Les banques s'engrècent… Vive la grève des chômeurs et précaires !

Publié le par la Rédaction

 

Vendredi 21 mai, une quinzaine de personnes du collectif du 3 mai de Rennes s’est retrouvée sur le chantier de la Courrouze, nouvelle vitrine du capitalisme écologique, pour y déposer une banderole de 6 mètres sur 10 mètres du côté Rocade.

 

 

Les banques s’engrècent…

 

Aujourd’hui, tout un chacun est bien forcé de reconnaître que sur la grande scène du monde, les héros de notre temps, ceux qui en déterminent le cours ne sont plus les «grands hommes», et encore moins les «peuples». Ceux-là dont nous n’avons pas le choix de suivre chaque jour les joies et les peines, les scènes d’euphorie et de désespoir qui permettent aux oracles de prophétiser de quoi notre avenir sera fait, ce sont les «marchés financiers», les banques, les valeurs du CAC 40.

 

Toute l’Europe se penche au chevet du gouvernement grec, pour l’encourager ou lui tirer les oreilles : en tous cas pour renflouer les banques grecques par tous les moyens. Suspense. Les Dieux du marché seront-ils apaisés par cette nouvelle débauche de milliards ? Quant aux Grecs qui devront cotiser plus longtemps, accepter de voir leurs retraites divisées par deux, qui s’en soucie ? Ce ne sont pas des Dieux, ils sont si terre à terre avec leurs petits soucis, leurs petits besoins !

 

Les Dieux, eux, sautent de bulle en bulle : «nouvelle économie», immobilier, écologie : autant d’occasions de rafler la mise, en entonnant chaque fois pour amuser la galerie le grand air de la croissance et du progrès infini pour tous. Jusqu’à ce que la bulle éclate, et que le déluge emporte des milliers de salariés licenciés, d’intérimaires en galère, et de ménages endettés vers une précarité aux conséquences dramatiques. Mais là, nous quittons la scène…

 

Les Dieux sont immortels. Comment s’intéresseraient-ils à ces petites fourmis qui se noient ? Il serait d’ailleurs plus convenable qu’elles se noient en silence. Histoire de ne pas effrayer les «marchés» qui font si difficilement «confiance»… Ne seraient-ce pas elles d’ailleurs, ces fourmis ingrates, les vrais responsables de la crise, si gourmandes et avides de … profit ?

 

Et pourtant, il arrive que ces fourmis chômeuses, précaires, intérimaires, intermittentes, étudiantes, se rencontrent, et se mettent à parler haut et fort, à s’adresser d’égal à égal à ces hommes puissants et riches qui parlent à l’oreille des Dieux. Ils ont plein de choses intéressantes (et désagréables) à leur dire :

«Le coup du nuage boursier qui s’arrête à la frontière, ça ne marchera plus. On le sait bien que la rigueur c’est pour aujourd’hui, et que demain, ce sera pire. On le sait bien que toute l’industrie a filé là où la main d’œuvre est moins chère, et que ça ne va pas s’arrêter. On le sait bien que vous n’avez que des petits boulots, des petites missions, des petits “services à la personne” payés des miettes, à nous proposer. Et encore, de moins en moins. C’est pas une vie de se battre entre nous pour gagner ces miettes-là. 
On veut que tout le fric qui va aux banques aille à ceux qui n’ont pas de boulot, aux intérimaires, à ceux qui vivent avec le SMIC ou à peine plus, à tous ceux qui galèrent pour boucler leurs fins de mois. On veut que tout le fric qui est investi dans des projets faramineux du type Centre des congrès d’affaires au couvent des Jacobins, projets destinés à des cadres et des bourgeois, soit donné à des projets coopératifs, solidaires, écologiques, tel que le projet d’une nouvelle Bourse du travail, proposée par des collectifs de chômeurs et précaires, des syndicats et des associations en guise de centre des congrès populaire. On veut que toute mutation urbanistique soit placée sous le contrôle direct des habitants, et cesse d’appartenir à quelques carriéristes municipaux et leurs amis promoteurs. Vous autres Dieux n’avez pas de remèdes contre les catastrophes sociales et écologiques, vous cherchez seulement à en tirer profit. Nous autres chômeurs et précaires, unis et confiants en notre propre force, ferions mieux que vous, parce qu’aucun attachement à des privilèges ne nous dissuade de vouloir arrêter tout ce maudit engrenage. Contrecarrer vos plans, vous empêcher de nuire. Voilà un beau “projet”, voilà un “travail” qui ne manque pas !»

 

 

… Vive la grève des chômeurs et précaires !

 

 

Collectif du 3 mai (contact)

 

 

L’appel à réunion publique du mardi 25 mai à 18 heures se transforme en discussion avec toutes les personnes qui ont participé à la grève des chômeurs et précaires depuis le 3 mai. C’est l’occasion de faire un premier bilan, d’évoquer les perspectives locales et nationales, d’imaginer… 
Rendez-vous au parc des Gayeulles à 18 heures à coté du bar, le mardi 25 mai 2010. Entrée la plus proche par l’entrée Pôle Emploi Gayeulles.

 

CIP-IDF, 23 mai 2010.

 


Publié dans Chômeurs - précaires

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