La police travaille devant la Santé

Publié le par la Rédaction

Manif anti-carcérale : récit

15 heures à Denfert-Rochereau, on peine à trouver la manif, il faut dire qu’il y a plus de monde qui fait la queue pour visiter les catacombes que devant le camion sono, une dizaine de personnes, tout au plus. Finalement on attend près du camion, le temps de se rendre compte que les civils sont déjà bien présents.

Une heure plus tard, ça se lance, on descend le boulevard Saint-Jacques quelques mètres puis on stoppe. La Santé est de l’autre côté du métro aérien. La musique est à fond, quelques slogans sont lancés, mais finalement, vu de l’extérieur, ça semble franchement dérisoire, même pas sûr que les prisonniers entendent. Deux fusées de détresse sont tirées en direction de la prison, dont une qui finit sa course dans un immeuble, peut-être l’un des délits qui servira de prétexte…

Après quelques dizaines de minutes à poireauter là, le cul entre deux chaises, le cortège continue sa route jusqu’au prochain passage qui permet de passer sous le métro aérien. Les CRS sont déjà présents à l’entrée de la petite rue avec casque, bouclier et grille anti-émeute. La sono s’engage et se met face à ce cordon de flics, quelques types mettent des écharpes mais sans plus, de toute manière le rapport de force est inégal, rien que les flics en civil pouvaient foutre tout le monde à terre. S’ensuit un ballet assez émouvant, les cordons de CRS s’installent tranquillement, d’abord derrière, empêchant toute retraite, puis sur les côtés. Incrédules, la plupart des gens ne réagissent pas, la manif est déclarée, rien ne laisse présager une interpellation. Le joyeux bordel continue presque comme si de rien n’était, le concert se poursuit sur le camion, mais rapidement le malaise s’installe, ceux qui veulent sortir sont refoulés et l’encerclement se resserre. Les civils font deux percées pour serrer un organisateur et un autre type qu’ils emmènent dans une camionnette banalisée. Les CRS finissent le boulot, resserrant de plus en plus l’étreinte, ils embarquent les militants un par un dans les cars stationnés non loin.

Il semble évident que ces arrestations avaient été planifiées, vu le déploiement de forces de l’ordre, vu les faux prétextes utilisés et le ciblage très précis de ceux qui ont été arrêtés en premiers, ça ne fait aucun doute. Il suffisait d’un petit faux pas pour donner un prétexte quelconque servant de base à ces arrestations. Le faible nombre de personnes a sans doute facilité les choses puisqu’il devait y avoir au moins trois flics par manifestants, voire plus…

Indymedia Paris, 29 mars 2010.


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Communiqué suite à la manifestation anti-carcérale : Rassemblement de soutien

Ce dimanche 28 mars, une manifestation anticarcérale de solidarité envers toutes les personnes incarcérées avait lieu à Paris, aux abords de la prison de la Santé.

Bien qu’autorisée, la manifestation a rapidement été encerclée par un important dispositif policier, pendant le concert de soutien. Plus de 100 personnes ont été interpelées sans motif, puis transférées dans différents commissariats parisiens.

Selon les chiffres dont nous disposons, une soixantaine de gardes à vue à été notifiée :
- Plus de 30 au commissariat du 11e.
- 21 au commissariat de la Goutte d’or (18e).
- Quelques-unes au commissariat du 14e.
- 1 à Riquet qui pourrait basculer sous le régime de l’antiterrorisme.

Ces gardes à vue relèvent de l’article 222-14-2 du Code Pénal qui permet d’interpeller toute personne participant à une manifestation au cours de laquelle les forces de l’ordre considèrent que des dégradations ont été commises.

Un rassemblemant de soutien et de protestation est appelé le lundi 29 mars à 17 heures, métro Riquet, 18e, à proximité du commissariat.

N.B. : Si vous avez des ami-e-s en garde à vue, pensez à préparer les garanties de représentation qui seront utiles devant le juge : fiches de paie, attestations de domicile, etc.

Indymedia Paris, 28 mars.
 


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schizosophie 02/04/2010 16:59




Plus la société se ferme, plus les prisons s'ouvrent. Preuves en sont les critères de Gontard, tels que relatés dans Le Monde du 2 avril 2010, s'agissant de projet de prisons
ouvertes (sic) : 



"M. Bockel a commandé un rapport à un jeune chercheur de l'université d'Aix-en-Provence, Paul-Roger Gontard. Celui-ci a étudié plusieurs établissements en Europe et il en a tiré les conditions nécessaires à
leur réussite : une sélection des détenus (dangerosité, capacité à intégrer le sens de la peine, volontariat), une discipline consentie par les prisonniers et du travail."