Les dernières nouvelles d'Égypte - 17 février

Publié le par la Rédaction

 

Le tyran est parti, tombé. Pendant deux jours ce ne fut que joie et soulagement, un peuple entier dans la rue, on est le dimanche matin [13 février], la vie reprend, enfin, pas tout à fait, la population et des soldats ramassent et nettoient les rues du Caire après ces trois semaines de bataille, mais la vigilance est là, on est encore rassemblés sur la place, on connaît parfaitement cette armée, le pouvoir doit revenir aux civils… On ne lache rien…

 

 

Lundi [14 février], la révolution a définitivement laissé la place… au mouvement social. Si dix jours auparavant le pays frisait la grève générale, elle n’est en ce moment de toutes façons pas très loin. Partout, dans chaque administration, entreprise, usine, les revendications sont là : redistribution des richesses, augmentation des salaires pour tous, l’aumone accordée aux fonctionnaires durant la révolte par le dictateur finissant semble bien dérisoire… Mais au-delà de ces demandes, on dénonce les écarts de salaires, les rémunérations des dirigeants, les avantages des petits chefs, l’armée nous enjoint d’arrêter les grèves, mais il y a déja longtemps que nous avons cessé d’avoir peur.

 

Mardi [15 février] ça descend encore dans la rue, spontanément par milliers, chose inimaginable il y a un mois, la prochaine journée de masse critique millionnaire doit avoir lieu vendredi, ce n’est qu’un début.

 

Mercredi [16 février] : elle est partout, dans chaque bureau, chaque atelier, chaque administration, même dans chaque open-space d’une putain de banque ou entreprise mondialisée, c’est du corporatif et salarial, mais c’est partout la même chose… salaires, conditions de travail, différences de traitement… «Combien tu gagnes en vrai sale chef de merde ?? qui t’arroses ?»

 

Ils ont stoppé aujourd’hui [17 février], les 24'000 ouvriers de Mahallah, grève totale et illimitée, ils ont mis du temps à démarrer … pas faite pour eux la révolution … ils avaient donné déja il y a deux ans, relever la tête c’était le moment…

 

La pression ne se relâche pas, entre un maréchal septuagénaire pourri jusqu’à l’os, le chef suprême du Conseil des armées Tantaoui et l’éminence grise, l’ex… dans son bunker de Charm el Cheikh, qui n’est toujours pas parti, ça reste compliqué…

 

L’Égypte redescend dans la rue vendredi [18 février]…

 

Retranscription d’une conversation téléphonique 
Mailing, 17 février 2011.

 


Publié dans Internationalisme

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