Le Temps du sida

Publié le par la Rédaction


Selon le Rapport sur l’épidémie mondiale de sida 2008, quelque 25 millions de personnes sont mortes du sida depuis le début de l'épidémie. 33 millions de personnes vivantes étaient infectées en 2007. 2 millions de personnes sont mortes du sida en 2007 (vingt bombes d’Hiroshima). Le nombre global de personnes vivantes infectées a régulièrement augmenté, car de nouvelles infections se produisent chaque année et continuent à surpasser le nombre de décès dus au sida. L’Afrique australe est encore la région la plus touchée par le sida : 35% des infections et 36% des décès dus au sida en 2007 s’y sont produits.

Dans l’ensemble, l’Afrique subsaharienne abrite 67% de toutes les personnes contaminées. Dans sept pays d’Afrique australe (Afrique du Sud, Botswana, Lesotho, Namibie, Swaziland, Zambie et Zimbabwe), plus de 15% des adultes sont séropositifs.

En Asie, on estime à 5 millions le nombre de séropositifs en 2007, chiffre qui comprend les 380.000 personnes nouvellement infectées cette année-là. Quelque 380.000 personnes sont décédées de maladies liées au sida. Les épidémies en Indonésie, au Pakistan et au Viet-Nam sont en croissance rapide. Au Viet-Nam, le nombre de personnes infectées a plus que doublé entre 2000 et 2005. Les nouvelles infections sont également en augmentation régulière dans des pays très peuplés comme le Bangladesh et la Chine.

Le nombre d’individus infectés en Europe orientale et en Asie centrale a atteint 1,5 million en 2007 ; près de 90% des personnes infectées vivent soit en Fédération de Russie (69%) soit en Ukraine (29%). 110.000 personnes dans cette région ont été infectées en 2007, alors que 58.000 environ mouraient du sida. L’épidémie en Fédération de Russie (déjà la plus importante de la région) poursuit sa croissance. En Ukraine, le nombre de nouveaux diagnostics annuels de séropositivité a plus que doublé depuis 2001. Les chiffres annuels des nouveaux diagnostics notifiés sont également en hausse en Azerbaïdjan, en Géorgie, au Kazakhstan, au Kirghizistan, en Ouzbékistan (qui connaît maintenant l’épidémie la plus forte d’Asie centrale), en Moldavie, et au Tadjikistan.

En Amérique du Nord, le nombre de personnes vivantes infectées est en augmentation. En Europe occidentale, les nouveaux diagnostics de séropositivité sont en hausse, tout comme le total des personnes vivantes infectées.

Les jeunes entre 15 et 24 ans représentent environ 45% des nouvelles infections à l’échelle mondiale. 370.000 enfants de moins de 15 ans ont été infectés en 2007. Le nombre d’enfants de moins de 15 ans vivants contaminés est passé de 1,6 million en 2001 à 2 millions en 2007. Près de 90% d’entre eux vivent en Afrique subsaharienne.

Les mesures préventives et l’accès accru à la trithérapie ont permis de ralentir l’épidémie mondiale de sida, en aucun cas de l’éradiquer ou de guérir les malades. «Les mesures préventives proposées visent exclusivement à empêcher tout contact avec le H.I.V., et en aucune manière à réduire les effets immunodépresseurs de la malnutrition, de la pollution, du délabrement psychosomatique occasionné par la vie moderne, causes réelles de la récente flambée épidémique (…) Dans de telles conditions, on peut être assuré que seul un bouleversement considérable de ce système pourra réduire les cofacteurs de l’épidémie de sida. Bouleversement tel qu’il ne s’agit de rien de moins que d’un effondrement complet de notre actuelle civilisation.»
(Michel Bounan, Préface à la nouvelle édition du Temps du sida)

Jules Bonnot de la Bande, 30 novembre 2009.


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