Le temps passe, les forces de l'ordre ne changent pas !

Publié le par la Rédaction

Parmi les pays qui se targuent d’être à la pointe de la démocratie, la France est au premier rang en matière de forces de l’ordre. Comme si cela ne suffisait pas, nos policiers et gendarmes s’avèrent être les plus rugueux pour utiliser un mot acceptable. Disposant d’un arsenal offensif redoutable, nos défenseurs de l’ordre public sont sans doute ceux qui utilisent volontiers cet armement qui ne devrait être que défensif. Il est vrai que, malgré leur nombre, tout comme leur capacité de nuire, les protecteurs actifs des institutions républicaines s’estiment être constamment en situation de légitime défense. Bien sûr, de temps à autre, il faut déplorer la mort d’un policier ou d’un gendarme. C’est un métier à risque limité, pourtant, car les bavures habituelles sont bien plus meurtrières. Comment ne pas constater que ces deux institutions sont en guerre contre les citoyens d’un pays, considérés comme globalement suspects. En témoignent ces nombreux fichiers policiers et, particulièrement ce STIC (Système de traitement des infractions constatées), qui rassemble près de 30 millions de noms, où l’on trouve côte à côte des coupables, des suspects, des témoins et des victimes, tous réunis dans une même machine à réprimer.

Ce constat n’a rien d’étonnant et, sans confondre les périodes et la finalité de la répression, les forces de l’ordre sont tout aussi pugnaces, tout aussi xénophobes, qu’elles pouvaient l’être, de l’été 1940 à l’été 1944. (Il est important de préciser quand même que, durant ces années noires, nos policiers et gendarmes, étaient également au service d’une abominable politique raciale.) De nos jours, les cerbères de la République se contentent de pourchasser les sans-papiers et les Roms. Ils trouvent cela normal puisqu’ils se contentent d’obéir sans défaillir aux ordres de leur hiérarchie. Expliquant même qu’ils ne font que leur devoir, comme tout fonctionnaire se doit de le faire. Sauf que la très grande majorité des fonctionnaires ne sont pas au service de la répression.

C’est à ce niveau qu’il ne faut pas manquer de rappeler que les dérives de nos forces de l’ordre n’ont jamais été jugées pour leurs forfaits. C’est ainsi qu’après la Libération, le procès de la police, qui s’était mise au service de la Gestapo, n’a jamais eu lieu, de même après les massacres du 17 octobre 1961, avec des Algériens pour victimes, et du 8 février 1962, à la station de métro Charonne. Comme les policiers ne sont jamais responsables, et pas davantage coupables, il n’y a jamais eu de repentance. On nous rappelle régulièrement au devoir de mémoire. Alors, n’oublions jamais ce passé répressif, tout en restant vigilant sur un présent préoccupant…

Maurice Rajsfus
Que fait la police ? no 40, mai 2010
Bulletin d’information anti-autoritaire.

 


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A.D. 26/04/2010 22:17



"Comment ne pas constater que ces deux institutions sont en guerre contre les citoyens d’un pays, considérés comme
globalement suspects." nous dit Maurice...


Arrêtez, par pitié de vous référez aux valeurs et aux catégories de la révolution bourgeoise, quand on parle le langage
du maître, des maîtres, on accepte ses jeux, ses citoyens et autre fadaises genre le conseil national de ceci-cela, on ne gagnera rien en se plaçant et en utilisant ces pauvres
chimères.


En connaissez-vous, des "citoyens" bourgeois, comme il faut, de respectables "citoyens" qui soient en butte à la bêtise,
et parfois à la violence policière ?


Assez de ressassement : "soyons vigilants", mais ça ne veut rien dire, rien de rien, des mots creux employés aussi bien
par les flics que par les gauchistes, aussi usés que "le devoir de..." je ne sais pas, le devoir du devoir devoir devoir, c'est inutile.


Aux chiottes les citoyens anyway.