La police partout, la police au collège

Publié le par la Rédaction

CLAIRement répressif

 

Nouvelle étape de la surenchère répressive : une policière en uniforme a été affectée au collège des Noirettes à Vaulx-en-Velin, classé CLAIR, une demi journée par semaine.

 

Les personnels du LP Seguin de Vénissieux, classé CLAIR, ont quant à eux eu la surprise de découvrir la présence devant l’établissement de deux membres des «Équipes mobiles de sécurité» du rectorat, brigades créées en octobre 2009, sans avoir été prévenus de leur présence.

 

À eux seuls ces deux événements résument la philosophie répressive de ce dispositif, qui prévoit également la mise en place de «diagnostics sécurité» par des policiers référents, ainsi qu’une coopération renforcée entre éducation nationale et police.

 

Ce mélange des genres est pour nous inacceptable et nous dénonçons cette volonté de substituer à une logique éducative une logique policière et répressive.

 

Alors même que l’État casse le service public d’éducation et démantèle l’éducation prioritaire en réduisant la présence d’adultes dans les établissements (suppressions de postes enseignants, vie scolaire), en augmentant le nombre d’élèves par classe (de 24 à 30 dans deux classes de Bac Pro à Seguin par exemple), en supprimant des possibilités de dédoublement de classes faute d’heures affectées, le dispositif CLAIR est présenté par l’État comme une réponse à la «violence scolaire».

 

Pourtant, la première source de la violence à l’école c’est la violence sociale que produit une société de plus en plus inégalitaire, où les inégalités économiques et sociales sont renforcées par la politique de l’État et par un système économique capitaliste fondé sur la course au profit. La deuxième source réside dans la violence institutionnelle d’une école de classe qui tend de plus en plus à une fonction exclusive de reproduction sociale, cette tendance étant nettement présente dans les contre-réformes menées par le gouvernement dans notre secteur. Le dispositif CLAIR est le dernier outil en date de casse de l’éducation, et plus particulièrement de l’éducation prioritaire. Il représente une attaque frontale contre les jeunes des quartiers populaires, mais aussi contre les personnels des établissements situés dans les quartiers populaires : renforcement de la hiérarchie, casse statutaire, instrumentalisation policière de l’école, voilà les ingrédients d’une politique scolaire CLAIRement réactionnaire.

 

Tartagueule à la récré no 83, octobre 2010
Bulletin de la CNT éducation du Rhône.

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 NON à la POLICE au COLLÈGE de NOIRETTES

 

Depuis la rentrée 2010, un policier référent a été installé, en uniforme et en arme, dans l’enceinte de notre collège.

 

Ce nouveau dispositif policier nous pose de graves problèmes déontologiques, dans la mesure où cette présence crée une dangereuse confusion entre l’éducatif et le sécuritaire, chez nos élèves, et chez leurs parents. Elle nous pose également de très graves problèmes d’éthique : Pour ne citer qu’un exemple, nous nous inquiétons, sur l’attitude qu’adopterait ce représentant des forces de l’ordre, s’il découvrait dans notre établissement des élèves sans papier ?

 

Nous protestons contre ce dispositif qui nous a été imposé, car il est contraire aux missions de l’école, et représente un handicap certain pour l’accomplissement de notre travail éducatif envers les jeunes.

 

Pour toutes ces raisons, nous demandons le départ de ce policier.

 

La majorité des personnels réunis en Heure d’information syndicale
 Vaulx-en-Velin, le 6 octobre.

 

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