On a eu chaud ! À propos des arrestations de militants le 5 février à Poitiers

Publié le par la Rédaction

 Poitiers

 

Suite à un regroupement mobile samedi soir contre les lois sécuritaires, 7 interpellations, 7 GAV, 7 inculpations en gros pour intention collective de nuire aux biens publics.

 

Procès fin mars.

 

Courriel - 7 février 2011.

 

 

On a eu chaud !

 

Sans l’intervention utile et courageuse de la police nous aurions eu droit à une nouvelle émeute destructive à Poitiers… en réalité, son intervention n'aura consisté qu'à arrêter un groupe entier de sept personnes, se dispersant tranquillement après une manif d'une trentaine de personnes.

 

Toujours selon les rumeurs policières «on» aurait saisi des cocktails molotov, des bouteilles d’acide, bref tout un attirail guerrier : voilà qui semble bien disproportionné pour du mobilier publicitaire brisé, quelques tags et poubelles brûlées…

 

Qu’a-t-on trouvé en leur possession ? Aucune arme, pas d’acide, pas d’essence, parfois un briquet ou un foulard ! Va-t-on leur reprocher quelques tags — dont la Nouvelle République nous a livré un superbe exemple, datant en fait de Mathusalem et non de samedi dernier — et qui, à n’en pas douter, démontre le caractère terroriste de ces gens ?

 

En fait l’accusation principale s’appuie sur «l’intention de commettre un délit», assortie de la fameuse loi sur la culpabilité collective… Big Brother est dans vos têtes et sait tout des vilaines pensées des vilains ennemis de la société ! Il est interdit de songer à protester ; encore moins à plusieurs !

 

Dormez tranquille.

 

Pour le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, il ne s’agit-là que d’une nouvelle tentative de criminaliser et d’isoler une partie de la jeunesse, pour éviter que les contestations contre un pouvoir à juste titre considéré de plus en plus illégitime, ne fassent tâche d’huile. Tout le cynisme policier consiste à présenter comme «casseurs»… des manifestants qui dénoncent précisément la violence, bien réelle, insupportable et croissante, de la casse sociale perpétrée par le gouvernement et sa police, notamment contre les étrangers.

 

Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux affirme sa solidarité sans faille avec les sept personnes arrêtées.

 

Comité poitevin contre la répression
des mouvements sociaux, 8 février.

 

 

Sept arrestations après des dégradations

 

Sept personnes âgées de 18 à 21 ans ont été déférées devant un magistrat du parquet, hier, après des dégradations remontant à samedi soir. 

 

Rue de Puygarreau, c'est une plaque qui était visée 

 

Ce soir-là, vers 22h30, un rassemblement d'une trentaine de personnes s'est formé sur la place Charles-de-Gaulle. Un groupe dont certains des participants sont décrits comme ayant le visage dissimulé. Au cours de leur déambulation dans le centre-ville, des dégradations ont été commises, quelques tags visant la police et la justice, un jet de peinture la plaque d'un service de la mairie, des poubelles renversées et enflammées et du mobilier urbain visé. Des bouteilles contenant un liquide jugé corrosif mais pas identifié clairement, auraient été jetées sur la chaussée. Le centre commercial des Cordeliers a porté plainte après les tags.

 

Le passage du groupe a été signalé à la police qui a interpellé sept personnes, six garçons et une fille. «Ce sont ceux qui sont soupçonnés de s'être livrés à ces actes», indiquait le procureur de la République, Pierre Sennès. Hier, ils ont été présentés à un magistrat qui leur a signifié leur convocation en justice.

 

Ils sont poursuivis pour participation à un attroupement en vue de commettre des dégradations. «Certains ont été trouvés en possession d'objets qui permettent de commettre des dégradations et des tags», a poursuivi le procureur.

 

Les jeunes interpellés, sont présentés comme des étudiants, inconnus de la justice, sauf l'un d'entre eux, pour lequel le parquet a réclamé le placement sous contrôle judiciaire. Contactée hier soir par la rédaction, l'avocate d'un des jeunes arrêtés indiquait que les faits qui leur étaient reprochés étaient «complètement contestés». La justice ouvrira le dossier le 31 mars prochain.

 

Leur presse (La Nouvelle République), 8 février.

 


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