La légitimité de la lutte armée selon Miguel Benasayag

Publié le par la Rédaction

  

 

Dans le cadre de la campagne pour la libération des militants d’Action Directe, Miguel Benasayag, philosophe, psychanalyste et ancien résistant guévariste en Argentine, s’est exprimé sur la lutte armée dans un entretien filmé. Des paroles qui remettent bien des pendules à l’heure.

 

Né en Argentine en 1953, Miguel Benasayag a étudié la médecine tout en militant avec la guérilla guévariste de l’Ejército Revolucionario del Pueblo (ERP, Armée révolutionnaire du peuple). Arrêté trois fois, torturé, emprisonné durant quatre ans, il a pu quitter l’Argentine du dictateur Videla en 1978 suite à l’assassinat de deux religieuses françaises. Grâce à sa double nationalité franco-argentine (ses grands-parents et sa mère, juifs français, avaient fui la France à la fin des années 30), il s’est retrouvé, sans le savoir, dans un groupe de Français rescapé des prisons argentines et rapatrié vers un pays qu’il ne connaissait pas.

 

Arrivé en France, il est resté un temps membre de l’ERP. Il a raccroché peu après une action d’éclat de son organisation : l’exécution du  dictateur nicaraguayen Somoza, en septembre 1980, à la demande des sandinistes. Devenu militant de la «nouvelle radicalité», Miguel Benasayag est aussi chercheur et clinicien. Auteur, avec Florence Aubenas, de Résister, c’est créer et de La Fabrication de l’information : les journalistes et l’idéologie de la communication (La Découverte), Miguel Benasayag a publié de nombreux ouvrages (Malgré tout, contes à voix basse des prisons argentines chez Maspéro, Utopie et liberté. Les droits de l’Homme : une idéologie ?, Pour une nouvelle Radicalité, La Chasse à l’enfant : L’effet miroir de l’expulsion des sans-papiers aux éditions La Découverte…).

 

Le 6 février 2010, Miguel Benasayag a été interviewé par Jacques Garcin et Michel Ducrot dans le cadre de la campagne de solidarité avec les militants d’Action Directe. En parlant de l’extrême violence de la société, de l’hypocrisie et de la lâcheté de la gauche et de l’extrême gauche, de la rationalité des actes d’Action Directe et des tentatives de pathologisation de ces actes, entre autres choses, il nous enlève les mots de la bouche. Écoutons-le :

 

 

Après une incarcération de 23 ans, Georges Cipriani a enfin obtenu une semi-liberté le 1er avril pour travailler à la Banque alimentaire de Strasbourg et apporter une aide bénévole au Secours populaire. C’est une avancée, mais, dans les faits, il reste semi-détenu puisqu’il passe ses nuits et ses week-ends en prison.

 

Quant à Jean-Marc Rouillan, après un séjour au Centre national d’observation de Fresnes, il présente toutes les garanties nécessaires pour une sortie prochaine. Atteint du syndrome de Chester-Erdheim, maladie rare, grave et évolutive, il attend que la « justice » donne son feu vert pour retrouver le pays du Dehors. Pour accélérer le mouvement, une manifestation nationale est organisée le 5 juin, à 15h, devant la prison de Muret, près de Toulouse, où est embastillé Jean-Marc Rouillan.

 

Plus d’informations sur la campagne de solidarité.

 

Paco - Le Post, 20 avril 2010.

 


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