La vérité sur le Carnaval de Montpellier

Publié le par la Rédaction

La jeunesse alternative montpelliéraine au peloton d’exécution

Mardi 16 février se déroulait comme toutes les années depuis 14 ans le carnaval nocturne à Montpellier. Appelé parfois «Karnaval», «Carnaval des gueux» ou «Carnaval alternatif» cet événement regroupe depuis des années une bonne part de la jeunesse alternative de Montpellier et de ses alentours. Cette année la déambulation carnavalesque fut remplacée par une exécution sommaire.

Agissant sous réquisition du procureur de la République la police a commencé à contrôler et interpeller certaines personnes bien avant que Karnaval commence. Certains chars ont étés confisqués à la sortie du squat alternatif «La Crève» avec violence, dont le roi Carnaval, icône brulée chaque année à la fin de l’événement. Alors que les éditions précédentes avaient pu exister jusqu’à une heure du matin avant d’être dispersées par la force cette année la chasse à l’alternatif avait remplacé la fête. Dès 21 heures des contrôles inopinés et certaines arrestations ont commencé. Une pseudo-organisation avait volontairement amené le cortège à la Comédie pour tenter d’avorter l’existence même de ce carnaval nocturne. Un carnaval peut il être nocturne s’il commence à 19 heures et finit à 21 heures ?

Le Karnaval devait continuer à vivre. Même sans roi Karnaval il fallait poursuivre la soirée, que les batucadas jaillissent, que le chant, la danse et la musique enflamment la ville. Le cortège s’est donc remis en route dans les petites ruelles du centre-ville. Mais la police ne l’entendait pas ainsi. Très rapidement les carnavaliers furent parqués, totalement encerclés par la police. S’en est donc suivie une course poursuite dans les ruelles. Les gaz fusaient de toutes parts, les coups de matraques pleuvaient sur les fêtards et ajoutaient au sinistre. Sous une pluie incessante les grenades lacrymogènes explosaient dans les rues. Sur le passage des carnavaliers les Montpelliérains fermaient les yeux, fermaient les volets, pour ne surtout pas voir ce qui était en train de se passer. La police ne s’attaquait pas aux quelques rares taggeurs mais bel et bien à tout les festivaliers. S’en suit quatre heures d’affrontements entre les forces du désordre et la jeunesse alternative montpelliéraine. Enragés par les coups reçus certains ont commencé à déplacer des voitures pour ralentir la progression de la police. Mais même si la rage était là l’énergie ne suivit pas. Fatigués, moralement épuisés, souvent blessés les carnavaliers ne purent tenir leurs positions au centre-ville. À 23h30 la police finit par les déloger du centre de Montpellier. La course poursuite continua sur le périphérique puis cours Gambetta. Des jeunes fêtards furent séparés de force et passés à tabac, plusieurs interventions des pompiers ont dû avoir lieu, dont l’une par exemple pour un jeune homme dont le crâne était abondement ouvert par un coup de matraque télescopique.

Contrairement aux dires des rares médias qui en parlèrent il y eu plusieurs arrestations et un certain nombre de blessés, difficilement comptabilisables vu la dispersion chaotique des carnavaliers paniqués par la fureur incontrôlable des policiers fascisants qui les frappaient en souriant à pleine dents. Après la récente fermeture nocturne du parc du Peyrou, le matraquage en règle du Karnaval s’avère être le symbole de l’extermination pure et simple du milieu alternatif montpelliérain.

Dès lors un mouvement de résistance commence à s’organiser. Le but ? Inviter le plus de personnes possibles à rejoindre le mouvement karnavalesque l’année prochaine car si ils tentent de tuer le Karnaval c’est à nous tous de continuer à le faire vivre. Karnaval à Montpellier c’est un mouvement sans tête, c’est les différents milieux alternatifs qui se regroupent, ne consomment pas et font la fête tous ensemble, et ça, ça fait peur. Les saltimbanques dans les rues ça gène. Alors que l’an prochain la jeunesse et la non-jeunesse alternative et/ou militante du Languedoc, du Sud, de France, du monde, se joignent à Karnaval pour se réapproprier les rues !

Le Lémurien, 20 février 2010.


«Midi Libre» ment ! Le démenti du Lémurien !

Comme toujours la presse locale fait de même que la nationale, lorsqu’elle ne dissimule pas elle déforme ! Voici donc l’article du Midi Libre dont vous trouverez l’original ici que je vais démentir point par point.

Leur presse :

Carnaval : Affrontements entre anars et policiers
Comme les précédentes années, des incidents ont émaillé le traditionnel carnaval, dit alternatif, qui s’est déroulé mardi soir dans les rues de l’Écusson.
Déjà, juste avant le début du défilé, les forces de l’ordre, sur réquisition du procureur de la République, ont effectué des contrôles dans le secteur de La Poste Rondelet, en fait non loin du squat révolutionnaire de la rue Ernest-Michel surnommé «Crève» par ses occupants.
Trois chars ont été interceptés : selon le commissariat, ils contenaient des dizaines de bouteilles de bière vides et des dizaines de petits ballons de baudruche remplis de peinture, autant de projectiles dont certains carnavaliers, catégorisés anars, auraient pu faire usage. Puis, vers 22 heures, alors que des cars de police occupaient les principales places (Sainte-Anne, Candolle…) où se termine traditionnellement le défilé, des affrontements, qui n’ont pas fait de blessé, ont opposé les forces de l’ordre — pressées de repousser les «gueux» à l’extérieur du centre-ville — et une centaine de personnes déguisées. Le groupe a multiplié les tags, notamment sur les murs du McDo de la Comédie, ce qui a provoqué des échauffourées avec les vigiles du fast-food.
Puis sur le cours Gambetta et vers Figuerolles, les jeunes ont déplacé des voitures et jeté des cannettes sur les policiers, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes. Il n’y a pas eu d’interpellation.


Mon démenti :

Pour démentir réellement cet article il ne suffit pas seulement d’énoncer une autre vision des faits comme cela a été fait ici et mais bel et bien de répondre à la calomnie par le démenti. Donc je vais répondre à chaque phrase de cet article.

Le titre tout d’abord : «Carnaval : Affrontements entre anars et policiers».

Ce titre est évidement calomnieux pour deux raisons principales, tout d’abord il assimile les anarchistes au carnaval, hors même si effectivement le milieu anarchiste de Montpellier est présent à chaque édition de ce carnaval, le carnaval n’est pas composé que d’anarchistes, loin de là. Karnaval à Montpellier c’est le regroupement de différents milieux alternatifs, c’est justement le seul jour de l’année où les anarchistes rangent les drapeaux. Cette assimilation vulgaire vise évidement à discréditer Karnaval car l’image des anarchistes est bien plus facile à stigmatiser pour la presse que les multiples milieux alternatifs montpelliérains.

La deuxième raison qui rend ce titre calmonieux est le terme «affrontement». En effet lorsque des hommes armés traquent, tapent, matraquent, gazent, grenadent des hommes et des femmes désarmés qui ne font que faire la fête, je n’appelle pas ça un affrontement, j’appelle ça une extermination, une exécution, une traque… mais pas un affrontement. Ce terme impliquerait que nous opposions une résistance égale, soit que nous étions armés et dangereux pour leur sécurité, ce qui n’était pas le cas.

Avançons un peu dans l’article.

Comme les précédentes années, des incidents ont émaillé le traditionnel carnaval, dit alternatif, qui s’est déroulé mardi soir dans les rues de l’Écusson.
Déjà, juste avant le début du défilé, les forces de l’ordre, sur réquisition du procureur de la République, ont effectué des contrôles dans le secteur de La Poste Rondelet, en fait non loin du squat révolutionnaire de la rue Ernest-Michel surnommé «Crève» par ses occupants.

La encore plusieurs problèmes. Aucun incident n’a émaillé le carnaval, c’est une attaque en bonne et due forme qui a été lancée contre Karnaval. Il ne s’agit pas de quelques affrontements entre certaines personnes et la police mais bel et bien la police qui a traqué tout participant au carnaval, sans distinction d’âge, de sexe, d’opinion politique ou d’implication dans un quelconque délit. Pour ce qui est des contrôles autour du squat «La Crève» [et non «Crève», preuve que ces idiots de journalistes ne savent même pas reveler un nom correctement] il s’agit d’un double coup, d’une part en s’attaquant à des personnes impliquées dans l’organisation de Karnaval mais également à un lieu qui gène à Montpellier et qui a été déjà sujet à certaines «attaques» [un camion appartenant aux habitants du squat aurait été incendié il y a quelques semaines].

Trois chars ont été interceptés : selon le commissariat, ils contenaient des dizaines de bouteilles de bière vides et des dizaines de petits ballons de baudruche remplis de peinture, autant de projectiles dont certains carnavaliers, catégorisés anars, auraient pu faire usage.

Alors là j’avoue, j’étais plié en deux quand j’ai lu ça. Effectivement si tu n’es pas catégorisé «anar» tu n’auras pas le droit de jeter des projectiles sur la police… Bref, le raccourci est presque amusant tellement il est ridicule. De plus il semblerait que les caddies en question ne contenaient pas de bouteilles mais de ballons, remplis d’eau ou de peinture peut-être, qu’importe. De la peinture n’a jamais blessé personne et un peu de couleur sur les murs gris de nos villes ne ferait à mon avis pas de mal. De plus les personnes connaissant un peu Karnaval savent que l’un des chars en question est «Roi Karnaval», «Vaval», qui représente le système que l’on rejette et qui à la fin de la soirée est brûlé en place publique, les «gueux» dansant et chantant autour du feu de joie. La réquisition de ces chars est bien évidement pour priver les carnavaliers de ce bûcher de fin de soirée qui anime le carnaval pendant souvent plus d’une heure.

Puis, vers 22 heures, alors que des cars de police occupaient les principales places (Sainte-Anne, Candolle…) où se termine traditionnellement le défilé, des affrontements, qui n’ont pas fait de blessé, ont opposé les forces de l’ordre — pressées de repousser les «gueux» à l’extérieur du centre-ville — et une centaine de personnes déguisées. Le groupe a multiplié les tags, notamment sur les murs du McDo de la Comédie, ce qui a provoqué des échauffourées avec les vigiles du fast-food.

Alors l’organisation horaire pose déjà un premier problème. Le carnaval a quitté la Comédie vers 21h30, a stagné un long moment dans les petites rues avant d’arriver à 22h15 sur la place St-Roch puis finalement à St-Anne à 22h30 sur laquelle les fêtards sont restés jusqu’à 23 heures. Jusque là pas encore de gazage, pas encore d’affrontements comme ils se plaisent à le dire. Pendant cette période il y a eu quelques contrôles, quelques arrestations, quelques coups de tonfas sur ceux qui s’approchaient trop. Mais rien qui pourrait ressembler à un affrontement. à 23 heures Karnaval est redescendu jusqu’à la rue Alexandre-Cabannel, petite rue parallèle au Jeu de Paume qui lie la rue St-Guilhem à la grand rue Jean-Moulin. C’est là que la police a commencé à passer à l’assaut. Tout d’abord en tapant, en usant des gazeuses puis en grenadant toute la rue. Les riverains fermaient leurs volets pour ne pas assister au massacre. Pour ce qui est des blessés il est à noter que plus d’une dizaine d’interventions des sapeurs-pompiers ont eu lieu, plusieurs dizaines de blessés donc, des personnes dont le crâne était ouvert laissant place à une belle empreinte de tonfa, d’autres frappées dans des lieux à l’abri des regards indiscrets… Il y eut de nombreux blessés quoi que dise la presse. Pour ce qui est des tags cela ne me dérange personnellement pas, j’ai même tendance à être plutôt compréhensif pour ceux qui s’expriment ainsi puisqu’autrement nous ne sommes ni vus ni écoutés. Mais cela est un autre débat.

Puis sur le cours Gambetta et vers Figuerolles, les jeunes ont déplacé des voitures et jeté des cannettes sur les policiers, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes. Il n’y a pas eu d'interpellation.

Le fait de dire que les policiers ont riposté est non seulement un mensonge mais une réelle infamie. C’est au contraire eux qui n’ont pas cessé d’attaquer les jeunes pendant toute la soirée. Certains à force ont effectivement mis des voitures à travers les rues pour ralentir la progression des petits nazillons en uniformes. Pour ce qui est des jets de canette personnellement en cinq heures j’ai vu une seule canette lancée sur la police et ce en réponse à un gazage. Pour ce qui est des interpellations nous avons été témoins de plusieurs interpellations, mais la plupart du temps la police a attrapé certains carnavaliers, les ont frappés abondament puis les ont laissés pour mort sur place avant d’aller en taper d’autres.


N’hésitez pas à compléter par vos commentaires si vous aussi avez vécu cette soirée et à faire circuler ce démenti. Merci.

Le Lémurien, 20 février.


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