La police travaille à Loudéac

Publié le par la Rédaction

Prison avec sursis requis contre le policier

Le 7 avril 2007, un policier municipal de Loudéac avait tiré sur un jeune homme, le blessant sérieusement. Présenté hier devant le tribunal de Saint-Brieuc, il risque six mois de prison avec sursis. Jugement le 5 novembre.

«Il y a eu un dysfonctionnement entre l’esprit et le geste». Manifestement, le prévenu, policier municipal à Loudéac, est encore sous le coup de l
émotion lorsquil explique son geste devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc.

«Ça ne s’est pas passé comme je le voulais»

Émotion hier, stress le 7 avril 2007, quand, avec le chef de la police municipale, il doit intervenir sur un vol de scooter dans les rues de Loudéac. Les faits dégénèrent rapidement. Un jeune homme est interpellé, mais toute une bande intervient, invectivant les deux policiers. «Là, explique-t-il, alors que nous tentons de mettre les menottes au jeune homme soupçonné du vol, je vois mon chef se faire agresser par un homme. Est-ce que ça va Patrice, je lui demande ? Mais mon collègue à terre ne bouge pas, ne me répond pas. Je me dis, soit il est sérieusement blessé, soit il est mort. Je cours alors pour interpeller l
agresseur, je crie halte, police, deux fois. Je sors mon arme pour tirer en lair, mais ça ne sest pas passé comme je le voulais.» La balle atteint le jeune homme dans le dos, passant à deux doigts des organes vitaux. Le jeune homme sen sort miraculeusement avec 20 jours dincapacité totale de travail. «Pourquoi ne portez-vous pas secours à votre chef, plutôt que de poursuivre ce jeune homme ?», demande la présidente. «Je ne me lexplique pas non plus, avoue le prévenu. Le stress peut-être, car je navais jamais vécu cette situation avant.» Pourtant, lhomme, âgé de 40 ans, a de lexpérience : il a passé 15 années dans la gendarmerie, avant de devenir policier municipal. Daprès lexpert psychologique, Brigitte Elghozi, le prévenu est un homme équilibré, qui sest trouvé dans un état de déstabilisation passagère, lamenant à un défaut de maîtrise.

Un manque de sang-froid

«Le corps n
a pas suivi lesprit. Où est le sang-froid quon peut exiger dun policier, se demande Me Tabard, avocat de la partie civile ? Rien ne peut justifier quon tire sur quelquun dans le dos, même si ce nest pas un ange. Il fuyait et à ce moment-là, il ne représentait aucun danger.» «Il y a un manque de sang-froid et un manquement à la loi, même s’il y avait de lagressivité autour de lui ce jour-là», déclare le procureur de la République. Il a néanmoins requis une peine de six mois de prison avec sursis, assortie dune interdiction de porter une arme pendant cinq ans. Depuis le début, le policier a été soutenu par Gérard Huet, le maire de la ville, et par une partie de la population (3200 signatures dans une pétition). Me Lienard, son avocat, estime quil na pas appuyé volontairement sur la détente. «Est-ce que le doigt obéit à lesprit ? Non, pas toujours. Ce nest pas un phénomène isolé en situation de stress.»

Leur presse (Lionel Samson, Le Télégramme), 25 septembre 2009.

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