Le 16 septembre : Relaxe des quatre prévenu-e-s de Tours !

Publié le par la Rédaction

POUR LA LIBERTÉ D’EXPRESSION ET CONTRE LA CENSURE D’ÉTAT - RELAXE DES QUATRE PRÉVENU-E-S DE TOURS - DÉBOUTONS HORTEFEUX

 

PROCÈS DE QUATRE MILITANTS LE 16 SEPTEMBRE 2010 À TOURS

 

Le 30 avril 2010, le Ministre de lIntérieur portait plainte contre X à propos dun communiqué de presse intitulé «LES BALEINIERS», signé de SOIF DUTOPIES et de RESF 37. Ce texte faisait état de forts soupçons concernant l’utilisation, par les préfectures d’Indre-et-Loire, d’Ille-et-Vilaine et de Guyane, du fichier «Base-élèves» pour le repérage des parents sans-papiers, traitant ainsi les enfants comme des appâts, pour organiser l’expulsion du territoire de de ces familles. Ce communiqué précisait en outre que ces pratiques de chasse à l’enfant rappelaient celles de la police de Vichy.

 

Hortefeux entend interdire toute comparaison historique entre des comportements actuels de certains fonctionnaires préfectoraux, de la police ou de la gendarmerie, et ceux que lon a connu pendant la Seconde guerre mondiale en France. Pour lui, comparaison vaut diffamation. C’est ainsi que, récemment, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a porté plainte pour «outrage» contre six personnes qui, choquées par les conditions darrestation dune famille sans-papiers, ont voulu alerter les autorités en faisant un rapprochement avec certaines pratiques employées sous loccupation. Elles ont comparu devant le tribunal de Pau le 11 juin 2010. Le délibéré du procès sera rendu le 12 août prochain.

 

Faire ces comparaisons, ce n’est pas affirmer que Pétain est de retour, que Sarkozy,  c’est Pétain ou que Hitler se cache derrière le masque de Le Pen… Comparer des situations, cest sinterroger sur des processus, qui amènent des comportements et justifient des pratiques de certains fonctionnaires, en prenant appui sur lexpérience historique que représente le régime de Vichy. Cest interroger lévolution des politiques de «gestion des flux migratoires», qu’elles s’appellent «immigration choisie» ou «politique des quotas». Cest questionner la mise en œuvre de la politique du chiffre, traduction concrète d’une xénophobie d’État. Cest sinterroger sur lutilisation de fichiers comme celui de «Base-élèves» à des fins non pédagogiques. Comparer nest pas synonyme damalgamer ! Dans ce contexte, comparer nest pas plus diffamer.

 

Que le Ministre pense que ces comparaisons nont pas lieu dêtre ; que la politique et les méthodes de la chasse aux sans-papiers nont aucune résonance avec notre passé…, cest son opinion. Comme toute pensée, celle-ci peut être débattue. Mais nous n’acceptons pas qu’il décide de censurer ces débats en poursuivant pénalement toute personne pour qui les comparaisons historiques sont des éléments de réflexion sur lévolution de la société. Cest là lenjeu principal du procès du 16 septembre fait à deux militants de SOIF DUTOPIES et deux militants de RESF 37 appelés à comparaître devant le Tribunal correctionnel de Tours.

 

Ce faisant, le Ministre traite en délinquants les militants qui expriment leur solidarité envers les immigrés, luttent pour louverture des frontières, la liberté de circulation et dinstallation, la fermeture des camps de rétention et leur disparition. À travers ce procès, le pouvoir tente de criminaliser les mouvements sociaux pour intimider et réprimer les acteurs de cette contestation.

 

Si le tribunal nous condamne, il entérinera la censure que veut imposer le Ministre de lintérieur. Nous n’accepterons pas de voir empêché le travail de mémoire, et les réflexions qu’il suscite. Nous condamner serait condamner le travail historique de comparaison. Nous refusons le diktat idéologique qui voudrait réduire l’analyse historique aux commémorations officielles qui nont dautre fonction que de produire une histoire «lisse» et déculpabilisante, sans interroger son contenu et le sens qui sen dégage.

 

Nous refusons quà travers les poursuites judiciaires qui sont intentées contre nous se poursuivent lintimidation des militants et la criminalisation des luttes sociales.

 

LE 16 SEPTEMBRE : RELAXE DES QUATRE PRÉVENU-E-S DE TOURS

HORTEFEUX DOIT ÊTRE DÉBOUTÉ !

 

Tours, le 10 juillet 2010
Les quatre prévenu-e-s du 16 septembre

 

 

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LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR PORTE PLAINTE

NON AU REFOULEMENT DE L’HISTOIRE

 

Le Ministre de lintérieur vient de porter plainte contre X à propos dun communiqué publié le 12 février 2010 par le collectif SOIF DUTOPIES et RESF 37, intitulé «Les Baleiniers», qui dénonçait l’utilisation du fichage des enfants dans les écoles pour repérer les sans-papiers.

 

«Cette technique de chasse aux enfants a eu son heure de “gloire” pendant une des périodes les plus sombres de notre histoire contemporaine. Les nervis de Vichy ont en effet utilisé les enfants pour pouvoir aider à la déportation de ces derniers et de leurs parents. 
Il semblerait que certains fonctionnaires préfectoraux, particulièrement zélés, sinspirent de nouveau de la chasse à la baleine. Actuellement, les fichiers, comprenant la liste des élèves et leur adresse (par exemple Base élèves), sont constitués dans chaque établissement. Certains fonctionnaires préfectoraux interviennent auprès des directeurs détablissement pour que ceux-ci leur transmettent la nationalité des parents. Cest illégal ! Il y a de réels soupçons en Guyane, en Ille-et-Vilaine et en Indre-et-Loire.»
(extrait du CP «Les Baleiniers».)

 

Le 16 février 2010, la préfecture d’Indre-et-Loire répondait par un communiqué. Elle affirmait quelle «[…] na jamais interrogé les directeurs détablissements scolaires pour connaître la situation de leurs parents ressortissants étrangers. Cette consultation serait en tout état de cause inutile puisque le fichier national des étrangers AGDREF (Application de Gestion des Dossiers des Ressortissants Étrangers en France) auquel la préfecture a accès fournit tous les renseignements utiles à la connaissance du dossier de létranger.»

 

Ainsi donc, l’État serait en mesure de connaître lensemble des personnes sans papiers vivant en France. Tous les «clandestins» seraient donc fichés ? C’est là un gros mensonge et une pure forfanterie, puisque, par définition, toute personne entrée clandestinement sur le territoire français et nayant pas encore entamé de procédure de régularisation, ne peut être inscrite dans ledit fichier. Personne aujourd’hui, et l’État moins que quiconque, ne peut donner le nombre exact de «clandestins» — seulement des estimations qui ne sont que des supputations.

 

En Indre-et-Loire, deux directeurs décole ont été sanctionnés parce quils refusaient dinscrire les données demandées dans le fichier «Base-élèves». Dans dautres départements, plusieurs responsables décole ont aussi été sanctionnés. Si ce fichier était si anodin pour le pouvoir, pourquoi sanctionner les enseignants ?

 

Le président de lassociation CHRÉTIENS-MIGRANTS (elle na pas signé le communiqué incriminé), a été convoqué le 20 avril 2010 au commissariat de Tours, pour enquête. Selon lui, les policiers chercheraient à connaître les noms des rédacteurs de ce communiqué au contenu diffamatoire, selon le ministre de l’Intérieur. Il ne supporterait pas la comparaison de certaines pratiques policières actuelles avec celles du gouvernement de Vichy.

 

Sans doute le ministre, par ailleurs élu d’une région qui comprend Vichy au nombre de ses villes illustres, veut-il soustraire de la mémoire collective laspect symbolique de cette ville, devenue entre juillet 1940 et septembre 1944 la capitale de la collaboration avec le régime nazi. Ce ne sont pas ses propos racistes sur «les Auvergnats» (mais il faut entendre «les Arabes») qui contribueront à effacer de l’histoire ce régime antisémite et xénophobe ! Établir une comparaison n’est pas pratiquer l’amalgame. Par définition, la recherche historique est peu ou prou comparatiste. Refuser la comparaison conduit inévitablement à mutiler la recherche historique et donc à refouler toute interrogation sur le présent et les avenirs possibles au regard de lexpérience historique. Cest bien sous couvert du Ministre de lintérieur que des policiers arrêtent des parents sans papiers venus chercher leurs enfants à la sortie de lécole, comme le faisaient des policiers aux ordres du Ministre de lintérieur du gouvernement de Vichy !

 

On ne peut quêtre intrigué par le fait que ce soit le ministre en personne qui porte plainte. Dans des affaires analogues, ce sont les préfets qui font appel à la justice lorsquils estiment que le représentant de l’État est diffamé.

 

Au vu de la situation en Indre-et-Loire, il aurait été sans doute difficile pour le préfet de porter plainte en personne. Celui-ci vient d’être condamné 14 fois, depuis le mois de novembre 2009, par le Tribunal Administratif dOrléans pour manquement à ses obligations légales d’hébergement de 14 familles et célibataires demandeurs dasile. Il a de plus été condamné, le 12 avril 2010, à une astreinte de 200 € par jour parce quil ne remplissait pas les conditions que lui impose le jugement du TA par rapport à l’une de ces familles. Le 21 avril, le juge des référés la de nouveau condamné à 3 autres astreintes pour 3 familles.

 

Le 23 avril 2010 une plainte pour «non assistance à personnes en danger» contre le même préfet et contre X a été déposée auprès du procureur du Tribunal de Tours par une famille. Elle était demandeuse dasile et souhaite maintenant obtenir un titre de séjour pour raisons médicales. Bien que certains des membres de cette familles connaissent d’évidents et graves problèmes de santé, nécessitant des hospitalisations, les services préfectoraux les laissent à la rue et les associations en charge de lhébergement à Tours font de même.

 

Dun côté, un ministre estime quun préfet (donc l’État) est diffamé lorsque des comparaisons historiques sont faites ; de lautre, ce même préfet, représentant de l’État, bafoue les lois, la Convention de Genève, et la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

 

Comment se fait-il que ce gouvernement, si pointilleux sur sa politique sécuritaire, soit aussi peu enclin à enjoindre à ses représentants de respecter les droits des personnes ? Comment se fait-il que nous soyons obligés de faire appel à la Justice afin que l’État remplisse ses obligations légales ?

 

On peut sétonner également quil ait fallu deux mois pour que le Ministre estime nécessaire de déposer plainte à propos dun communiqué. Est-ce le fait dimposer à la préfecture dIndre-et-Loire de respecter le droit dasile qui, en fin de compte, soit si gênant pour le pouvoir ? Le gouvernement craint-il lextension, voire la généralisation, dans tous les départements, de cette lutte pour laccueil digne et décent des demandeurs dasile ? Quoi quil fasse, cet élargissement sopère : déjà dans plusieurs départements des démarches similaires à celles initiées collectivement à Tours sont entreprises. Il y a tout lieu de penser que les préfets seront condamnés pour les mêmes raisons, lapplication de 3 arrêts du Conseil d’État imposant aux préfectures dassurer lhébergement des demandeurs dasile et de leur fournir les moyens de se nourrir et de se vêtir.

 

Une militante du collectif SOIF DUTOPIES est convoquée au commissariat de Tours le 4 mai 2010.

 

Nous exigeons larrêt de toutes les poursuites dans le cadre de cette plainte contre X.

 

Nous luttons et lutterons sans cesse pour le respect du droit dasile, pour lobtention des papiers pour tous, la liberté de circulation et dinstallation, la fermeture et la disparition des camps de rétention et un logement pour tous.

 

Tours, le 3 mai 2010
COLLECTIF SOIF D’UTOPIES (contact)

 

 

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LES BALEINIERS !

 

Ces chasseurs de mammifères marins, pour arriver à leurs fins, s’en prenaient parfois aux baleineaux pour attirer à eux «les parents baleines».

 

Cette technique de chasse aux enfants a eu son heure de «gloire» pendant une des périodes les plus sombres de notre histoire contemporaine. Les nervis de Vichy ont en effet utilisé les enfants pour pouvoir aider à la déportation de ces derniers et de leurs parents.

 

Il semblerait que certains fonctionnaires préfectoraux, particulièrement zélés, sinspirent de nouveau de la chasse à la baleine. Actuellement, les fichiers, comprenant la liste des élèves et leur adresse (par exemple Base élèves), sont constitués dans chaque établissement. Certains fonctionnaires préfectoraux interviennent auprès des directeurs détablissement pour que ceux-ci leur transmettent la nationalité des parents. Cest illégal ! Il y a de réels soupçons en Guyane, en Ile et Vilaine et en Indre et Loire.

 

Nous nous inquiétions, dans le contexte xénophobe actuel, de lusage des dits fichiers.

 

Ne vont-ils pas servir, à travers les enfants, de moyen darrêter, de placer en rétention, dexpulser des familles sous prétexte quelles nauraient pas de papiers ?

 

Nous ne pouvons accepter cette chasse à lhomme, cette instrumentalisation des enfants et de leurs enseignants. Aucun être humain ne doit devenir un gibier pour l’État !

 

Nous appelons les enseignants, les directeurs détablissements scolaires, les parents délèves et tous ceux qui refusent la traque des êtres humains à se mobiliser :

— De ne répondre à aucune demande de cet ordre de la part des préfectures, 
— À manifester leur solidarité devant les établissements scolaires, 
— À exprimer auprès des préfectures leur opposition à l'emploi de ces méthodes de sinistre mémoire.

 

Nous organisons une conférence de presse le JEUDI 18 FÉVRIER 2010 À 14 HEURES DANS LES LOCAUX DE LASSOCIATION CHRÉTIENS-MIGRANTS 4 allée de Luynes 37000 Tours.

 

Collectif SOIF DUTOPIES - RESF 37, 12 février 2010.

 


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pote.a.boris 13/08/2010 12:40



la au moin on est sur d'une chose : c'est de la politique clairerement raciste ?!