La police travaille à Poitiers

Publié le par la Rédaction

La police nationale et la BAC poursuivent leur œuvre de harcèlement à l’encontre de jeunes militants anticapitalistes

Dans la nuit du 25 au 26 janvier vers 4 heures du matin, Guillaume M. se fait interpeller en bas de la rue des Trois-Rois (près de la coop) par sept ou huit policiers qui l’accusent d’avoir «volé»… puis seulement «déplacé» une publicité ! Il est emmené au commissariat et interrogé vers midi le 26. L’OPJ apprend alors à Guillaume qu’il a été arrêté en flagrant délit «à côté des Feuillants», et non près de la coop comme cela a été fait. Il apprend qu’il est poursuivi pour «vol d’affiche publicitaire et dégradation» (il aurait forcé le meuble urbain !).

Ainsi, quelques jours à peine après le procès de Nina S. où les accusations proférées par la BAC à son encontre ont volé en éclats, ce nouvel épisode de la série «montages policiers contre de jeunes militants» auxquels il n’est pas pardonné d’avoir animé la grève étudiante de l’hiver dernier se poursuit.

Car non seulement ces policiers, la BAC en tête, montent des dossiers de toutes pièces, mais encore ils menacent, interpellent, injurient dans la rue, de jour comme de nuit, un certain nombre de têtes qui ne leur reviennent pas ; injures sexistes évidemment, et menaces physiques qui débouchent sur des témoignages erronés destinés à faire fonctionner la machine judiciaire.

L’objectif ? Il est éminemment politique : faire peur à tous ceux et à toutes celles, jeunes surtout, qui auraient la velléité de contester l’ordre établi et les réformes en cours, en particulier dans les lycées ; s’en prendre à des militants révolutionnaires (anarchistes entre autres) qui, malgré cet acharnement et ces intimidations, décident de continuer à parler et à agir.

Les agissements de la police ont été vus de tous lors de la manifestation de samedi dernier organisée en soutien aux sans-papiers. Le comportement des policiers lors des gardes à vue est maintenant révélé publiquement !

Ces procédés ne s’inscrivent pas dans le cadre d’une spécificité poitevine, mais dans la volonté globale de l’État et du patronat de prévenir tout mouvement social qui pourrait (qui devrait !) se manifester contre l’offensive menée contre les classes populaires dans tous les secteurs de la vie.

Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux est déterminé à participer à l’échec de la stratégie de la peur et à tout mettre en œuvre pour que nous soyons encore plus nombreux à réagir après chaque provocation. Déterminés à laisser s’exprimer toutes les formes de contestation politique, et à y prendre part.

Rappelons quelques échéances :
Vendredi 19 février à 9 heures : rendu de l’appel du procès du 10 octobre ;
Samedi 20 février à partir de 14 heures : conférence et concert de soutien de Sarah et Angel concernant leur procès pour refus de prélèvement d’ADN – procès qui aura lieu : mardi 23 février à 16 heures ;
Jeudi 4 mars à 14 heures : procès de Guillaume M. ;
Jeudi 11 mars à 9 heures : rendu du procès en appel de Nina S.


Par ailleurs, le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux précisera tous ces points en apportant d’autres témoignages lors d’une conférence de presse lundi 15 février à 14 heures salle Timbaud.




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Chronique de l’arbitraire à Poitiers

Hier soir aux alentours de minuit, une bande de copain/nes ont collé des affiches au soutien aux sans-papiers et à leurs luttes (par exemple lincendie de Vincennes etc.).
Vous savez celles qui nont pas pu être collées lors de la manifestation de samedi (elles suscitaient lintérêt dun flicage systématique tout au long du parcours) car retirées systématiquement par les agents de la BAC, et par M. Papineau en personne.

La petite bande a collé quelques affiches aux alentours de la place du Marché, de la faculté de Sciences Humaines et Arts, puis au niveau de l
abribus en face du bâtiment de Sciences-Po. Une patrouille de police sarrête, procède aux contrôles didentité. Les deux agents (un homme et une femme) lisent les affiches attentivement, remarquent sur lune delles (dapres leurs dires) «un slogan à caractère anarchiste» ce qui prolonge un peu plus le contrôle, dautant plus quune deuxième voiture de police arrive sur les lieux avec deux autres FOURGONS !!

Les agents appellent au commissariat pour demander des consignes à leur supérieur, ça dure un petit moment, pas longtemps. Puis la décision hiérarchique tombe : confiscation des affiches, du seau de colle et du pinceau ! Au passage, il ont confisqué le mensuel Courant Alternatif ; un agent (de la deuxième voiture) a rétorqué «C
est une officine ça» (cf. lOCL) — rires.

Puis ils sont repartis tous fier-es de leur «prise» qui justifie leurs salaires. Les consignes de la préfecture sont appliquées à la lettre (n
est-ce pas M. Setbon ?).

Voilà on ne peut même plus coller tranquillement sans se faire voler le matos et propagande, ça devient systématique lorsque l
on est anarchiste, considéré comme ou même sympathisant contrairement à dautres, mais cest la stratégie même de la répression : isoler, intimider, ficher, provoquer, enfermer…

@ bientôt

Des potes des colleur-se-s
Indymedia Nantes, 11 février 2010.


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Manifestation de soutien aux sans-papiers :
Encore une journée de répression à Poitiers !


Le samedi 6 février à Poitiers, à l’appel de plusieurs associations, une manifestation calme du début à la fin, pour dénoncer les pratiques illégales de la Préfecture de la Vienne, et en soutien aux «sans-papiers» a été de nouveau le théâtre de provocations et répression policières.

Un dispositif policier démesuré avait été mis en place par la direction de la police : une dizaine de camions CRS, une vingtaine d’agents de la BAC, etc. Tout le long du parcours, ils ont sillonné la manifestation, se sont livrés ostensiblement à un fichage systématique (photos, vidéos, suivi de personnes), et à des insultes. Les manifestants furent provoqués par les équipes spéciales de l’État dès le début de la manifestation.

Au moment de la dispersion, toutes les sorties possibles devant la Préfecture étant contrôlées, un départ groupé a été décidé en direction de la place d’Armes. Dans une rue adjacente, la BAC a interpellé violemment trois manifestant-e-s et les ont plaqué-e-s contre le mur avec fouille et contrôle d’identité.

Le cortège s’est rapproché pour protester, et veiller à la sécurité des personnes contrôlées afin qu’elles repartent avec les manifestant-e-s. À ce moment-là, avec le renfort des CRS, la BAC a essayé d’extraire les personnes contrôlées pour les embarquer. La tension a monté d’un cran, les CRS ont encerclé de très près les manifestant-e-s et la BAC a commencé à matraquer. D’autres interpellations violentes ont suivi. Les manifestant-e-s, sommé-e-s de se disperser, ne pouvaient de toute façon pas bouger car encerclé-e-s.

Finalement quatre personnes ont été embarqué-e-s, plusieurs contrôles d’identité musclés ont été effectués, et les CRS ont obligé les manifestant-e-s à évacuer les lieux.

Les manifestant-e-s sont donc reparti-e-s, toujours suivi-e-s de près par la BAC et les CRS. Des manifestant-e-s protestant contre les fichages qui se poursuivaient, ont été réduit-e-s au silence de manière virulente. Une personne a alors été embarquée, ainsi qu’une autre, sans raison, car elle ne se trouvait pas impliquée.

Après quatre heures de garde à vue, les personnes arrêtées ont été relâchées sur demande du Procureur de la République, puisqu’aucun motif n’était valable pour les garder.

Nous saluons la grande dignité des manifestant-e-s qui sont resté-e-s solidaires et ont résisté aux provocations policières.

Nous étions là pour dire que l’État se comporte de façon indigne avec les «sans-papiers», et que cette indignité nous concernait en tant qu’habitant-e-s. Nous avons malheureusement vécu l’indignité de ce pouvoir qui s’attaque une fois de plus à la liberté d’expression, à la liberté de manifestation, à nos libertés. Nous allons en témoigner, nous continuerons à lutter et à manifester.

Encore une fois à Poitiers, les forces de l’ordre nous ont fait une démonstration de leur politique de répression, arbitraire et systématique, dans une volonté de casser tout mouvement de contestation quel qu’il soit : entre autres, le mouvement dans l’éducation et la répression des lycéen-ne-s ces dernières semaines, les manifestations de soutien aux inculpé-e-s du 10 octobre, sans compter les surveillances continues de militant-e-s. Le harcèlement à l’encontre de certaines personnes dans le collimateur de la police et particulièrement de la BAC est permanent et s’intensifie. C’est une véritable milice qui construit à son gré des accusations mensongères pour les interpeller quand ils le souhaitent et multiplier ainsi les gardes à vue.

Nous ne céderons pas à cette répression !
Nous réaffirmons notre soutien inconditionnel aux sans-papiers, à leur juste lutte, et à toutes les victimes des répressions policières et d’État.
Nous exigeons la dissolution de la Brigade anti-criminalité, facteur d’insécurité quotidienne.

Signataires : Des manifestant-e-s, le Comité Poitevin contre la répression des mouvements sociaux (les Alternatifs Poitiers, Cap à gauche 86, les Verts-Vienne, le Nouveau parti anticapitaliste, l’Organisation communiste libertaire, le Parti de gauche 86, la section de Poitiers du Parti communiste français, le SELF, SUD Éducation 86, SUD Étudiants Poitiers et l’Union locale Poitiers CNT), le Pavillon Noir (FA86), RESF86 (dont l’antenne universitaire), LDH Poitiers et LDH Châtellerault, Collectif contre les expulsions et pour le droit de vivre en France, SUD Culture Poitiers, Syndicat EPA (Éducation Pluralisme Action solidaire) – 9 février.

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