Lundi 19 octobre 2009
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De la non-information à la désinformation
Réponse aux journaux Dordogne Libre et Sud-Ouest
Nous reproduisons ci-après les mises au point que nous
avons adressées aux journaux Dordogne Libre et Sud-Ouest, à propos des articles parus les 13 et 14 octobre sur les émeutes de Poitiers.
Il se trouve que quelques périgourdins ayant fait le
déplacement, ces journaux de non-investigation se sont transformés — l’occasion n’est pas rare — en chambre d’écho de la propagande gouvernementale.
Vous trouverez à la suite de notre réponse à
la DL (celle
au SO est
sensiblement la même) la reproduction des articles qui nous ont fait bondir.
De la non-information à la désinformation
Les insinuations, quant aux relations entre notre organisation et les récentes violences, entretenues par l’article «Trois périgourdins impliqués à Poitiers», paru dans votre édition du
13/10/2009, ne peuvent qu’appeler notre réaction.
Le titre, ainsi que l’articulation du texte, présentent faussement ces «trois périgourdins» comme étant des auteurs impunis des troubles du 10 octobre à Poitiers. Cette violation de la
présomption d’innocence, l’amalgame entretenu entre ces troubles et le mouvement anarchiste, et la place laissée aux interventions policières, produisent un effet caricatural, digne d’un
journalisme bourgeois aussi friand de spectaculaire qu’assujetti à la propagande gouvernementale.
Cet étalage de non-vérités, les collages opérés, et pour tout dire les non-faits, sur fond de violences émeutières, favorisent les raccourcis douteux et alimentent les fantasmes les plus
infondés, dont les anarchistes, et plus largement tout mouvement contestataire, sont les cibles.
Soyons concis autant que précis ! Non, le Drapeau Noir Périgord n’est pas «discret», car promouvant une alternative au capitalisme et à l’État, ces idées se veulent être le plus largement
diffusées, comme elles le sont régulièrement auprès des sarladais. Non, le DNP n’est pas «prudent», il n’a pas à l’être plus que quiconque, ne se résolvant pas à faire usage de violence, mais
inscrivant résolument sa démarche dans un éducationnisme émancipateur.
Si nous ne voulons pas juger le désarroi qui aura poussé certains à se retourner violemment contre les symboles d’un capitalisme de plus en plus oppressant et mortifère, nous ne soutiendrons pas
ces actes, mais seulement les individus réprimés par le rouleau-compresseur judiciaire.
Insinuer autre chose, comme notre soit-disant potentiel délictuel intrinsèque, n’est rien d’autre que calomnie ; pire, c’est une attaque, au nom d’une ignorance bien-séante, contre la liberté
d’opinion.
Un journalisme au service de la «démocratie» aurait été inspiré de s’intéresser, plutôt qu’à des extravagances sorties de «discrets» cabinets ministériels, au ministre Hortefeux lui-même, et à la
manière dont, par son intervention lors du procès en comparution immédiate, il a influencé des peines lourdes contre les prévenus, et ainsi estomper un peu plus la limite voulue par le principe
de séparation des pouvoirs. Un tel journalisme se serait intéressé aussi à la manière dont furent écartés les preuves et témoignages sur la non-implication des inculpés dans cette affaire,
affaire qui, soit dit en passant, n’a fait aucune victime.
Une fois encore, c’est le mouvement social poitevin qui fût touché, et nos camarades libertaires en particulier, tant par une stratégie dépréciée depuis plus d’un siècle dans nos milieux, que par
la réaction répressive autant que prévisible du gouvernement.
Nos pensées vont à toutes les victimes, embastillées ou terrassées, futures ou passées, de la raison d’État.
Trois Périgourdins impliqués à Poitiers
Interpellés samedi, ils ont été remis en liberté après leur garde à vue.
Alors que Brice Hortefeux était à Poitiers, hier, pour évaluer l’étendue des dégâts après les violents incidents de samedi (…), neuf des 18 suspects interpellés
passaient en comparution immédiate pour «dégradations volontaires, dégradations de biens publics, coups et blessures sur agent de la force publique».
Dans le box des accusés, il n’y avait pas de Périgourdins. Pourtant, trois personnes — au moins — originaires de Saint-Astier, étaient présentes ce jour-là, parmi les quelque 250 militants se
réclamant d’un «collectif anticarcéral», qui, masqués et cagoulés, avaient investi le centre-ville et brisé une vingtaine
de vitrines, des abribus et des cabines téléphoniques.
C’est ce que les enquêteurs ont confirmé à DL, hier. «Deux hommes de 18 et 28 ans et une femme de 25 ans, demeurant Saint-Astier, ont été interpellés pour violences et outrages sur
agents de la force de l’ordre, et pour détention, port et transport d’artifices non-détonnant, en l’occurrence des fusées nautiques», indique le commissaire de police Jean-Yves Goriou, chef de la
Sûreté départementale à Poitiers, chargé de l’enquête.
Bien implantés en Dordogne
Les manifestants entendaient protester contre un transfèrement de détenus, prévu dimanche, entre l’ancienne et la nouvelle prison de la ville.
Au cours de leur garde à vue, les trois jeunes Astériens ont nié les faits. «Ils étaient bien sur les lieux, parmi les manifestants et se réclament de la mouvance politique proche de l’anarchie.
Mais nous avons dû les remettre en liberté au bout des 24 heures de garde à vue car nous n’avions pas assez d’éléments concrets à charge», précise le commissaire.
Difficile, maintenant, de savoir à quel mouvement précis appartiennent ces trois Astériens. Car la discrétion — et la prudence — est de mise dans le département pour les «anars», même s’ils
s’affichent volontiers sur internet, via des blogs, à l’instar du Collectif libertaire Marius Jacob, ou de l’organisation
Drapeau Noir Périgord, qui appartiennent tous deux à la Fédération
anarchiste.
Les autorités vigilantes
Peut-être font-ils partie de ce nouveau collectif «anti-répression» (Antirep24), créé cette année à Périgueux, proche du collectif
anticarcéral qui a sévi à Poitiers.
Fin septembre, ses militants s’étaient fait remarquer, on s’en souvient, lors de l’inauguration de l’esplanade
Robert Badinter à Périgueux. Ils avaient déployé une banderole (…), vite confisquée par les policiers.
Toujours est-il que le mouvement anarchiste est encore discret sur le département, même si le directeur de la sécurité publique, André Friconnet, a noté qu’ils étaient «toujours plus nombreux
lors des manifestations», comme celles du début de l’année. «Si nous n’avons pas eu de souci avec eux jusque-là, nous gardons l’œil ouvert, surtout au regard des incidents de Poitiers, qui ont
prouvé qu’ils étaient capables de se mobiliser.»
Ainsi, le collectif Antirep24 a d’ores et déjà appelé à la mobilisation pour le mois de novembre
«contre les prisons et centres de rétention»…
Leur presse (Thomas Brunet, Dordogne
libre), 13 octobre 2009.
Trois Astériens arrêtés à Poitiers
Saint-Astier a beau être à environ trois heures de route de Poitiers, cela n’a pas dissuadé trois jeunes
Astériens de participer à la manifestation «anticarcérale» organisée à Poitiers samedi et qui s’est terminée dans une flambée de violences avec la destruction
d’une
vingtaine de vitrines de boutiques et d’agences bancaires du centre-ville.
«Ils ont été arrêtés en compagnie de personnes qui ont été jugées en comparution immédiate lundi», détaille Jean-Yves Goriou, commissaire en charge de l’enquête et chef de la sûreté
départementale à Poitiers.
Ce groupe de trois personnes, deux hommes de 18 et 28 ans et une femme de 26 ans, a déclaré être «venu participer à la manifestation en étant au total cinq, tous originaires de
Saint-Astier».
«Dans le groupe de six personnes qui ont été arrêtés par la brigade anticriminalité, l’un avait des fusées nautiques d’alarme et un masque », détaille
Jean-Yves Goriou.
Internet
«Ils ont expliqué qu’ils avaient appris l’existence de la manifestation sur Internet et qu’ils étaient venus aussi pour assister au concert», précise le commissaire.
«C’est une
nébuleuse où il y a soit des gens très jeunes soit des personnes d’une cinquantaine d’années», souligne-t-on à la gendarmerie. «On les voit régulièrement sur les
manifestations», affirme André Friconnet, directeur départemental de la sécurité publique.
À Périgueux, le collectif libertaire Marius-Jacob organise régulièrement des manifestations sans que cela n’ait jamais dégénéré. On trouve aussi sur la toile le Drapeau Périgord Noir
(DPN), dont le siège est à Saint-Amand-de-Coly. «Ils se revendiquent d’une philosophie libertaire et anarchiste», conclut Jean-Yves Goriou.
Faute d’élément contre les trois Astériens, ils ont été remis en liberté après 24 heures de garde à vue.
Leur presse (Sud Ouest), 14 octobre.