Les Brodard en lutte à Coulommiers

Publié le par la Rédaction

Coulommiers : un accord a été trouvé à l’imprimerie Brodard

 

Les négociations à limprimerie Brodard de Coulommiers (Seine-et-Marne) et le mandataire judiciaire ont abouti dans la nuit de jeudi à vendredi à un accord. Invités vers 20 heures à rentrer dans le bâtiment. Brodard Graphique, les représentants du personnel en sont ressortis vers 2 heures du matin avec un accord prévoyant une indemnité de 15'000 euros et «des dispositions de reclassement intéressantes».

 

 

Lentreprise appartient au groupe Maury et a été placée en liquidation judiciaire le 5 juillet.

 

Cet accord est intervenu alors que la journée de vendredi est consacrée aux entretiens préalables de licenciements.

 

Depuis cette date, les 151 employés bloquent le site afin dobtenir «des conditions de départ honorable» et des aides à la formation. Une vingtaine dentre eux avaient même bloqué la caravane du tour du France lors du passage de la 5e étape en Seine et Marne, jeudi dernier.

 

Le feu à des bobines de papier

 

Jeudi, le mandataire chargé de la liquidation judiciaire, arrivé sur le lieux en début daprès-midi, avait jusquici refusé de négocier. «Il nous a promis une enveloppe de 20'000 euros par employé mardi dernier. Aujourdhui (NDLR : jeudi), il nous propose seulement 7500 euros, conditionné à un référé devant le tribunal. Il ne sortira pas tant que nous naurons rien de concret», avait expliqué un salarié déterminé.

 

Pour que leurs revendications soient entendues, les employés ont mis le feu vers 16 heures à des bobines de papier de 2 mètres de large sur lesquelles ils ont déversé trois tonnes dencre. Autour de lusine, les policiers, arrivés en nombre, ont organisé un périmètre de sécurité. Ils sont prêts à pénétrer dans le site à tout moment. Face aux risques dincendie, la station-service du centre commercial Leclerc, voisin de limprimerie, avait été fermée dans laprès-midi.

 

Leur presse (Jila Varoquier, Le Parisien), 16 juillet 2010.

 

 

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 Coulommiers : les salariés de Brodard brûlent le stock de papier

 

Des bobines de papier de 2 mètres de long ont été dévidées et enflammées, et trois tonnes d’encre déversées, depuis 16 heures jeudi, devant le site de Brodard Graphique, une imprimerie du groupe Maury à Coulommiers (Seine-et-Marne).
Le mandataire chargé de la liquidation judiciaire, arrivé deux heures auparavant, y est toujours bloqué, après avoir refusé de négocier. «Il nous a promis une enveloppe de 20'000 euros par employé mardi dernier. Aujourd’hui, il nous propose seulement 7500 euros, conditionné à un référé devant le tribunal. Il ne sortira pas tant que nous n’aurons rien de concret», explique un salarié déterminé.

 

 

Depuis l’annonce lundi 5 juillet de la liquidation de l’entreprise, les 151 employés bloquent le site afin d’obtenir «des conditions de départ honorable» et des aides à la formation. Autour de l’usine, les policiers, arrivés en nombre, ont organisé un périmètre de sécurité, risquant à tout moment de pénétrer dans le site. Peu avant 18 heures, les négociations n’avaient toujours pas avancé.

 

Face aux risques d’incendie, la station-service du centre commercial Leclerc, voisin de l’imprimerie, a été fermée dans l’après-midi. 

 

Leur presse (Le Parisien), 15 juillet.

 

 

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Les Brodard sous haute tension

 

Pendant que les négociations sur leurs conditions de départ étaient en cours, les Brodard ont mis le feu à un rond-point.

 

 

C’était de la colère et du désespoir. Hier, les Brodard ont maintenu une pression d’enfer, tandis que les négociations avaient cours entre le mandataire et les élus du personnel pour déterminer les conditions de licenciement des 151 ouvriers de l’imprimerie de Coulommiers. Depuis la semaine dernière, Brodard Graphique est en liquidation judiciaire.

 

«Je fais ce métier depuis 1976, j’ai commencé en maniant les caractères de plomb, je travaille dans cette imprimerie depuis quatorze ans. Je fais quoi après ?» se demandait Christian. Certains de ses collègues travaillent là depuis trente ans. Leur entreprise, ils l’aimaient.

 

Hier, ces ouvriers exigeaient de partir avec une prime extralégale de 40'000 € chacun. Vers 15 heures, pour la première fois depuis qu’ils ont lancé leur mouvement de résistance, ils ont mis le feu au rond-point situé devant le magasin Leclerc, à deux pas de la station-service. Ils ont également empêché toute circulation en installant d’énormes bobines de papiers de 3 t. Et lorsque les pompiers sont intervenus pour éteindre les flammes, la consigne était claire : pas question.

 

Tout l’après-midi, sous la surveillance de la police, les ouvriers, qui occupent l’entreprise jour et nuit et ont installé des bonbonnes de gaz un peu partout, ont attendu. Lorsque les représentants du personnel sont descendus une première fois en annonçant que la prime se montait à «zéro euro», le feu a repris de plus belle au niveau du rond-point. Rattrapés par le mandataire, les élus de la CGT-Filpac sont remontés discuter. À 19 heures, les Brodard ont appris qu’ils toucheraient 15'000 € chacun, une fois les actifs de la société vendus et sous couvert de l’accord d’un juge. Vers 21 heures, le montant de la prime est passé à 20'000 € : 7500 € très vite et le reste à la vente. Franck Riester, le député-maire UMP de la ville, contre lequel les ouvriers étaient remontés, a fini par se déplacer. Le site reste occupé. Jeudi, à 15 heures, les Brodard auront la réponse du juge.

 

Leur presse (Guénaèle Calant, Le Parisien), 14 juillet.

 

 

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Les Brodard bloquent la caravane à Courchamp

 

Une vingtaine de salariés de Brodard graphique, dont l’imprimerie (153 salariés) est en liquidation depuis lundi soir, ont frappé un grand coup. Après avoir repeint toute la nuit une partie de la route du Tour d’inscriptions traitant leur employeur de «maillot jaune des patrons voyous», ils ont bloqué la caravane du Tour de France sur la D 204, entre Courchamp et Provins.

 

 

10 heures, l’attente débute dans un bosquet. «Avec les hélicos de la télé, la presse et les radios nationales, il faut qu’on nous entende. Que les politiques et le conseil général nous aident pour qu’on obtienne un plan social correct, des primes extralégales et des aides à la formation», explique Dany. 12 heures, l’excitation monte d’un cran avec l’arrivée des premières voitures. 12h50, leur cible en vue, les Brodard plantent leurs trois banderoles au milieu de la route juste devant des véhicules faisant la promotion de la gendarmerie et de la police nationale. La caravane s’arrête. Après de longues minutes de flottement, pancartes toujours tendues vers le ciel, le responsable événementiel du Tour de France leur concède quelques minutes d’antenne le lendemain. 14h35, les imprimeurs regardent sagement passer le peloton. «Si nous n’obtenons rien, nous remettons ça demain», préviennent les Brodard encadrés de près par des gendarmes qui ne sont pas là pour la publicité !

Leur presse (Jila Varoquier, Le Parisien), 9 juillet.

 

 

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Seine-et-Marne : des salariés en colère bloquent la caravane du Tour

 

Une vingtaine de salariés de l’imprimerie en liquidation Brodard Graphique de Coulommiers (Seine-et-Marne) ont bloqué, vers 13 heures, des véhicules participant à la caravane du Tour de France, à Courchamp, entre La Ferté-Gaucher et Provins. Comme les manifestants sy étaient engagés, ce coup déclat na pas retardé le passage du peloton vers 14h30.
Un seul, resté caché depuis la fin de la matinée, a entrepris de courir à côté des coureurs. Il a été intercepté par les gendarmes et placé en garde à vue.

 

 

Vers 13 heures, au kilomètre 74,7 de la 5e étape reliant Épernay à Montargis, près dun bosquet, les manifestants brandissant des banderoles ont arrêté des véhicules faisant la promotion de la gendarmerie nationale, de la police nationale et du ministère de lIntérieur. Ils ont bloqué la progression de la caravane publicitaire pendant cinq à sept minutes, le temps dexposer leurs revendications et de parlementer avec un responsable de lorganisation.

 

Des négociations se sont engagées sur le bord de la route. Les inscriptions tracées sur la route du Tour ont été effacées. Les salariés accusaient leur employeur dêtre «le maillot jaune des patrons voyous» et indiquaient «Brodard Graphique : 189 licenciements».

 

Filiale du groupe Maury employant 138 salariés à Coulommiers, limprimerie Brodard Graphique a été placée en liquidation judiciaire lundi soir. La Nouvelle Brochure, une filiale voisine, faisant partie du même groupe a subi le même sort, laissant 51 salariés sur le carreau. Soit un total de 189 licenciements attendus localement. Le tribunal de commerce de Meaux a rejeté loffre dun repreneur, Circle Printer, pour les deux sociétés.

 

Leur presse (Jila Varoquier, Le Parisien), 8 juillet.

 

 

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Brodard Graphique et la Nouvelle Brochure liquidés

 

L’imprimeur Maury laisse 189 salariés sur le carreau après la liquidation judiciaire de ses filiales prononcée hier soir par le tribunal de commerce de Meaux. L’offre de reprise de Circle Printer n’a pas convaincu.

 

 

L’ombre planait depuis des mois sur Brodard Graphique et de la Nouvelle Brochure. Hier soir, après deux heures d’attente au tribunal de commerce de Meaux, le couperet est tombé : les imprimeries columériennes sont liquidées. Au total, 189 salariés — dont 151 chez Brodard — se retrouvent dès ce matin au chômage.

 

Un coup dur dans un bassin d’emploi déjà morose.

 

Depuis quelques mois, l’entreprise vivait ses derniers soubresauts. Début avril, Jean-Paul Maury, directeur du groupe du même nom, décide — à la surprise générale — de céder l’imprimerie, en plein plan de sauvegarde de l’emploi. «Elle n’est plus rentable et met en danger mon groupe, même avec les 69 départs volontaires», avait-il confié à notre journal. Fin juin, au terme du délai imposé par le tribunal, sur la quinzaine de propositions de reprise — dont celle du grand groupe italien Pozzoni —, une seule s’est maintenue, celle de Circle Printer, propriété de Jacques Le Morvan.

 

Celui-ci proposait la reprise de 60 à 90 salariés, 25'000 € pour le terrain de plusieurs hectares et surtout deux rotatives flambant neuves, chacune d’une valeur de 30 M€. «C’est scandaleux et odieux que l’on puisse présenter une telle offre au tribunal. Il est même étonnant que le procureur ne se soit pas prononcé là-dessus» s’étonne un conseiller proche du dossier. Même l’administrateur du groupe, Philippe Contant, avait qualifié cette offre de «hold-up doublé d’un chantage aux licenciements plutôt qu’une véritable proposition». L’endettement de Brodard Graphique s’élève à 39 M€.

 

Hier soir, si les employés s’attendaient au rejet de l’offre par le tribunal — qu’ils avaient eux-même acceptée à une faible majorité la semaine dernière —, la consternation était à son comble.

 

Les salariés dénoncent des «manœuvres de voyous»

 

Pendant la longue attente, les salariés dressaient le bilan de longs mois de mobilisation. «On est passés par tous les états, on a rencontré tous ceux qu’on a pu voir ! On l’a vu, le degré d’action des politiques ! Alors, maintenant, on ne stresse plus», lançait Christophe, désabusé.

 

Mais, quand la sanction est tombée, la colère a pris le dessus. Jean-Paul Maury en a fait les frais le premier, quittant le tribunal à vive allure, accompagné de deux gardes du corps, sous une pluie de noms d’oiseaux en tout genre. «Comment arrivez-vous à vous regarder dans la glace», hurlait l’un des employés, la rage dans la gorge. «Si on nous avait écoutés avant, en décembre, au moment des premières grèves, on n’en serait pas là», glissait Annabelle, de la Nouvelle Brochure. «Ce sont des manœuvres de voyous, où l’humain n’est jamais pris en compte, et une entente générale pour nous faire tomber et diminuer la concurrence dans un marché de l’art graphique déjà serré !» accusait Bruno. Ayant le sentiment d’avoir été abusés, abandonnés et restés impuissants face à ces manigances, les ex-employés sont prêts à tout. Ils préviennent : «Nous ne lâcherons rien, surtout pas nos rotatives». 

 

Leur presse (Jila Varoquier, Le Parisien), 6 juillet.

 


Publié dans Colère ouvrière

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