Le squat du Pont du Cens expulsé à Nantes

Publié le par la Rédaction

La révolte, un ton encore plus haut

Les quinze squatters ont franchi une nouvelle marche dans la lutte contre les expulsions de logements vides.

Ils ont plié. Les quinze squatters du Pont du Cens ont accepté de lever leur siège hier à 17 heures. Mais à coup sûr, ils viennent d’expérimenter «de nouvelles formes de résistance» qu
ils éprouveront lors de prochaines expulsions. En matinée, le groupe damis avait gagné le toit de la maison quil occupait depuis le mois doctobre, bâtisse inhabitée située route de Rennes. Les jeunes, âgées dune vingtaine dannées, sont descendus indemnes, sous étroite surveillance. Depuis 9h30, un imposant dispositif de sécurité était déployé. Une trentaine de policiers, des pompiers et même les hommes du Grimp (groupe de reconnaissance et dintervention en milieu périlleux).

Le face-à-face était périlleux. D
un côté, des forces de lordre ayant reçu lordre du préfet dévacuer les lieux après jugement du tribunal. De lautre, les squatters juchés sur le faîte de la bâtisse, réfugiés en posture délicate dans des cabanes improvisées à une dizaine de mètres du sol. Bras de fer se disputant sous les yeux de nombreux passants, automobilistes mais aussi amis des squatters, militants du Droit au logement ou de la Ligue des droits de lHomme.


Négociation serrée

Inévitablement, la négociation a été tendue. À tout moment, ce qui pouvait presque passer pour un joyeux manifeste, visant à contester l
expulsion et à revendiquer le droit doccuper des logements vides, pouvait basculer. Faux-pas et glissades interdits, tout comme le déclenchement dun mouvement de panique sur le toit inopiné.

Le décor s
est figé six longues heures. Avec des coups de stress superflus, à linstar du coup de boule bêtement décoché par lun des responsables du chantier immobilier à un militant pro-squat, au cours dune discussion sur le trottoir.


Pas de gardes à vue

Après s
être entretenus avec leur avocat, Me Stéphane Vallée, les insoumis ont accepté de capituler en fin daprès-midi. Ils ont été conduits au commissariat de Waldeck-Rousseau pour être auditionnés. Pas de garde à vue, pas de prélèvement ADN. Une poignée de minutes plus tard, ils sont sortis libres. Les rapports de police ont été transmis au procureur de la République qui étudiera lopportunité dengager des poursuites.

Ironie du sort : lundi matin, le groupe d
amis a rendez-vous au tribunal de grande instance de Nantes. Laudience prévue naura plus quune portée symbolique : les jeunes avaient initialement saisi le juge pour obtenir un ultime sursis avant dêtre mis dehors de la maison de la route de Rennes.

Leur presse (Presse-Océan), 23 janvier 2010.

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hehe 24/01/2010 03:50


Solidarité. Bravo. Dommage.