Les Amis de la Commune de Tarnac

Publié le par la Rédaction

 

Tarnac, le 1er décembre 2010

 

Bonjour !

 

Nous ne vous écrivons pas, aujourd'hui, pour vous entretenir des obscurs dédales de procédure dans lesquels la justice s'attache à enfermer certains d'entre nous, et dont nous essayons encore de les sortir. Nous vous écrivons dans une perspective nettement plus joyeuse : ce que nous avons commencé à construire, depuis plusieurs années, sur le plateau de Millevaches.

 

Si nous nous sommes installés à Tarnac, c'est bien sûr pour la vieille tradition de résistance à l'autorité centrale, d'entraide populaire, de communisme rural qui y survivait. Notre idée n'a jamais été de nous y réfugier, mais au contraire de nous y regrouper pour y élaborer d'autres rapports sociaux, y rendre vivables d'autres rapports au monde que ceux qui dominent, et précisément dévastent le monde.

 

Nous imaginions des communes qui se répartissent les cultures élémentaires et se partagent lors de fêtes mémorables les récoltes selon leurs besoins, des garages collectifs, des camions sillonnant le plateau pour apporter à ceux qui ne peuvent se déplacer le ravitaillement nécessaire, des discussions de bar plus pointues qu'un séminaire à la fac, une laiterie commune qui fournirait à tous le lait à prix coûtant, bref : tout un territoire qui s'affranchit peu à peu du recours à l'argent, à la police, à l'État.

 

L'offensive policière qui nous a frappés visait, entre autres choses, à détruire l'expérience qui commence à prendre racine ici, à trancher les liens qui nous unissent et nous unissent aux autres habitants du plateau : isoler pour mieux anéantir. Non seulement l'opération n'a pas rencontré le succès escompté, mais elle a eu l'effet exactement inverse. La solidarité qui s'est exprimée ici a dépassé tout espoir raisonnable. Grâce au soutien de tant d'inconnus aux quatre coins de la France et du monde, grâce à votre soutien donc, nous avons pu traverser l'épreuve qui devait nous pulvériser. Ce plateau qu'il s'agissait de nettoyer de toute dissidence finit par l'attirer comme magnétiquement. Quant à nous, tout cela n'a fait que tremper un peu plus notre détermination, et nous attacher un peu plus fermement à réaliser nos perspectives initiales. Le bar-épicerie est toujours là. La ferme du Goutailloux voit paisiblement croître son troupeau et ses cultures communes. Une assemblée populaire a même vu le jour sur le plateau afin d'intervenir et d'appuyer le dernier mouvement contre la réforme des retraites ; et elle est intervenue.

 

À présent, nous nous lançons dans l'installation d'une scierie et d'un atelier bois afin de construire des habitats à bas coût pour qui vient repeupler le plateau. À compter du printemps, nous voulons entreprendre de transformer le bâtiment principal du Goutailloux en grand lieu ouvert à l'organisation de toutes sortes de rencontres. Et dans le courant 2012, nous comptons faire l'acquisition d'un bâtiment dans le centre du bourg pour le transformer en maison de soin accessible à tous. Or, si nous disposons de stocks d'énergie et de bonne volonté, il nous manque 35'000 € pour achever la scierie et l'atelier bois et 55'000 € pour la réfection du bâtiment principal de la ferme. Si nous voulons continuer à aller de l'avant, nous devons donc réunir d'ici fin janvier 90'000 €. Pour la maison de soin, qui réclamera 90'000 € supplémentaires, nous avons plus de temps. C'est un des paradoxes de l'époque qu'il faille de l'argent pour se doter des moyens de s'affranchir de l'argent. Or quelque chose nous dit que ce n'est pas l'État qui, dans les circonstances présentes, va nous soutenir dans cette louable direction. C'est pourquoi nous avons créé une structure qui permet à tous ceux qui souhaitent soutenir notre démarche de donner de l'argent et de déduire les deux tiers de leur don de leurs impôts.

 

Cette structure s'appelle «Les Amis de la Commune de Tarnac». Il s'agit d'un fonds de dotation. Elle a vocation à recueillir et redistribuer des fonds à des initiatives vivifiantes pour le plateau. Nous vous écrivons pour vous demander de nous aider, dans la limite de vos possibilités, à continuer sur notre lancée et rendre au beau mot de partage un sens non dérisoire.

 

Des Amis de la Commune de Tarnac (contact)

 

NB : Ceci est un appel à l'aide financière parce que, dans la séparation régnante, donner de l'argent est bien souvent le mieux que l'on puisse faire pour témoigner de son attachement à ce qu'existe quelque chose à quoi nous n'avons pas le loisir de participer. Il va de soi que ceux qui disposent des savoir-faire, de la liberté ou simplement du désir de nous aider de leurs mains, par leur participation directe, sont les bienvenus. Ils savent où nous trouver.

 

 

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lealyon 24/02/2011 10:48



Les faux-amis de la commune de Tarnac


http://paris.indymedia.org/spip.php?article4616



Louise 13/12/2010 21:40



Je ne peux pas participer mais je trouve que cet appel est à sa place ici et dans d'autres sites et souhaite qu'il rencontre, une fois situé l'objet collectif dans ces pages publiques, s'agissant
d'une commune associative qui par principe ne nomme pas de responsable, et non mandé par courriers personnels privés où par défaut de politesse aux destinataires qui par force ne sont pas
anonymes il n'assume pas d'une signature personnelle sa demande, des réponses assez lucratives pour pouvoir donner lieu à la réalisation du projet.



HectoR 13/12/2010 17:17



Ben pour un peu, on croirai que les amis de Tarnac (t'anarques) sont en concurrence avec l'Etat et les collectivités territoriales pour le developpement (beurk) du plateau !!! Donnez leur vos
impôts plutôt que de les verser à la collectivité. Certes le principe de la collecte d'impôts sert avant tout l'Etat, mais je ne vois pas en quoi un détournement concurrentiel représenterait une
avancée sociale.


Ah, elle est belle l'insurrection qui vient !



halala 13/12/2010 16:16



Pendant ce temps-là:


 


http://www.europe1.fr/France/Un-locataire-de-Coupat-menace-d-expulsion-295513/


 


Publié le 23 octobre 2010



Le locataire d'un local commercial à Paris appartenant à Julien Coupat, le leader du groupe de Tarnac, soupçonné d'avoir saboté des lignes TGV à l'automne 2008, est sous le coup d'une menace
d'expulsion pour loyers impayés, a-t-on appris samedi de source proche du dossier. Cette menace d'expulsion vise le locataire d'une papeterie située rue Ambroise dans le XIe arrondissement,
dont Julien Coupat est le propriétaire en titre. Julien Coupat est le principal mis en examen pour des actes présumés de terrorisme dans l'affaire du sabotage de lignes SCNF en novembre 2008.
Il a passé un peu plus de 6 mois en détention préventive, et a été remis en liberté le 28 mai 2009.


 



 


 


 


 


 



COj 10/12/2010 21:59



C'EST UNE BLAGUE OU QUOI ?