La Nucléarisation du monde

Publié le par la Rédaction

 

«J’ai admiré l’excursion ukrainienne. Je crois que désormais le spectacle parlera moins de telles aventures ; et que la mesure du “seuil dangereux” va être considérée du point de vue d’une science plus moderne, mieux informée ; bref, va être multipliée par 4 ou par 12. Chacun combat avec ses armes, et le spectacle n’en a certainement pas de meilleures contre le vrai péril de l’explosion d’une centrale : je veux dire, bien sûr, la psychose de ces puérils et superstitieux aigris non-scientifiques. Et d’ailleurs pourquoi une telle explosion devrait-elle être plus sanglante que ce que nous avions cru voir rue Gay-Lussac ? Ne nous a-t-on pas toujours dit qu’elle était impossible ? Et ce qui est impossible est insignifiant dans ses effets.»
Lettre de Guy Debord à Jaime Semprun, 4 mai 1986.


 

«J’ai relu ici La Nucléarisation du monde. Comme je l’avais pensé à la première lecture, c’était parfait. Et l’histoire a eu la complaisance de permettre ce paradoxe apparemment étrange que cela devienne plus parfait encore : quand le Weltgeist a bien voulu se manifester sous la modeste signature de “Tchernobyl”.»
Lettre de Guy Debord à Jaime Semprun, 12 juin 1986.

 


Publié dans Terre et environnement

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