La police travaille à Bruxelles

Publié le par la Rédaction


Environ 70 personnes ont été arrêtées. Certains ont refusé de donner leur identité. Une partie des gens ont été tabassés dans le comico par les porcs. La plupart a été libérée entre 19h et 22h. Cinq personnes devront passer la nuit au comico et passeront demain devant le procureur (place Poelaert). Les accusations contre elles : coups et blessures, outrage, port d’armes prohibées, vol d’un képi, refus de donner l’identité.
Rendez-vous devant le palais de Justice demain matin.
Solidarité.


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Police partout, Carnaval nulle part


Ce dimanche 28 mars, une quarantaine de jeunes personnes et quelques autres plus âgées ont été arrêtées par la police pour avoir osé se rassembler afin d’organiser une fête «hors contrôle, sauvage et sans limite» sur une place publique dans le centre de Bruxelles.

La police attendait déjà en nombre les fêtards bigarrés qui arrivaient au compte-goutte au lieu du rendez-vous, place de la Chapelle à 13h30, pour un carnaval improvisé dont l’appel avait été diffusée ouvertement sur internet quelques jours plus tôt (notamment via le centre de médias alternatifs cemab.be). Très vite les autorités ont mis les clowns et autres saltimbanques libertaires dos au mur de l
église de Notre Dame de la Chapelle. Puis, alors que des retardataires, toujours dans un esprit bon enfant, rejoignaient deux-mêmes leurs camarades encerlés, une bonne vingtaine de policiers ont commencé à serrer le petit groupe afin de les arrêter un à un sous le regard médusé de nombreux badauds. Ces derniers, qui étaient là depuis le début de la scène, ont protesté du caractère complètement déplacé et arbitraire de cette arrestation collective. Latmosphère, au départ presque joyeuse, était en effet d'un coup devenue très tendue, les policiers aux genouillères de robocops nhésitant pas à se mettre à plusieurs sur certains individus (sans distinction de sexe), les écrasant de leur poids (et il y en avait de très lourds) afin de les menotter par des colsons en plastique pour ensuite les embarquer dans leurs «paniers à salade». Le public, plusieurs dizaines dadultes, passants ou habitants du quartier, et même quelques touristes grecs et anglophones, huait littéralement les flics, jusquà chanter et applaudir en rythme «libérez le Carnaval» sous les encouragements des bons vivants compressés par la police. Cependant, vu les cris de douleur que provoquait chaque arrestation, certains passants ont tenté darrêter cette mascarade de mauvais goût en interpellant directement les policiers, voire en sinterposant. Dautres, par solidarité, se sont carrément joints aux réprimés…


Ainsi, tout ce petit monde bariolé, sympathique, et à aucun moment violent, a été arrêté sans ménagement au bout de 45 minutes d
une opération quil faut bien appeler par son nom : une rafle. À la fin, une quinzaine de spectateurs impuissants mais révoltés par le caractère disproportionné de laction policière ont alors interpellé un commissaire venu calmer lun des passants protestataires en le menaçant de larrêter pour «incitation à lémeute». Après sêtre fait applaudir ironiquement par tous ces civils choqués de lattitude scandaleuse et honteuse de la flicaille, le commissaire qui se la jouait gentil, visiblement surpris quil soit contredit par la population même, rejoignit se réfugier parmis ses collègues, grands hommes et femmes aux beaux uniformes bleus, mais qui, en ce début daprès-midi printanier nuageux, avaient des reflets bruns nauséeux…

D
ailleurs, pour l'anecdote, on a pu retrouver un peu plus tard ces mêmes policiers place Royale en train dencadrer un rassemblement anti-avortement de quelques centaines de personnes, organisé par Belgique et Chrétienté, Vlaamse Belang, Nation et FN. La police faisait en fait barrage à un petit groupe de démocrates venus protester contre la prise de parole publique de ces véritables organisations fascistes. Bien entendu, ces dernières avaient toutes les autorisations requises, et sans doute la sympathie des agents de lordre … «nouveau» ?

Un bruxellois dégoûté
Centre de médias alternatifs
de Bruxelles, 28 mars.

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