La police britannique s'arme de drones

Publié le par la Rédaction

Les drones ont fait leur entrée dans la police britannique

La police de Merseyside, dans le nord-ouest de l’Angleterre, pensait entrer dans lhistoire. Il y a quelques jours, elle se vantait davoir procédé à la première arrestation sur le territoire britannique due à lusage dun drone. Le robot volant télécommandé lui avait permis dappréhender un adolescent de 16 ans, en fuite, qui avait tenté de voler une voiture, expliquait-elle alors. Mais lundi 15 février, les forces de lordre ont dû reconnaître quelles avaient outrepassé leurs pouvoirs. On ne sait pas si larrestation a en conséquence été annulée. Mais ce qui est certain, cest que le drone, lui, est pour lheure cloué à terre.

La Civil Aviation Authority (CAA), qui gère l
espace aérien du Royaume-Uni, navait pas donné son autorisation au vol dudit engin. Par souci de sécurité, «la CAA a introduit de nouvelles règles depuis le 1er janvier 2010, selon lesquelles tous les drones doivent être autorisés avant utilisation. Depuis que nous sommes conscients de ces nouvelles règles, nous avons suspendu tous nos vols de drones», explique aujourdhui la police de Merseyside.

Commercialisé depuis moins d
un an par lentreprise allemande AirRobot, le drone de la police de Merseyside, qui coûte quelque 40'000 livres (46'000 euros), présente lavantage dêtre meilleur marché quun hélicoptère et plus facile à utiliser. Face à lintérêt quil a suscité parmi les différentes forces de police britanniques — trois dentre elles se sont déjà équipées de ce robot de 50 centimètres de diamètre qui vole à 50 mètres du sol —, lautorité de régulation aérienne a souhaité encadrer le mouvement.

La CAA devra par ailleurs se prononcer dans les prochains mois sur un autre projet, bien plus ambitieux que celui de la police de Merseyside : l
utilisation à des fins policières de drones militaires — autonomes et non pas télécommandés —, ceux-là mêmes que BAE Systems produit pour lAfghanistan. Léquipementier britannique travaille effectivement depuis fin 2007 sur ce projet qui intéresse notamment les polices du Kent et de lEssex, mais aussi la police des frontières et autres agences émanant du ministère de l’Intérieur.

Invisibles du sol

Les drones de BAE peuvent décoller et atterrir tout seuls, rester en l
air pendant 15 heures et monter jusquà plus de 6000 mètres de hauteur, ce qui les rend invisibles du sol. Dans ces conditions, ils ouvrent des perspectives nouvelles. À lorigine, les forces de lordre du Kent, qui sont motrices sur ce projet, expliquaient que de tels instruments seraient très utiles pour surveiller le trafic maritime et limmigration entre la France et lAngleterre. Il semble que, depuis, le spectre des possibilités se soit considérablement élargi.

Les clients potentiels de BAE parlent désormais d
utiliser les drones de guerre pour lutter contre les vols aux distributeurs de cartes bleues, surveiller la circulation routière ou encore organiser des opérations de recherche et de sauvetage. Ils pourraient également savérer utiles, font-ils valoir à la CAA, lors des manifestations ou des Jeux olympiques prévus à Londres en 2012. Ils pourraient bientôt faire partie de la routine du policier britannique.

Leur presse (Virginie Malingre, Le Monde), 18 février 2010.


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