Le squat politique "Les 1000 Dioux" expulsé !!!

Publié le par la Rédaction

 

 

«L’accès au logement pour chacun est un droit reconnu dans notre Constitution depuis 1946 et dans la loi depuis 1982, mais qui est encore bien trop souvent inappliqué. C’est pourquoi, tant à Caen qu’à Caen la Mer, nous en avons fait notre première priorité. La relance de la construction de logements, le développement d’outils d’aide à l’accession à la propriété ou à la location, la rénovation des logements dégradés sont autant de leviers sur lesquels nous agissons aujourd’hui pour permettre à chacun de trouver un logement conforme à ses attentes.» 
Philippe Duron,
Maire de Caen,
Expulseur de squats.

 

À 17 heures, le squat politique «Les 1000 Dioux» a été expulsé. Rendu public le matin même, ce lieu était occupé depuis le 1er janvier. Cette expulsion est donc complètement illégale (une fois de plus) au vu de l’article 432.8 du code pénal, et du délai de 48 heures d’occupation pour être inexpulsable, à moins d’une procédure au Tribunal d’Instance. Alors que ce hangar était vide depuis des années (environ 5 ans), cette expulsion est bien entendue POLITIQUE, le propriétaire n’ayant aucun projet sur ce lieu. Ce dernier utilisait ce hangar pour une entreprise familiale d’électricité «Daligault», avant de déménager à Carpiquet il y a quelques années. Cette entreprise est en très bonne santé : 154'000 euros de capital social, de 2,18 millions d’euros en 2006 à 2,6 millions d’euros en 2009 de chiffre d’affaire (et de 46 à 38 salarié-e-s !). Ce bâtiment est donc laissé vacant pour nourrir la spéculation immobilière, alors que des gens sont à la rue et que nous sommes en pleine période d’hiver. Il est clair que, comme d’habitude, des expériences collectives dissidentes sont prises pour cible par le pouvoir, bailleurs sociaux, Préfecture et Mairie main dans la main. Huit personnes ont été arrêtées et subiront un rappel à la loi. Rappelons que le Pavillon Noir, squat politique, a été expulsé cet été par la Mairie «socialiste»-gauche plurielle. Calvados et Caen Habitat (deux des plus gros propriétaires de logements vides de la ville de Caen) ont expulsé plusieurs squats d’habitation en 2010 et ce de manière illégale, tout comme Caen la Mer qui en a expulsé au moins un dans le courant de l’année.

 

Pourquoi occupons-nous ? Pour y expérimenter collectivement des formes de rapports plus libres et plus égalitaires, pour imaginer d’autres manières de vivre non marchandes et sans hiérarchies. C’est notre façon d’être vivantEs dans un monde mortifère. C’est aussi pour ouvrir des espaces et créer des moments de coordination, de rencontres pour nous organiser, prendre part aux luttes sociales et pour avoir un point d’appui à nos révoltes que nous avons décidé d’occuper. Ce lieu était aussi le logement de plusieurs personnes : alors que les loyers augmentent de plus en plus, comme la précarité, il est bien légitime d’habiter les logements laissés vacants.

 

En effet, l’INSEE recense pour la ville de Caen en 2007 plus de 3000 logements vides, soit 5,3% du parc immobilier. Les loyers sont exorbitants, obtenir un logement social (souvent cher et réservé aux classes moyennes) relève du parcours du combattant. C’est aussi une facette de la guerre aux pauvres.

 

ENCORE UNE FOIS, TOUTE VOIE DISSIDENTE

SUBIT LA RÉPRESSION D’UN POUVOIR

TOUJOURS PLUS ÉLOIGNÉ DE NOS ASPIRATIONS.

Le système capitaliste va dans le mur ;

les capitalistes veulent nous y entraîner avec lui !

 

Comme d’habitude ici, mais aussi partout ailleurs, tout ce qui relève d’une volonté collective de s’opposer au bon ordre social et de créer de nouvelles façons de vivre est brisé. Dernièrement, la loi LOPPSI 2 sur la sécurité intérieure renforce le flicage et la domestication quotidienne de toute une partie de la population et s’en prend à tout mode de vie jugé déviant. L’arsenal judiciaire, pénal et répressif est largement renforcé et vient s’ajouter à toutes les pratiques et procédures contre les insoumisEs et les pauvres. Cette loi s’inscrit dans un contexte de politiques et pratiques largement xénophobes et sécuritaires : expulsions massives de sans-papiers, de Roms, gens du voyage, sans oublier la nouvelle loi Besson, la cinquième loi en sept ans, qui vient renforcer un dispositif français anti-migratoire déjà très bien avancé.

 

D’ores et déjà, nous allons organiser la riposte ! Des actions vont avoir lieu ; d’autres expérimentations sociales comme celle-ci continuent et recommenceront. Parce que nous n’en avons pas fini avec ce qui détruit nos vies, vous n’avez pas fini d’entendre parler de nous. Rien n’est fini, mais tout commence…

 

SOLIDARITÉ CONTRE TOUTES LES EXPULSIONS !

GUERRE SOCIALE !!

 

Le collectif «Les 1000 Dioux» (en exil) - contact.

 


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