Le Figaro pleure, le Medef va craquer : ne lâchons rien !

Publié le par la Rédaction

 

«Irresponsables», «jusqu’au-boutistes», «radicalisés» ? Certes, mais la faute à qui ? C’est maintenant ou jamais !

 

 

«La facture des grèves s’alourdit», pleure Le Figaro. «Verdict : la facture serait de 200 à 400 millions d’euros par jour de grève. Soit un coût de 1,6 milliard à 3,2 milliards pour les huit journées de perturbations subies. (…) Une chose est sûre, si l’impact est différent selon les secteurs, les PME sont les premières touchées. Président de la CGPME, Jean-François Roubaud se désespère : «Le BTP sera bientôt obligé de fermer des chantiers faute de matières premières, explique-t-il. La timide reprise économique est presque anéantie par ces mouvements qui tiennent plus du terrorisme économique que du droit de grève.» Le Medef dénonce des «dysfonctionnements graves». Et la Pravda sarkozyste d’égrainer les chiffres : «Industries chimiques : 33 millions par jour, Air France : 5 millions par jour». Pour faire bonne mesure, elle ajoute : «Commerce : l’inquiétude grandit» et «Hôtels et restaurants pénalisés».

 

Eh oui, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Et qui force le mouvement à la radicalisation, sinon le gouvernement qui refuse de fléchir ? Avec leur majorité parlementaire qui date de Mathusalem, faisant mine de ne pas voir que Sarkozy est aujourd’hui le président le plus rejeté (haï, abhorré, honni, biffer les mentions inutiles) de l’histoire de la cinquième République, et que leur contre-réforme des retraites est rejetée par la grande majorité des Français, ils se dépêchent de la faire voter à coups de «vote unique», venant ensuite nous dire, la bouche en cœur : «C’est la loi de la République, rentrez tous chez vous». Et ils espèrent que ça va passer ? On le sait : la seule chose qui les motive est le profit, bien juteux, dont ils se gavent jusqu’à la nausée. C’est là qu’il faut les frapper. C’est là qu’ils capituleront, quand le coût sera trop exorbitant. Alors on continue, on ne lâche rien. Respect, soutien et solidarité aux courageux travailleurs en grève, qui mènent ce combat pour l’ensemble des exploités du système capitaliste libéral, qui autorise «les marchés» et «les agences de notation» — élus par qui ? — à imposer leurs réformes au peuple qui souffre, qui ne s’en sort plus, qui perd sa vie à essayer de la gagner.

 

«C’est Monsieur Medef-Picardie, désormais, qui cause : lui aussi déplore les “blocages” — “tout cela est fort dommageable” — mais il estime, désormais, que “la lisibilité de la loi est en train de disparaître”» (Jean-Jacques Blangy, Courrier picard, 18/10/10). En gros, le patronat picard est en train de tourner casaque : cette réforme lui coûte désormais trop cher. Des appels au secours dans ce genre, le Medef doit en recevoir de partout, de Marseille bien sûr, mais aussi de Rouen, de Nantes, de Toulouse, etc. Du coup, ce mardi, Madame la Medef, Laurence Parisot, change de discours : «Très inquiète» pour les «petites entreprises» (ça fait mieux que pour le CAC 40), elle souhaite l’«apaisement» (Les Échos, 19/10/10). En gros, que Nicolas Sarkozy et les élus UMP fassent marche arrière sur le projet… Bref, c’est pas le moment de mollir : on peut leur mettre une raclée», analyse l’indispensable Fakir. C’est la seule solution. La souveraineté doit appartenir au peuple, pas à des élus corrompus, élus grâce à l’argent soustrait au fisc de comptes planqués en Suisse (merci Mamie Bettencourt) et vendus à la bande du Fouquet’s. L’épreuve de force, ce sont eux qui nous l’imposent. Mais nous sommes des millions : c’est nous qui gagnerons.

 

Plume de presse, 25 octobre 2010.

 


Publié dans Colère ouvrière

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