Le Spectacle au Portugal

Publié le par la Rédaction




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«Tous les amis au Portugal sont en prison. Comme tu penses, l’éditeur portugais de mon livre n’est plus en état de l’éditer.»
Lettre de Guy Debord
à Gianfranco Sanguinetti, 13 avril 1971.


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Lettre recommandée de Guy Debord
à Fernando Ribeiro de Mello
[Directeur des Éditions Afrodite de Lisbonne]

Paris, le 15 mai 1971

Cher Monsieur,

Francisco Alves [Réfugié politique cotraducteur avec Afonso Monteiro de La Société du spectacle.] m’a communiqué votre lettre du 7 mai.

Je vous donne mon accord pour l’édition portugaise de mon livre La Société du spectacle ; à la seule condition que le texte publié soit exactement celui de la traduction que vous remettra mon ami Alves, sans aucune modification. J’ai moi-même collaboré à la vérification de cette traduction.

Je vous confirme que vous n’aurez pas à payer de droits de propriété littéraire. Je vous abandonne mes droits d’auteur.

D’autre part, vous ne devrez rien payer à l’éditeur français Buchet-Chastel qui avait le premier copyright de ce livre en 1967. Dans une troisième édition française, qu’il vient de publier récemment, Buchet-Chastel a ajouté sans mon autorisation un sous-titre de son invention au titre de mon livre ; ce qui est une rupture patente du contrat que nous avions signé ensemble. Ainsi donc Buchet-Chastel n’est plus mon éditeur.

Avec toute ma sympathie pour votre courageuse entreprise d’édition.

Guy Debord


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Lettre de Guy Debord à Francisco Alves

Vendredi 10 mars [1972]

Hélas non, mon cher Chico, je suis tout à fait hors d’état de te donner cette somme. mais si je me trouve prochainement un peu enrichi, je ne manquerai pas de te le faire savoir.

Nous attendons Antónia [Monteiro-Aránjo]. Amitiés,

Guy


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Lettre de Guy Debord à Afonso Monteiro

31 mars 72

Cher Afonso,

On regrette fort de n’avoir pas vu Antónia à son dernier passage ici. Bien souvent les personnes que l’on attend s’égarent ; et en revanche un tas d’autres que l’on ne veut pas du tout voir essaieraient de nous imposer leur présence. Comme c’est révoltant ! Les pistes de la vie quotidienne sont encore souvent obscures. Mais on les éclairera bientôt.

On espère qu’une prochaine fois Antónia saura trouver le centre de Paris. Dis-lui de n’écouter personne qui l’en dissuaderait.

Amitiés,

Guy, Alice


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Lettre de Guy Debord à Afonso Monteiro

Le 14 avril 72

Cher Afonso,

On a bien reçu ton chèque. Merci beaucoup.

Rita [La fille d’Afonso et Antónia.] nous a déjà charmés. Décidément, nous devons apprendre le portugais.

As-tu des nouvelles de la parution du Spectacle à Lisbonne ? Dans le prochain livre qui va paraître — et que tu vas recevoir vers la fin du mois — j’ai déjà cité l’édition portugaise comme faite. Normalement on publie un livre une dizaine de jours après la correction des épreuves, et il me semble que de Mello a les épreuves depuis deux mois. Mais les a-t-il reçues ? J’ai écrit à Leonor pour qu’elle lui pose la question par téléphone. Mais je n’ai pas eu encore de réponse.

Parmi les gens que nous connaissons ici, il s’est produit récemment quelques claires manifestations des grosses bêtises et des petites déloyautés qui caractérisent le minable milieu pro-situ. Je les traiterai en conséquence. J’espère que j’aurai l’occasion de t’en parler ; et que nous nous comprendrons.

Amicalement à toi, et à Antónia,

Guy


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«Je n’ai pas encore de nouvelles de la parution du Spectacle chez Fernando de Bentley [«Bentley» pour «Lisbonne», où Gianfranco Sanguinetti avait laissé sa voiture à réparer.] (mais j’avais vu ici les épreuves corrigées en février).»
Lettre de Guy Debord
à Gianfranco Sanguinetti, 18 avril 1972.



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