 2010.



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À la barre, les vandales nient être «racistes»


 

Trois sympathisants d’extrême-droite étaient jugés au tribunal correctionnel pour avoir renversé les échafaudages du chantier de la mosquée Nantes Nord et dégradé des boîtiers électriques, en novembre 2007. Accompagnés d’un quatrième larron, à l’époque mineur, ils étaient également jugés pour des «violences» sur deux jeunes Maghrébins rencontrés juste après. Les faits s’étaient produits lors d’une soirée très arrosée, au cours de laquelle la bande avait décidé de placarder des autocollants du Front national de la jeunesse (FNJ) et du mouvement royaliste «Renouveau français» dans le quartier de l’un d’entre eux. 

 


Une «erreur de jeunesse»


Costume cravate, mocassins cirés et raie de côté, Yves nie pourtant être « raciste». «J’ai beaucoup d’amis juifs et musulmans, et je n’ai rien contre leur religion», assure cet «ancien militant» du Front national de 25 ans. Nicolas, qui était à l’époque étudiant en droit, regrette lui une «erreur de jeunesse». «Mon client s’en est excusé, il a bien conscience qu’il a pu blesser la communauté musulmane», insiste son avocat, Me Philippe Bardoul. Ce dernier a d’ailleurs plaidé la relaxe des prévenus pour les «violences» commises sur les deux jeunes Maghrébins. «Aucun élément ne prouve qu’ils sont à l’origine de la bagarre», estime l’avocat. Yves dit même avoir reçu un coup de tournevis à la tête «qui aurait pu le tuer». Le jugement devait être mis en délibéré. 


Précédents
Une cabine de chantier avait déjà été incendiée en septembre sur le chantier, et des tags racistes inscrits. Le 10 novembre, des palettes avaient également été mises à feu. Des faits qui n'ont pas été imputés aux prévenus.


Leur presse (Guillaume Frouin, 20 Minutes), 1er avril.

 

 

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Tags sur la mosquée de Tourcoing : trois nazis condamnés


La nauséabonde idéologie nazie est encore active. En voici la preuve. Quand ils se présentent chez Marc Grubica, 43 ans et sept condamnations — dont une pour meurtre — à son casier, c’est quasiment en plein IIIe Reich que débarquent les policiers…
Drapeaux à croix gammées sur les murs, insignes nazis sur les étagères, tenues militaires dans les placards, littérature ad hoc : un vrai musée à la gloire du Führer.


La perquisition fait suite à des dégradations commises dans la nuit du 7 au 8 mars sur la façade de la mosquée Salman-Al-Farissi, à Tourcoing. Des individus ont écrit à la peinture bleue des inscriptions du style «Israël vaincra» et dessiné des étoiles de David. Si toutes les traces sont rapidement nettoyées, l’enquête sur ces faits commence, elle, du côté du centre hospitalier. Un homme est arrivé salement amoché aux urgences. Curiosité  : il porte aussi sur tout le corps des pentacles et des croix gammées tracés à la peinture bleue. Exactement la même qui a détérioré la mosquée. Le blessé, Xavier B., 39 ans, est justement hébergé chez Grubica… À deux pas de l’édifice cultuel musulman.


Amertume


Durant la fouille de la maison, les policiers découvrent rapidement le pot de peinture bleue et les pinceaux qui ont été utilisés pour taguer la mosquée et «bizuter» Xavier B. Un troisième homme est interpellé. Tony D., 27 ans, qui revendique haut et fort son appartenance au national socialisme, a juste participé au tabassage de la victime. «C’est à cause de l’alcool, on avait bu comme des trous», résume Xavier B., qui estime avoir mérité sa correction.  J’avais été insultant. Je ne leur en veux pas.» Présents sur les bancs des parties civiles, les représentants de la mosquée ont quant à eux fait part de leur amertume devant ces gestes irresponsables. «La douleur de la communauté musulmane est plus profonde qu’on ne l’imagine…» Au final, Grubica est condamné à 18 mois dont douze avec sursis et mandat de dépôt, ses deux acolytes écopent de 12 mois dont neuf avec sursis et 9 mois avec sursis. Ils devront aussifaire un stage de citoyenneté d’une semaine.


Leur presse (La Voix du Nord), 26 mars.



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Tourcoing : Jugement nuancé pour trois nazillons


Hier, quand vers 21 heures la décision tombe, il s’agit plutôt d’un jugement d’apaisement dans l’affaire des tags sur la mosquée. Six mois ferme pour le prévenu le plus impliqué.


Nuit du 7 au 8 mars, des inscriptions racistes et provocatrices découvertes, tracées à la peinture bleue, sur les portes de la mosquée de la rue du Bus à Tourcoing. «Israël vaincra», «p… de juifs»… Plus des étoiles de David.


Le lendemain, arrive aux urgences de l’hôpital Dron Xavier Bertaux, 40 ans, qui a été tabassé sévèrement et couvert d’inscriptions bleues. Le rapprochement est opéré.


L’histoire est incroyable. D’abord, Marc Grubica, un Tourquennois âgé de 43 ans, très ivre, sort dans la nuit du 7 au 8 mars avec son copain Bertaux hébergé chez lui. Les deux se munissent de peinture bleue et de pinceaux. À 400 mètres du domicile du premier, c’est la mosquée : les portes sont recouvertes d’inscriptions provocatrices. Bertaux, hier, explique qu’il n’est pas trop nazi, que tout cela, c’est du passé pour lui. Son gros problème, c’est surtout qu’il carbure à 20 bières par jour. Bref, il serait tombé sur la mosquée par hasard. Le procureur Michel Isbled n’en croit rien : «Sur vos options politiques, vous étiez bien plus clair en garde à vue et force est de constater qu’il n’y a pas une goutte de peinture entre votre point de départ et la mosquée. L’édifice religieux était bien votre objectif.» Marc Grubica affiche un très lourd casier judiciaire. «J’ai rompu avec mon passé, je m’efforce surtout de faire vivre correctement ma petite famille» explique-t-il. Chez lui, on a trouvé beaucoup de symboles nazis.


Grubica est aussi impliqué dans le tabassage de Bertaux. En effet, les deux, après leur expédition, rentrent ivres. Un troisième homme est là, Tony D., 27 ans, jamais condamné mais ouvertement nazi. Bertaux se permet des réflexions douteuses sur la compagne de Grubica. Ce dernier et Tony D. tabassent alors leur copain.


Hier, le président Bernard Lemaire mène de main de maître des débats passionnés mais riches. Les représentants de la mosquée, dans une intervention très humaine, se refusent, «malgré leur douleur», à réclamer vengeance. Au contraire.


Le procureur Michel Isbled, contre le prévenu impliqué dans la profanation et le tabassage, requiert deux ans de prison dont un avec sursis. Après l’intervention de Me David Liétard, la peine sera de 18 mois de prison dont 12 de sursis.


Bertaux, l’autre auteur des tags, défendu par Me Charles Lefebvre, écope de 12 mois de prison dont 9 de sursis. Pour le troisième homme, défendu par Me Iwona Parafiniuk, 9 mois de sursis. Stages de citoyenneté ordonnés pour les trois.


Leur presse (Didier Specq, Nord-Éclair), 26 mars.



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Trois lycéens condamnés pour la profanation de la Grande mosquée de Saint-Étienne


Trois lycéens ont été condamnés mardi soir à huit mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Saint-Étienne pour avoir taggué des inscriptions racistes sur la future Grande mosquée de Saint-Étienne.


Le procureur de la République de Saint-Étienne, Jacques Pin, avait requis neuf mois de prison avec sursis et une mise à l’épreuve à l’égard de ces jeunes proches de l’extrême droite, originaires d’Auvergne, d’Aquitaine et des Pays de la Loire, jusqu’alors inconnus des services de police.


Âgés de 18 à 20 ans, tous trois inscrits dans le même lycée technique et professionnel de Saint-Étienne, les prévenus ont reconnu être les auteurs des inscriptions à caractère raciste et antimusulman tagguées dans la nuit du 7 au 8 février sur les murs extérieurs de la future mosquée. On pouvait notamment y lire «pas d’arabes ici», «sales nègres on vous aura», «Heil Hitler» ou «WP» (White Power), au milieu de croix celtiques et de croix gammées.


Les trois lycéens ont toutefois exprimé des «regrets» et des «excuses», mettant leurs actes sur compte d’un concours de circonstances : le fait qu’ils aient été alcoolisés ce soir là, une récente agression par des personnes d’origine étrangère qui a conduit un de leur camarade de classe à l’hôpital, des tags sur la cathédrale de Clermont-Ferrand et la colère née de la consultation de sites internet «anti-Français».


Selon leur avocate, Me Valérie Drouaud, «ils paient déjà très cher leurs actes, car ils risquent de ne pas pouvoir réintégrer leur établissement scolaire et donc poursuivre leur formation qui n’existe nulle part ailleurs en France», celle d’armurier.


Le représentant du parquet a pour sa part dénoncé un «amalgame imbécile» entre les slogans anti-musulmans et ceux d’inspiration hitlérienne écrits sur les murs du futur lieu de culte.


Les parties civiles (LDH, SOS Racisme, Association socio-culturelle marocaine de Saint-Étienne et le Conseil régional du culte musulman) se sont vus attribuer par le tribunal plus de 13'000 euros de réparation du préjudice matériel et moral.


Leurs avocats ont déploré une «dégradation de lieu de culte» et une «incitation à la haine raciale» qui, selon eux, «découlent de la banalisation et de la recrudescence de l’idéologie d’extrême droite, notamment à travers internet».


Des perquisitions aux domiciles des prévenus avaient permis de découvrir divers accessoires (livre, magazine, insigne, uniforme) montrant une fascination de leur part pour la mouvance néo-nazie.


Leur presse (AP), 23 mars.



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Groupe néo-nazi : 12 condamnations


Le tribunal de grande instance d’Évry a prononcé aujourd’hui des peines allant de 2 mois de prison avec sursis à 2 ans et demi de prison ferme contre 12 personnes jugées pour leur implication, à des degrés divers, dans un groupuscule violent d’idéologie néo-nazie, Nomad 88.


Âgés de 20 à 37 ans, ils ont été condamnés, notamment, pour organisation et participation à un groupe de combat, ainsi que pour importation, acquisition et détention sans autorisation d’armes ou munitions.


Deux des condamnés comparaissaient détenus. L’un, âgé de 24, décrit comme le «chef» de ce groupuscule, a été condamné à 4 ans de prison, dont 18 mois avec sursis, et une mise à l’épreuve de 3 ans. L’autre, 25 ans, écope de 3 ans de prison dont un avec sursis, et 3 ans de mise à l’épreuve. Tous deux devront également payer, solidairement, 5000 euros de dommages et intérêts à la partie civile.


Des peines allant de 2 mois de prison avec sursis à 8 mois de prison dont 4 avec sursis, ont été prononcées à l’encontre des dix autres condamnés, pour des faits, notamment, de participation à un groupe de combat, violences volontaires, détention, port et transport d’armes.


Leur presse (AFP), 18 mars.



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Évry : entre quatre mois avec sursis et 30 mois ferme pour des néo-nazis


Au terme de quatre jours de procès, le tribunal correctionnel d’Évry a condamné jeudi les membres d’un groupe néo-nazi à des peines allant de quatre mois d’emprisonnement avec sursis à 30 mois de prison ferme. Ils étaient poursuivis pour leur participation à un groupe de combat et pour deux d’entre eux à une fusillade dans l’Essonne en 2008 qui n’avait pas fait de victimes.


Le ministère public avait requis des peines allant de 800 euros d’amende à 42 mois d’emprisonnement ferme.


«Au combat, tu agis déterminé avec passion et avec haine. Tu ne respectes pas tes ennemis, tu les écrases comme de la vermine», stipulait le règlement intérieur de Nomad 88 (NDLR : 88 Heil Hitler, le 8 représente le H, huitième lettre de lalphabet). Mais lors des quatre jours d’audience, les néo-nazis ont fait pâle figure.


Peintre en bâtiment, carriste, employé de pompes funèbres, boulanger… Ils n’ont rien d’idéologues. Ceux qui ont lu Mein Kampf n’ont pas dépassé le second chapitre. «Ça m’a saoulé», a déclaré l’un d’eux à la barre.


Les deux chefs du groupuscule ont comparu détenus : le fondateur, Camille Farout, 24 ans, et Thomas Coumont, 25 ans. Au nom de l’hygiène raciale prônée sous le IIIe Reich, ce dernier n’aurait peut-être pas survécu : atrophie de la main gauche, partielle de la droite et les deux jambes amputées au-dessous du genou. Le premier a été condamné à quatre ans, dont 18 mois avec sursis, et le second à trois ans dont un avec sursis.


Ce groupuscule, proche de la «droite socialiste», se voulait le fer de lance d’une nouvelle révolution. Son existence n’aura duré que quelques mois avant son démantèlement fin mai 2008. Les enquêteurs ont saisi tout un arsenal datant de la Seconde guerre mondiale et du TATP, un puissant explosif. Selon l’accusation, ses membres s’entraînaient au combat. Les entraînements militaires avancés par l’accusation se résument à quelques séances de tir sur des canettes de bière.


«Les entraînements qu’on faisait, c’était boire de l’alcool», a souligné Coumont. Mais également passer à tabac les déserteurs du groupe. Ou de tirer en l’air au fusil de chasse au-dessus d’un camp de Gitans pour se venger d’avoir été exclu d’un concert.


Parmi les prévenus, un armurier d’Eure-et-Loir chez qui quelques membres du groupe voulaient acheter des munitions. Il se retrouve poursuivi pour non-respect de la législation sur les armes. «Il fallait trouver l’armurier qui fournissait le groupe», a grincé cet ancien militaire. Aujourd’hui, il préfère s’intéresser aux Amérindiens. Au point de vivre l’été dans un tipi, de se coiffer à l’iroquois et d’enfiler des perles avec une épine de porc-épic.


Le 30 mai 2008, les principaux membres de ce groupe sont interpellés suite d’une fusillade survenue deux jours plus tôt à Saint-Michel-sur-Orge (Essonne). Un des témoins expliquera aux enquêteurs que les tirs étaient rapides. «J’avais l’impression que les balles me suivaient.» Une trentaine de cartouches percutées seront retrouvées sur les lieux.


En garde à vue, Camille Farout et Cédric Rasle, 21 ans, vont expliquer avoir voulu monter une expédition punitive. Rasle avait été pris à partie à plusieurs reprises. En rejoignant Nomad 88, il s’était senti «plus en sécurité», a-t-il expliqué. Les deux jeunes gens vont s’armer d’une mitraillette britannique de la Seconde guerre mondiale et d’un fusil à canon scié. Et partir à la recherche des agresseurs de Rasle.


Dans le box, Camille Farout dit ne pas avoir visé les passants mais juste voulu faire peur. À la barre, Cédric Rasle, perclu de tics au visage, tatouage identitaire sur l’index de la main gauche et les trois points signifiants «Mort aux vaches», convient que l’expédition «est devenue un désastre». Après une année en détention provisoire, il explique vouloir tirer un train sur cette vie antérieure. Il a écopé de deux ans, dont un avec sursis.


Tous, en dépit de leur tenue vestimentaire sombre, assurent avoir tiré un trait sur leur passé. Coumont assure vouloir se retirer en Alsace-Lorraine. Un autre affirme au tribunal que sa nouvelle petite amie est juive d’Afrique du Nord. «Ma belle-famille est informée de mon histoire. Ils m’ont soutenu moralement. C’est une belle leçon de vie.»


Leur presse (AP), 18 mars.

 


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Tribunal d’Évry : le groupuscule néonazi voulait créer une armée


«Pour faire partie du groupe, il faut être blanc. Au combat, tu agis avec passion et avec haine. Tu ne respectes pas tes ennemis, tu les écrases comme de la vermine.» Le règlement intérieur du groupuscule néonazi Nomad 88 — soit deux fois la huitième lettre de l’alphabet correspondant au «h» de «Heil Hitler» — fait froid dans le dos.


Quatorze de ses membres ou sympathisants sont à partir d’aujourd’hui et pendant une semaine devant le tribunal correctionnel d’Évry. Le 28juin 2008, deux d’entre eux, Cédric et Camille, âgés aujourd’hui de 21 et 24 ans, avaient notamment tiré 35 balles de pistolet-mitrailleur sur un groupe de jeunes dans une cité de Saint-Michel-sur-Orge. Miraculeusement sans faire de blessés.


Nomad 88, aujourd’hui dissous, obéissait à une doctrine paramilitaire dont l’objectif était de «faire chuter l’État, acheter des , créer une armée». Les adhérents devaient remettre leur carte d’identité et obéir aveuglément au chef, Camille, fondateur en 2007 du groupuscule. Au fil des mois, Nomad 88 se structure. Une sous-branche, Nomad Sécurité, est mise en place et s’occupe du service d’ordre des manifestations d’un mouvement nationaliste baptisé la Droite .


Acheter des armes devient une priorité. Les néonazis se rendent parfois en Belgique pour en acquérir. Leur équipement s’étoffe. Lors des perquisitions, les policiers ont découvert un véritable arsenal composé au total de 17 fusils ou pistolets, plus de 9050 cartouches, 13 chargeurs, 3 lunettes de tirs, des grenades ainsi que tout le nécessaire pour préparer un engin explosif. La plupart des armes étaient stockées dans un fourgon à Morangis. Les membres du groupe s’autofinancent. Camille investit par exemple 400 € de son salaire mensuel.


L’ambition délirante du groupe grandit rapidement. Pendant l’enquête, ses membres énumèrent leurs projets : «contrôler une zone de Paris», «attaquer des restaurants type kebab», «faire du nettoyage dans les mosquées, synagogues et cités», «organiser des descentes contre des adversaires politiques»… Un site Internet est créé par Thomas, 26 ans, «président adjoint» de Nomad 88. Des entraînements au tir se tiennent à la campagne, notamment à Guibeville, près d’Arpajon.


Un système hiérarchique se met en place. Les membres les plus «méritants» reçoivent un blouson sérigraphié et le grade de «soldat». Les autres, devant faire leurs preuves, sont désignés «Nomad en projet ». Les chefs tiennent leur troupe par la peur. En avril 2007, un membre de Légion fantôme, l’ancêtre de Nomad 88, est roué de coups de batte de base-ball et abandonné inerte en forêt de Sénart pour avoir émis des critiques sur le groupe. Tout manquement au règlement est sanctionné «au minimum par l’exclusion», raconte un membre.


Lors de l’enquête, les policiers ont mis au jour le profil des meneurs de Nomad 88. Camille, orphelin de mère, est l’unique enfant d’un couple qui s’est délité. L’autre auteur des coups de feu, Cédric, était lycéen au moment de son interpellation. Thomas, né avec des malformations, est amputé des deux pieds. Dans la vie civile, il était dessinateur en création de publicité. «Seule leur haine les relie», déclare une source proche du dossier.


Leur presse (Julien Heyligen, Le Parisien), 15 mars.

 


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Nîmes : Un auteur de tags racistes interpellé


Un jeune homme de 17 ans a avoué hier aux gendarmes de Saint-Chaptes être l’auteur de plusieurs tags racistes dans le village de La Calmette. Depuis une semaine, des inscriptions haineuses à l’encontre des Arabes et hostiles au mode de consommation rituel halal avaient été constatées sur quelques murs de cette commune. Le tout assorti de références fascistes et nazies, comme «white power»(pouvoir blanc), croix celtiques, sigles SS.


Les derniers tags ont été réalisés dans la nuit de vendredi à samedi sur la façade d’une boucherie halal ouverte dans la Zac du Petit verger, depuis une semaine justement. C’est en allant au travail hier matin à 6 heures que Nabil Masdek, artisan boucher, a découvert les ignominieuses inscriptions sur les murs de son établissement. Ce message en particulier : «Pas de hallal ici, morts aux arabes». «Les gendarmes m’ont dit qu’ils avaient déjà constaté les inscriptions au cours de la nuit», expliquait hier matin à Midi Libre le boucher, déterminé à porter plainte. Les conditions d’élucidation de l’affaire ne sont pas très claires. Il semblerait que les gendarmes aient effectué un recoupement entre ces tags et la présence remarquée, par une patrouille, dans la nuit de vendredi à samedi, de deux jeunes gens errant de façon suspecte… En tout cas, hier matin, ces deux mineurs, présentés comme «sans histoire», ont été convoqués par les gendarmes. L’un a été rapidement mis hors de cause. Mais l’autre a avoué être l’auteur des inscriptions et expliqué, selon le parquet de Nîmes, être convaincu par une idéologie extrémiste. Ce garçon, qui n’a pas fait l’objet d’un placement en garde à vue, a pu regagner son domicile dans l’après-midi. Il devra prochainement répondre devant le tribunal pour enfants de Nîmes de «dégradations de biens d’autrui en raison de la nation ou de l’ethnie», a-t-on précisé hier après-midi au parquet de Nîmes.


Leur presse (Midi Libre), 14 mars.



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