La révolte des sans papiers de Vincennes en procès

Publié le par la Rédaction


Le 22 juin 2008 les sans-papiers enfermés dans le camp de rétention de Vincennes l’ont incendié, après six mois de révolte quasi continue et la mort d’un des leurs, Salem Souli, pour manque de soins. Clouant le bec aux paternalistes de tout poil, cette révolte collective des premiers concernés constituait une réponse concrète et historique à l’existence de ces camps et aux politiques de contrôle des migrations.

L’État accuse aujourd’hui dix hommes alors présents d’incendie criminel et de violence sur policiers. Depuis un an et demi sept d’entre eux ont fait huit, dix ou encore douze mois de détention «préventive». Concrètement, l’horreur intrinsèque à la prison en a notamment mené un au bord du suicide, un autre à la grève de la faim (Nadir pendant une semaine fin novembre, hospitalisé puis réincarcéré à Fleury où il est toujours), un autre à des séquelles physiques à vie…

La révolte de Vincennes et son procès font écho aux nombreux autres dans le monde (comme l’incendie du camp de Bordeaux il y a un an ou le procès début octobre de quatorze insurgé-e-s du camp de la via Corelli à Milan). Et comme d’autres cette révolte est exemplaire. Cet acte désespéré d’hommes qui n’avaient peut-être pas beaucoup plus à perdre que leurs chaînes incarne aussi le plus grand espoir qui soit, une indéfectible aspiration à la liberté. Cet engagement radical renvoie en même temps aux piquets de grève qui parsèment la région parisienne en ce moment, où des milliers de travailleurs sans papiers osent sortir de l’ombre pour exiger leur régularisation.

Écrivez à Nadir : Nadir Autmani, écrou 377 079 bât. D4, Maison d’arrêt des hommes, 7 allée des Peupliers, 91700 Fleury-Mérogis.
Procès des inculpés de Vincennes les 25, 26, 27 janvier à 13h30 au palais de Justice de Paris, 16e chambre. Il faudra être à leur côté, investir les lieux, publiciser les rouages de la machine judiciaire, communiquer aux magistrats un certain malaise… Contact du collectif de solidarité.
Semaine de solidarité un peu partout du 16 au 24 janvier (voir sur resistons-lautre.net). Soyons à la hauteur de l’enjeu : relaxe des inculpés, liberté de circulation et d’installation !

Résistons ensemble no 82, janvier 2010
Contre les violences policières et sécuritaires.


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