La police travaille à Marseille

Publié le par la Rédaction

 

Bavure policière ou légitime défense ? L'enquête après le tir de flash-ball qui a plongé un homme dans le coma

 

Bavure policière ou usage réglementaire d'une arme de défénse ? L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie, hier à Marseille, où un tir de flash-ball a plongé un homme dans le coma. Le blessé, âgé d'une quarantaine d'années, était hier soir encore dans un état jugé «critique» par les médecins.

 

D'après des témoins, tout a commencé par un conflit de voisinage, à la résidence La Madrague-Ville, un foyer Adoma (ex-Sonacotra) de la Calade à Marseille (15e), situé dans les quartiers nord de la ville. Lors d'une dispute, dont on ignorait hier le motif, deux locataires du 2e étage, en viennent aux mains. Et la bagarre tourne au bain de sang quand Abdel Moumen Hamed porte un coup de couteau à son voisin, un homme lourdement handicapé qui se déplace sur déambulateur. La victime est blessée d'une profonde entaille à la poitrine.

 

L'alerte est aussitôt donnée par les responsables du foyer. Les marins-pompiers, ainsi qu'un équipage de police secours arrivent rapidement sur les lieux. Les fonctionnaires tentent de maîtriser l'auteur du coup de couteau, mais celui-ci refuse d'entendre raison et se réfugie dans son appartement.

 

C'est dans cette chambre, qu'aux dires du substitut du procureur qui s'est rendu sur place après le drame, le forcené aurait lancé une tasse en verre à la tête d'un policier. «Blessé à la tête et même assommé par le coup, le fonctionnaire aurait répliqué en faisant usage de son flash-ball», a indiqué hier Pascal Lalle, directeur départemental de la sécurité publique, lui aussi venu sur place.

 

Ce n'est qu'après voir été maîtrisé, à terre, par un autre policier que le locataire aurait fait un malaise. La victime, tombée en arrêt cardio-respiratoire, a été immédaitement prise en charge par les marins-pompiers. Les secours l'ont médicalisé sur place, avant de procéder à son évacuation de l'appartement, par la grande échelle, et son transport à l'hôpital. Dès hier soir, de nombreuses questions ne manquaient pas de se poser, auxquelles devra répondre l'enquête de l'IGPN.

 

L'arme de défense a-t-elle été utilisée conformément à ce que prévoient les textes ? D'après les informations communiquées par la police, la balle aurait atteint sa cible «à la face, au tronc et au ventre», après un tir effectué à une distance de quelques mètres : «La profondeur d'une chambre de foyer».

 

Autre point à éclaircir : l'arrêt cardiaque est-il consécutif au tir de flash-ball ou peut-il être lié à des problèmes de santé pré-existants ? Le locataire blessé, décrit par ses voisins comme «un homme solitaire, ayant des problèmes personnels», n'était pas connu des services de police. Une autre enquête, confiée à la Sûreté départementale devra éclaircir les motifs qui l'ont poussés à agresser son voisin.

 

Le flash-ball est, selon la terminologie de l'administration une «arme sublétale» utilisant un projectile conçu pour se déformer et s'écraser à l'impact (limitant ainsi le risque de pénétration dans un corps vivant) mais avec une puissance d'arrêt suffisante pour dissuader ou arrêter un individu.

 

En France, ce type d'arme a été adopté par les forces de police puis par le reste des forces de l'ordre comme armement intermédiaire entre la matraque et l'arme de poing. Le flash ball a déjà causé des blessures irréparables : au moins sept personnes ont déjà perdu l'usage d'un œil en France depuis 2005, dont tout dernièrement un lycéen de Montreuil, au cours d'une manifestation contre la réforme des retraites.

 

Leur presse (Sophie Manelli,
La Provence), 13 décembre 2010.

 


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ReineRoro 13/12/2010 14:30



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