La police travaille à Woippy (Moselle)

Publié le par la Rédaction

Un jeune interpellé après les violences à Woippy

Un jeune a été interpellé pour avoir pris part mercredi soir aux violences qui n’ont fait aucun blessé mais beaucoup de dégâts à Woippy (Moselle), a-t-on appris de source policière.

Des incidents avaient éclaté à l
issue dune manifestation silencieuse en hommage aux trois jeunes gens qui avaient été victimes la veille dun accident de scooter alors quils étaient poursuivis par des policiers municipaux.

L
un deux a été tué quasiment sur le coup. Les deux autres, grièvement blessés, restaient hospitalisés jeudi dans le service de neurochirurgie du CHU de Nancy où ils ont été plongés dans un coma artificiel.

Mercredi soir à Woippy, une quinzaine de voitures ont été brûlées, tandis qu
une école a été partiellement incendiée, ainsi que plusieurs cabines téléphoniques, a-t-on indiqué de source policière. Un jeune homme cagoulé de 19 ans a été interpellé pour avoir lancé des pierres sur les forces de lordre.

On précisait que le dispositif de surveillance mis en place mercredi soir sera réactivé à l
identique ce jeudi soir.

Leur presse (AP), 21 janvier 2010.




Incidents hier soir à Woippy après la course-poursuite mortelle

Des incidents ont éclaté à Woippy (Moselle) mercredi soir, à lissue dune manifestation silencieuse organisée en hommage aux trois jeunes victimes dun accident de scooter après une course-poursuite avec la police municipale qui a fait un mort et deux blessés graves.

Des gendarmes mobiles, qui avaient pris position près d
un commissariat, ont été caillassés. Dans le quartier du Roi, une zone urbaine sensible (ZUS) de Woippy, au moins quatre voitures et un autobus ont été incendiés, une école et des cabines téléphoniques ont été saccagées.

Vers 21h30, le quartier était privé d
éclairage public et plongé dans le noir, tandis que les gens se penchaient aux fenêtres des immeubles. Dans un premier temps, les sapeurs-pompiers ont tenté dintervenir sur les feux. Ils ont dû rebrousser chemin face, semble-t-il, à la colère des manifestants et se sont tenus en retrait. Les services dincendie et la police nintervenaient «pas pour linstant car nous risquons de tomber dans un guet-apens», déclarait un responsable policier dans le dispositif…


À trois sur un scooter

Les incidents se sont terminés vers 23 heures lorsque les forces de l
ordre ont dispersé avec des chiens les attroupements qui sétaient formés dans le quartier. Auparavant, environ 200 personnes sétaient recueillies en silence à lendroit où, la nuit précédente, trois jeunes dune vingtaine dannées, pourchassés sur un scooter par la police municipale, avaient chuté avec une extrême violence sur la chaussée après un virage manqué.

L
un dentre eux, Malek, 19 ans, de Woippy, est mort sur le coup, la boîte crânienne enfoncée. Les deux autres, Nabil, 19 ans, de Metz, et Joshua, 20 ans, de Woippy, se trouvaient toujours dans un état critique au CHU de Nancy-Brabois, jeudi vers 0h30.


Sur une banderole blanche sommairement accrochée à une clôture, on pouvait lire «Hommage à Malek, espoir pour Joshua et Nabil» tandis que plusieurs bouquets jonchaient le trottoir où des cierges avaient été allumés sous le grésil. Au cours de la manifestation, selon le site de TF1, les familles ont laissé éclater leur douleur : «On nous les a tués», criait la mère de Malek, devant les journalistes. «On ne veut plus des “cow-boys municipaux”», renchérissait le père. La mère de Malek, selon TF1, et celle de Nabil, selon RTL, déposeraient plainte contre les policiers qui ont tenté d
interpeller les trois jeunes gens.


Deux versions divergentes

Selon France-Info, des jeunes du quartier du Roi estiment que les policiers municipaux avaient reconnu les trois jeunes à bord du scooter et auraient donc pu les interpeller plus tard, quand cela n
aurait présenté aucun danger.

Du côté de la justice, la version est claire et sans ambiguité. Les trois jeunes gens roulaient «sans casque, sans papiers et à une vitesse excessive» sur le scooter «qui était non éclairé et qui, comme cela devait être déterminé plus tard, était signalé volé depuis décembre», a déclaré mercredi le procureur de la République, Rémy Heitz. «Ces jeunes étaient connus des services de police», a-t-il également précisé.

«Les policiers — qui ont été placés en garde à vue pour les nécessités de l
enquête — ont entamé le suivi du scooter qui a pris la fuite en empruntant un sens interdit, dans un secteur non couvert par une vidéo-surveillance», a poursuivi le procureur.

«Quelque 800 m après le début de ce suivi — le procureur s
est refusé à employer le terme de “poursuite” —, les passagers du deux-roues ont perdu le contrôle de leur machine dans un virage. Ils ont percuté le trottoir et un lampadaire», a précisé le magistrat.

Pas de choc entre la voiture et le scooter

«Il n
y a pas eu de choc entre le scooter et la voiture de police», a également souligné le procureur, ajoutant que «létat des deux véhicules, qui ont été saisis pour être expertisés, semble corroborer cette version».

«Les policiers ont respecté les consignes qui leur avaient été données pour ce type d
intervention», selon François Grosdidier, député-maire (UMP) de Woippy.

Pour le Syndicat national des policiers municipaux (SNPM-CFTC), les policiers «ont agi avec un professionnalisme et un sang-froid exemplaires». Dans une lettre adressée à M. Grosdidier, le SNPM a prévenu que ces fonctionnaires ne sauraient «se retrouver au banc des accusés pour avoir fait leur travail».

Leur presse (Le Parisien), 21 janvier.


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