La précarité n'est pas une fatalité

Publié le par la Rédaction

Manifestations nationales et décentralisées du samedi 5 décembre 2009 contre les licenciements, le chômage et les précarités :

À Paris, à 14h place Stalingrad, direction place Clichy.
À Rennes, à 15h place de la Gare.
À Bordeaux, à 15h place de la Victoire.
À Marseille, à 15h place Charles-de-Gaulle.
À Lyon, à 10h au Mas-du-Taureau de Vaulx-en-Velin.
À Agen, place de la Préfecture à midi pour un pique-nique collectif.
À Besançon, à 15h place de la Révolution.




La précarité n’est pas une fatalité

Assez de baratin. Le chômage et la précarité ne sont pas tombés de nulle part, de la faute à pas-de-chance. Ils sont des variables d’ajustement économique évidents du système capitaliste.

1. Requalification de tous les contrats précaires en CDI :

Les contrats précaires, quand t
es jeune et que tarrives sur le marché du travail, cest vécu comme normal, cest intériorisé. Mais ne perdons pas de vue que cest pour nous diviser que se multiplient ces sous-contrats, la flexibilité et les cadences infernales, dans des conditions totalement inacceptables (25 suicidés à France Telecom…). Bref, de la main-d’œuvre docilisée et pas chère, pendant que ces messieurs dames se foutent de nous, à trouver des arguments bidons pour pas quon voit larnaque : «Les caisses sont vides». Pour larmée et les banques, de largent yen a. Le paquet fiscal, les parachutes dorés, les bénéfices pour les actionnaires, ça pas de souci, mais pour nous RIEN !?

2. Travaillons toutes et tous moins et autrement :

Le chômage, ça fait peur, et ça pousse à tout accepter. Il est limite présenté comme une punition dans ce système méritocratique à la con. Alors qu
il est justement là pour te mettre la pression, quavec la concurrence accrue, tu testimes heureux davoir un boulot, et que tu la fermes, sinon au coin ! Direction Pôle Emploi, qui va te proposer une «offre raisonnable» demploi et va contrôler tes papiers à linscription ! Quelles sont les conditions de travail, les salaires de ces boulots ??? Et aux médias de tous les jours de faire le listing, comme un constat malheureux, de la montée du chômage. 100.000 demandeurs demploi en plus par mois, au bas mot !… Et aux politicien-ne-s de nous insulter en nous disant quon est tous ensemble dans le même bateau, quon va devoir se serrer la ceinture (tout en consommant le plus possible, faut bien relancer léconomie !), et quon va devoir ramer ensemble.

Combien de dirigeant-e-s ont perdu leur job ? Combien de patron-ne-s ? Quelles sont leurs conditions de travail ? Leurs salaires ? Produisent-ils plus de richesses que les travailleurs ? Partageons les richesses, pas la misère !

3. Des papiers pour toutes et tous :

La précarité, c
est aussi le quotidien des sans-papiers. Travail au noir ou déclaré, cest sans protection sociale, le tout agrémenté de cache-cache avec les flics et risques dexpulsion. Immigration choisie dun côté et disqualification des formations de lautre, tout en reprenant des thèmes idéologiques de lextrême droite.

Chômeurs-ses, précaires, non-précaires, nous avons tous-tes les mêmes ennemi-e-s. Travaillons tou-te-s, moins et autrement ! Partage du temps de travail, partage égalitaire des richesses !
Ne reste pas seul,
Organise-toi et lutte !

Publié dans Chômeurs - précaires

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précaires 03/12/2009 13:39


Lorsque la CNT voudra bien réfléchir un peu aufait que le chômage n'est pas l'envers du travail mais l'un de ses moments elle marquera la diférence avec les autres syndicats en n'excluant pas de
son champs de vision ce qui se déroule hors des murs de l'entreprise, ou n'y passe que de façon intermittente ; la vision du travail interpro pourrait y gagner en consistance


précaire 03/12/2009 07:52



Étonnant de constater que la CNT n'a rien à dire sur la situation concrète des chômeurs et précaires, ni sur leurs luttes. L'injonction à s'organiser, pourquoi pas ? mais à partir de quoi ?
comment, pourquoi (partager le travail...!!), on en saura rien à la lecture de tels textes.

Pourtant les mouvements de précaires ont élaboré des positions (Revenu garanti avec ou sans emploi, trois arguments), tout comme les mouvements d'intermittents (Contre-propositions pour une
réforme de l'assurance chômage des salariés intermittents) ; On nous dira que c'est "réformiste", mais on aura beau jeu de rétorquer que le partage de l'emploi et l'adhésion syndicale serait
une révolution qui ne remettrait guère en cause l'état de choses présent...

Malgré l'appui aux luttes de sans papiers, ou telle ou telle implication dans des conflits qui dépassent le cadre institué des "relations de travail - gèrables-, la CNT a, comme les autres
syndicats, oubliés que l'interpro ne peut s'enfermer dans l'entreprise, dans l'emploi, ne veut pas voir que le chômage n'est pas l'envers du travail mais l'un de ses moments. Elle en vient
même à qualifier les chômeurs d'inactifs, alors que l'Insee n'en pas encore arrivé là, malgré des décennies de domination exacerbée de l'idéologie du travail ("Pas de société
d'assistance" disait Jospin, "Le travail c'est la liberté" pérore Sarkozy, sans détailler ici les dispositifs concrets qui caractérise le travaillisme réel : Pare, ppae, rsa, Pôle emploi, suivi
mensuel, radiations) ; bref, il serait plus que temps que la réflexion reprenne sur toutes ces questions à la CNT. Pour cela il suffirait que ceux des CNTistes qui passent par le chômage,
connaissent l'alternance d'emplois précaires, de formations, analysent leur propre condition, et ne lui donnent pas pour seule réponse : la titularisation et le CDI...

Pour leur part, et non sans écho, des collectifs appellent à une grève des chômeurs et commencent à l'inventer :

Appel à la grève des chômeurs (CAFards Montreuil) 

Engageons dès
maintenant une grève des chômeurs contre notre subordination à l'ordre économique (Mouvement des chômeurs et précaires en lutte de Rennes)

Puissent la CNT et d'autres "révolutionnaires" trop peu soucieux d'analyse concrète laisser de côté un moment la carapace défensive de l'idéologie pour opérer une mue, trouver d'autres armes. 12
millions de précaires, ni salariés "classiques, ni citoyens (c'est à dire représentés), ce fait ne pourrait en toute logique que conduire à des prises de positions effectives pour qui veut en
finir avec ce monde.