La passion de la liberté

Publié le par la Rédaction

La passion de la liberté

Encore un autre épisode dans les chroniques de la répression est désormais bien connu de tous : le 1er octobre, Alfredo Bonanno (d’Italie) et Christos Stratigopoulos (de Grèce), deux anarchistes qui ont déjà été frappés par la répression à un certain nombre d’occasions, ont été arrêtés en Grèce après un braquage et emprisonnés dans la petite ville d’Amfissa. Il n’est pas dans notre intention de commenter leur acte, qui a néanmoins notre pleine sympathie, nous ne nous livrerons pas non plus à d’autres détails concernant l’arrestation de ces compagnons, qui ont déjà été abondamment exposés dans des tracts et des communiqués que l’on peut lire sur ces pages et ailleurs.

Au contraire, ce que nous ressentons la forte envie de faire ici est de rappeler à tous les compagnons lisant ces lignes que Christos et Alfredo sont toujours retenu dans le camp de concentration d’Amfissa et qu’il est temps d’y réfléchir avec une détermination plus grande.


Chacun sait maintenant quelque chose des conditions de détention à Amfissa. Aucune créature vivante ne devrait être placée en un endroit si cauchemardesque. Voila pourquoi nous voulons sa destruction une fois pour toutes, ainsi que de toutes les prisons et les maisons d’arrêt de ce monde, un désir que nous et beaucoup d’autres compagnons avons souligné à plusieurs reprises par les mots et parfois (beaucoup trop peu, nous en avons peur) par des actes. Nous convenons tous aux points déjà très débattus de l’attaque de ce système d’exploitation qui construit des prisons et réprime toutes formes de rébellion, ainsi que la destruction totale de toutes les prisons. Nous reconnaissons aussi que soutien et solidarité doivent être donnés aux compagnons emprisonnés de partout. Nous voulons tous nos camarades dehors, aux cotés de chaque rebelle actuellement retenu dans les cachots de n’importe quel État et, ayant notre propre concept de la rétribution sociale, nous sommes contre la prison, même pour nos ennemis.

C’est dans ce contexte que nous voulons souligner le cas spécifique d’Alfredo, dont l’âge et l’état de santé — hélas — sont aussi devenus parties de la chronique. Il est tout à fait évident que sa détention continue dans les conditions présentes est un choix politique précis, soutenu par la loi - où le pouvoir en arrive au degré suprême de sa vengeance sur un révolutionnaire anarchiste qui a toujours été un ennemi juré de l’autorité sous toutes ses formes.

Il est temps d’agir quant à la situation d’Alfredo, qui devient extrêmement sérieuse, aussi bien que de dénoncer les conditions barbares répandues qui continuent à exister dans les prisons grecques malgré une grève de la faim prolongée entreprise par des milliers de prisonniers l’année dernière.

Les concerts de soutien et la contre-information peuvent être des initiatives importantes. Des actions sporadiques contre les symboles du pouvoir sont de beaux actes de solidarité. Mais tous ceux-ci restent isolés en l’absence d’une attaque diffuse et permanente sur l’État et le capital dans leur ensemble, ce qui inclus de travailler à l’extension de la lutte pour impliquer les exploités à l’intérieur et à l’extérieur des murs de l’infamie. C’est une route nécessaire par laquelle élaborer des actions spécifiques, y compris celles destinées à ne pas abandonner les compagnons et individus qui se trouvent dans des conditions particulières aux mains de l’ennemi.

Agissons maintenant pour garder la lutte contre toutes sorte de prisons vivante et effective jusqu’à ce que tous les prisonniers soient libres et toutes les prisons soient détruites, d’abord en détruisant les murs invisibles qui enferment les esprits et les corps dans l’habitude quotidienne et les rituels inconditionnels d’assentiment.

Montrons à nos compagnons otages de l’État que nous sommes avec eux dans la lutte ardente pour la vie et la dignité, que la passion pour la liberté n’est pas juste un slogan, mais un effrayant torrent d’amour et de destruction.

Feu aux prisons

Adapté de l’anglais.


Lettre de Christos Stratigopoulos depuis la prison d’Amfissa (Grèce)

Mes chers…

Salutations de moi et d’Alfredo qui a bien reçu votre lettre hier. Ici les choses n’ont pas changé du tout depuis notre incarcération.

Le problème principal est toujours la situation de santé très précaire d’Alfredo. En-dehors de tous ses problèmes de santé, qui comme vous savez déjà il avait avant d’entrer en prison ici en Grèce, maintenant la douleur à son épaule revient à cause de sa tumeur qui, selon le diagnostic qu’ils ont fait en Italie, avait besoin d’être opérée. Il n’y a aucun doute que sa situation générale a empirée depuis qu’il est retourné en prison. Cela est aussi dû aux conditions extrêmement mauvaises de détention auxquelles nous faisons face, et particulièrement Alfredo à cause de son âge.

De plus, les choses sont ici très lentes au niveau administratif. Par exemple, ils l’ont amenés à l’hôpital local il y a vingt jours pour faire les radiographies de son épaule, mais ne lui ont pas donné la documentation nécessaire de l’hôpital, dont les avocats ont besoin pour présenter une nouvelle demande urgente de sortie. Aujourd’hui, ils nous ont dit qu’au pire vers la fin de la semaine prochaine ils nous donneraient ces certificats médicaux dont les avocats ont besoin.

Pour le moment, tout ce que nous pouvons faire est de patiemment supporter cette situation désagréable.

Je sais que beaucoup de compagnons en Grèce sont conscients de cette situation et sont impatients de savoir ce qu’il adviendra de la deuxième demande d’Alfredo aux juges pour sa sortie pour raisons médicales.

Je ne pense pas qu’il y ait quoi que ce soit de mieux à faire, parce que la nécessité de sa sortie devient essentielle. Presque chaque jour nous recevons des lettres et des cartes postales de beaucoup de camarades en Grèce, mais aussi de presque tout le reste de l’Europe. Cela nous console beaucoup de savoir que nous ne sommes pas seuls pour faire face à cette situation difficile, particulièrement Alfredo pour les raisons expliquées auparavant. Nous avons aussi obtenu une carte postale d’Angleterre, de quelques compagnons à Bristol.

La nouvelle demande de sortie d’Alfredo, avec la nouvelle documentation médicale que nous attendons, devrait être faite quelque part autour du Noël. Nous attendons.

J’espère que vous vous portez bien, etc.



Alfredo envoie ses salutations, peut-être vous écrira-t-il, mais, parmi d’autres choses, sa vue est défectueuse en ce moment. Mais ne vous inquiétez pas, parce que je m’occupe de lui.

Une forte embrassade.

Christos

On peut écrire aux deux compagnons à cette adresse :
Christos Stratigopoulos
Alfredo Maria Bonanno
TZAMALA 27 - 33100 AMFISSA - GREECE

Traduit de l’anglais.
Base de données anarchistes, 8 janvier 2010.


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