La justice travaille à Poitiers

Publié le par la Rédaction

Poitiers : Prison ferme pour trois manifestants…

La justice bourgeoise valide les demandes d’Hortefeux : avec entre autres des peines de prison ferme pour trois manifestants…

Sur les 18 personnes interpellées samedi, 8 sont passées en comparution immédiate ce lundi 12 octobre.

Le procès d’une mineure aura lieu le 5 janvier 2010 (rebellion et refus de prélèvement ADN).

Le 23 février se déroulera le procès de deux personnes pour refus de prélèvement d’ADN, ainsi que refus des photos et empreintes pour l’une d’entre elles.

Delibéré à 1h15, le mardi 13 octobre :
— Une première personne : Déclarée coupable de détention de feux d’artifice ; 2 mois avec sursis.
— Une deuxième : Déclaré coupable de détention de feux d’artifice ; 2 mois avec sursis.
— Une troisième : Déclaré coupable de violence sur commissaire (jet de pile) ; 8 mois dont 4 avec sursis, 800 euros d’amendes.
— Une quatrième : Déclaré coupable de dégradations volontaires sur bien privé ; 6 mois avec sursis, 2 ans de mise à l’épreuve (obligation de soin, d’activité et de dédommagement), 2850 euros d’amendes.
— Une cinquième : Déclaré coupable de violence sur commissaire ; 6 mois dont 5 avec sursis.
— Une sixième : Déclaré coupable de violence sur officier de police ; 6 mois dont 5 avec sursis.
— Une septième : Déclaré coupable de dégradations volontaires par incendie et jets de pierre ; 6 mois avec sursis.
— Une huitième : Déclarée coupable de dégradations volontaires sur un bien d’utilité publique ; 6 mois avec sursis et mise à l’épreuve, 300 euros d’amendes pour refus d’ADN et 650 euros pour la Mairie de Poitiers.



Infozone, 13 octobre 2009
Liste d’information pour la France sauvage.



Après huit heures et demie de ce procès absurde et grotesque, des faux témoignages des policiers au zèle démesuré du procureur à faire tomber les condamnations, il faudrait être aveugle pour ne pas déceler la manipulation médiatico-politique qui s’est tramée ce lundi 12 octobre 2009. Plus qu’éreinté-e-s et attristé-e-s après cette journée qui sent la mascarade, nous remettons à très vite la rédaction d’un communiqué plus complet et réitérons notre soutien aux incarcérés.



Saccage à Poitiers : prison ferme pour trois manifestants


Huit personnes étaient jugées en comparution immédiate pour «dégradations volontaires, dégradations de biens publics, coups et blessures», après les violences de samedi.

Des peines de prison ferme de un à quatre mois avec mandat de dépôt, ont été infligées dans la nuit de lundi à mardi par le tribunal correctionnel de Poitiers, à trois des huit personnes jugées dans le cadre des violences survenues samedi dans la cité poitevine.

Les cinq autres suspects ont été condamnés des peines avec sursis allant de deux à six mois, après une audience qui aura duré plus de huit heures et 45 minutes de délibéré.

Patrick, 51 ans, a été sanctionné à huit mois de prison dont quatre fermes et deux étudiants de 18 ans, Samuel et Jean-Salvy, à six mois dont un ferme, avec mandat de dépôt.

Le ministère public avait requis pour les trois, 18 mois dont 10 fermes.

Ces trois décisions ont été accueillies par des cris et des pleurs de la part de la trentaine de jeunes rassemblés dans la salle d’audience et de 40 autres à l
extérieur, en bas des marches du palais de justice.

Les huit personnes étaient jugées en comparution immédiate pour «dégradations volontaires, dégradations de biens publics, coups et blessures sur argent de la force publique dans l
exercice de leurs fonctions». Elles ont dix jours pour faire appel.

Une neuvième personne interpellée, une mineure, comparaîtra devant le tribunal pour enfants de Limoges, d
où elle est originaire. Dix-huit personnes avaient été interpellées après les violences.

«Un parodie de justice»

«C
est une parodie de justice. Pendant ce temps là, les responsables sont dehors. Cest plus facile darrêter les voleurs de pommes», a déploré Me Simone Brunet, conseil de quatre suspects dont les deux jeunes condamnés à un mois de prison ferme.

«Je vais essayer avec le juge d
application des peines de transformer la prison ferme par le port dun bracelet électronique», a-t-elle précisé.

«On a donné de la pâture au peuple. Je n
ai jamais vu ce type de condamnation pour un délinquant primaire, au casier vierge et qui jeté une pile ne blessant personne», a déclaré de son côté Me Philippe Brottier, défenseur de Patrick, condamné à quatre mois fermes.

«Lorsque vous avez un ministre d
’État qui se déplace le jour de laudience alors quil sait pertinemment que les personnes réellement responsables ne sont pas là, cest automatiquement une pression sur le parquet», a-t-il souligné.

Un commando «très bien organisé»

Le ministre de l
Intérieur Brice Hortefeux avait souhaité dans laprès-midi après avoir constaté les dégâts et rencontré des victimes, que la justice «sanctionne et durement» les casseurs.

Une manifestation organisée par un collectif anticarcéral samedi à Poitiers pendant un festival culturel a dégénéré en violences, avec des actions organisées de casseurs.

Une quinzaine de vitrines ont été brisées ou endommagées, des abribus et des cabines téléphoniques détruits, du verre éparpillé dans deux rues piétonnes, avec des tags sur différents monuments.

Selon les autorités locales, les casseurs masqués et cagoulés ont opéré comme un commando «très bien organisé». Une information judiciaire pour «organisation d
un attroupement armé» a été ouverte pour «rechercher les personnes à lorigine de cette manifestation».

Leur presse (AFP), 13 octobre.




De la prison ferme pour certains des casseurs de Poitiers

Huit personnes interpellées après les violences de samedi dans le centre de Poitiers (Vienne) ont été condamnées dans la nuit de lundi à mardi à des peines de prison allant de deux mois avec sursis à quatre mois fermes, a-t-on appris auprès des avocats.

Un homme de 51 ans a été condamné pour une durée de huit mois de prison dont quatre fermes et deux jeunes gens à six mois dont un ferme.

Le parquet avait requis contre eux des peines de 18 mois dont dix fermes.

Les cinq autres se sont vu infliger des peines de prison avec sursis de deux à six mois.

Leurs avocats ont tenté de démontrer devant le tribunal que tous n’étaient que des manifestants et non des casseurs et que les véritables auteurs et organisateurs n
étaient pas dans le prétoire.

«C
est une parodie de justice. On a arrêté les voleurs de pommes mais pas les meneurs», a indiqué Me Simone Brunet, défenseur de quatre condamnés.

Lundi en début d
après-midi, le ministre de lIntérieur Brice Hortefeux est venu sur place pour rencontrer les policiers et les commerçants victimes des violences.

«J
espère que la justice sanctionnera, et durement», a-t-il dit. Un des avocats des accusés, Me Philippe Brottier, a estimé que cette déclaration constituait une pression exercée sur le tribunal.

Samedi en fin d
après-midi, 200 militants se réclamant dun mouvement anti-carcéral sétaient rassemblés dans le centre de la ville où se déroulait le festival de théâtre de rue des «Expressifs».

La manifestation organisée par un collectif contre la prison de Vivonne avait attiré, selon la police, des militants venus des départements voisins et très organisés.

Profitant du festival, les manifestants, portant cagoules ou foulards, armés parfois de bâtons, de fumigènes ou de pétards, se sont attaqués aux vitrines d
une quinzaine de boutiques, ont cassé les vitres des abris de bus et du mobilier urbain et ont «tagué» des monuments.

Une personne a été blessée.

Lundi, alors que les autorités accusent «l
ultra-gauche» davoir organisé cette action violente, Brice Hortefeux a indiqué que la dissolution des groupuscules impliqués pourrait être décidée.

Le procureur de la République Pierre Sennes a ouvert une information judiciaire pour «organisation d
un attroupement armé» dont le but est de «rechercher les personnes à lorigine de cette manifestation».

Leur presse (Claude Canellas, Reuters), 13 octobre.


(…)
Simone Brunet, l’avocate des deux étudiants, dénonce «une parodie de justice». Selon elle, «on a arrêté des gamins qui avaient organisé une vraie manifestation de réflexion sur l’incarcération en France. Il s’est passé autre chose à l’intérieur de la manifestation et cet autre chose, la police ne peut pas l’élucider comme ça. On a jugé des voleurs de pommes mais les vrais responsables courent toujours.» (…)
Leur presse (AP), 13 octobre.



Après l’émeute, un procès en quête de meneurs

La salle d’audience du tribunal correctionnel était trop petite, hier après-midi, pour accueillir tous ceux qui voulaient écouter les explications de huit des dix-huit personnes interpellées après les violences inouïes de samedi. Huit personnes que le parquet avait choisi de juger en comparution immédiate pour trois types de fait : violences avec arme sans ITT à l’encontre de fonctionnaires de police dont deux commissaires ; détention d’artifice non détonant, en l’occurrence des fusées éclairantes ; destruction et dégradation de biens.

Un procès à chaud et à rallonge dans une ambiance lourde et placé sous haute protection policière alors que le ministre de l’Intérieur sillonnait les rues de Poitiers. Une ombre a plané sur l’audience tout au long du procès : celle des organisateurs et meneurs des violences planifiées. Ces initiateurs, ce sont ceux qui ont fait fabriquer des bombes artisanales au chlorate de soude, ou fait éditer des tracts. Ils n’étaient visiblement pas dans le lot des «petites mains» renvoyées à l’audience.

«Cette manifestation avait un but clair de déstabilisation, réagit le procureur de la République, Pierre Sennès, venu requérir en personne. C’est pour rechercher les meneurs que j’ai saisi un juge et ouvert une information judiciaire pour attroupement en bande armé.»

Les autres, les huit prévenus renvoyés à la barre, ont reconnu pour certains, contesté fermement pour d’autres, les faits qui leur étaient reprochés. Majoritairement jeunes, les prévenus n’ont pas ou très peu de casier judiciaire, pour les six qui sont passés devant le tribunal à l’heure où nous bouclions cette édition.

Le parquet a requis des peines lourdes contre quatre personnes soupçonnées de jet de projectiles vers les forces de l’ordre : dix-huit mois de prison, dont dix ferme et le mandat de dépôt.

À l’encontre d’un homme soupçonné d’avoir donné des coups sur la vitrine de la Caisse d’épargne, le procureur réclame six mois de prison ferme et le mandat de dépôt. Contre une jeune femme trouvée en possession de fusées éclairantes, il demande quatre mois avec sursis.

À 23 heures le tribunal n’en avait pas encore fini avec cette affaire…

Leur presse (La Nouvelle République), 13 octobre.


Poitiers : Les meneurs absents,
les «pauvres bougres» à la barre


Les premières personnes jugées hier après le saccage du centre de Poitiers samedi ne sont pas les casseurs ultra-organisés qui ont défié la police. Ceux-là seront difficiles à attraper.

«Moi, je n’y suis pas allé. Je savais que ça pouvait déraper.» Cet étudiant en géographie est venu hier devant le palais de justice soutenir un de ses amis interpellé samedi à la fin de la manifestation qui a dégénéré à Poitiers. Pas le genre à casser du flic, mais plutôt à mener les luttes étudiantes «non violentes». «Mais là, j
ai su par internet que des Totos venaient dItalie pour casser.» Des quoi ? Des «Totos», comme «autonomes». Ces groupuscules qui prônent la violence, le plus souvent à loccasion de grands rassemblements. En Italie ou en Grande-Bretagne, on les appelle les «Black Blocs».

Sauf que là, c
était à Poitiers, au milieu dun festival familial, avec en plus une manifestation contre le transfert des prisonniers de Poitiers vers leur nouveau site de Vivonne (lire CL dhier). A priori sans risque. En tout cas pour les forces de lordre qui ne sattendaient certainement pas à se faire tirer dessus aux fusées de détresse. Et encore moins à recevoir dans leurs locaux le ministre de lIntérieur lui-même deux jours plus tard. «Pourtant, quand jai dit le dimanche à mon fils qui habite à lautre bout de France que Poitiers avait été saccagé, il ma répondu quil le savait avant même la manifestation : il lavait lu sur des blogs sur le net», raconte lavocat dun des neufs prévenus jugés en comparution immédiate. Dans le même temps, des voix politiques sélèvent, à gauche comme à droite, pour sinterroger sur le manque de renseignement de la police nationale.


Des prévenus sans passé judiciaire

L
audience dhier devait être la réponse «dure et sévère» comme le réclamait Brice Hortefeux lui-même (lire ci-dessous). Elle a surtout permis de voir que la police a été prise de court et que ses filets nont attrapé pour le moment que de tout petits poissons. Le procureur Pierre Sennes la reconnu lui-même à plusieurs reprises en précisant notamment quune information judiciaire venait dêtre ouverte pour «provocation à un attroupement armé». «Je suis préoccupé par lorganisation de cette manifestation.»

Qui est cette «organisation» ? Les prévoyants qui ont amené en plein milieu de la manifestation samedi un Caddie rempli de bombes artisanales, de fusées nautiques pour viser la police ou encore de bombes de peinture pour inciter à mettre le «feu aux banques, feu aux prisons». Ce sont aussi les diffuseurs d
un tract très précis «pour se sortir de la sale galère de la garde à vue». Ce sont également les insaisissables, capables de se volatiliser aussi vite quils ont surgi pour provoquer «une véritable émeute et une impression de dévastation», résume encore Pierre Sennes.

Pas le profil en tout cas de Patrick, Nathalie, Serge, trois des neufs prévenus qui ont défilé les uns après les autres jusque tard hier soir en comparution immédiate. Ils ont tous un casier judiciaire vierge quand ils se présentent à la barre. Bien sûr, ils ne sont pas là par hasard. L
un a lancé une pile ronde en direction de la police. Lautre a donné un coup de bâton dans une agence bancaire. La troisième a ramassé des bombes de peinture, restes du saccage pour les mettre dans son sac. «Jai appris en garde à vue que javais pris aussi des feux de détresse !» dont le transport est un délit. Ils nont jamais amené les objets délictueux sur les lieux.

«Tout ça est calculé par les vrais responsables qui ne sont pas là et qui utilisent la détresse sociale de pauvres bougres», plaide l
avocat Me Philippe Brottier. À chaque fois, leur histoire est peu ou prou la même. Un passé ou un présent de marginal, comme Serge, 37 ans, qui vient davoir un appartement après des années dans la rue. «Dans une démarche dinsertion», dit lenquête sociale malgré son problème avec lalcool. Une volonté de manifester sans en découdre, mais à chaque fois un effet dentraînement. «On ma donné une pile ronde, mais je ne peux pas vous dire qui cétait dans la foule», explique Patrick, 51 ans. Il la lancée en direction de la police. Lui navait pas de cagoule. Il sest fait reconnaître par le commissaire quelques heures plus tard. «Ils se retrouvent dans quelque chose qui les dépasse», résume Me Jean Damy.

Les peines requises par le procureur les «dépassent» aussi. Six mois ferme pour le coup de bâton dans la vitrine : «Une infraction purement matérielle !», explique Me Damy. Dix mois ferme et huit avec sursis «pour une pile ronde en cinquante ans !», lancera Me Brottier à propos de son client au casier également vierge.

Les avocats de la défense ne peuvent s
empêcher de voir la demande ferme du ministre Hortefeux «tentant dexercer une espèce de pression» par sa venue et ses déclarations, à quelques mètres du palais de justice et quelques minutes avant le début de laudience.

Tard hier soir, le tribunal n
avait toujours pas rendu ses jugements. En attendant, on sait déjà que la police sera sur le qui-vive samedi à Rennes. Une «manifestation de soutien aux luttes de l’Ouest» est organisée. L’affiche est encore visible sur une cabine téléphonique, juste à côté des vitres cassées de la boutique Bouygues. Là où un salarié a été blessé samedi.

Leur presse (Maurice Bontinck, Charente libre), 13 octobre.

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ceriselibertaire 13/10/2009 12:20


Je maintiens que le profil du préfet de Poitou-Charente Bernard Tomasini n'est pas pour rien dans le déroulement de l'affaire.

Fiche wikipédia (je n'ai pas poussé ma vérification plus avant)


Bernard Tomasini est le fils de René Tomasini, ancien secrétaire général de l’UDR, considéré comme le parrain politique de Charles Pasqua et du jeune Jacques Chirac.


Ancien patron de garage, Bernard Tomasini est titulaire d'un diplôme en sciences économiques et d’un « Master in Business administration ».


Charles Pasqua l'appelle au ministère de l'intérieur pour être son chef-adjoint de cabinet (1986-1988) puis son chef de cabinet (1993-1995). Bernard Tomasini est ensuite versé dans le corps
préfectoral.


Le 7 décembre 2005, le préfet Bernard Tomasini est nommé préfet du Val-de-Marne, où il doit gérer l’affaire des squatters de Cachan. Il est à cette occasion piégé par l'humoriste Gérald Dahan.


Par décret du 9 octobre 2008[1], il est nommé préfet de la région Poitou-Charentes.


Bernard Tomasini est officier de la Légion d'honneur (JORF du 1er janvier 2009).