La police travaille à Caen

Publié le par la Rédaction

Caen : prison avec sursis requis contre trois policiers

Les fonctionnaires de police sont accusés de violences et de faux. Ils risquent l’interdiction définitive dexercer tout emploi public.

 

De quatre à huit mois de prison avec sursis et linterdiction définitive dexercer tout emploi public ont été requis contre trois policiers âgés de 35 à 38 ans, jugés mardi 15 juin par le tribunal correctionnel de Caen pour des violences et des faux.

 

«Est-ce ça, la police : dire après vingt versions différentes que maintenir 20 à 30 minutes un homme à terre avec le pied dessus, cest pas dégradant ? Que jeter un homme nu dans sa geôle, cest un petit oubli ? Cest ça la police ? Une police qui humilie et qui blesse, certainement pas !», a tancé le procureur, Claire Diwo.

«Vous êtes une honte, messieurs. Je demande une sanction exemplaire, il en va du crédit de la police, de la justice et des institutions en général», a-t-elle asséné. La victime, âgée d
une quarantaine dannées, sétait retrouvée le 6 mars 2008 au commissariat de Deauville (Calvados) avec notamment «une tête de compteur à gaz», les deux yeux au beurre noir et un hématome de 4 cm sur 7 au torse, après une «fouille extrêmement violente», selon le parquet.

 

Laissé nu dans sa geôle

 

Interpellé en état débriété dans sa voiture, lhomme, qui a reconnu ne pas avoir été coopérant lors de larrestation, avait été maintenu de longues minutes au sol dans le commissariat, le pied dun policier entre ses omoplates, puis sur sa nuque. Le même policier lavait ensuite laissé nu dans sa geôle, avec une simple couverture.

Le parquet a requis huit mois de prison avec sursis contre cet officier de police judiciaire (OPJ).

Claire Diwo a demandé cinq mois avec sursis contre un autre OPJ, accusé d
avoir frappé la victime et quatre mois avec sursis contre un autre qui avait participé à sa fouille.

Les deux premiers sont aussi poursuivis pour avoir dressé de faux procès-verbaux, ce qui aurait pu les mener devant une cour d
assises, a dit Me Jacques Martial, lavocat de la victime.

Le jugement a été mis en délibéré au 28 juillet.

Leur presse (Nouvelobs.com), 16 juin 2010.

 


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