La grève des mères

Publié le par la Rédaction

Ceux qui ne veulent pas d’enfants envahissent Paris

 

«Nous ne sommes pas des monstres !» C’est pour prouver à leurs détracteurs qu’on peut être sain d’esprit et ne pas vouloir d’enfant que Théophile de Giraud et Frédérique Longrée organisent ce samedi 15 mai la seconde édition de la fête des non-parents [Elle se déroulera de 19h à 23h au Comptoir général, sur le canal Saint-Martin.], la première en France.

 

Qui sont ces non-parents, qui se disent victimes du conformisme social ambiant ? «Le phénomène touche tout le monde, estime Théophile de Giraud, mais il est bien sûr plus facile de résister à la pression quand on a des connaissances et une certaine éducation. Dans mon entourage, les childfree sont des gens très ouverts, de bon niveau scolaire. Ce sont souvent des idéalistes.»

 

Concrètement, il existe trois «types» de non-parents.

 

Il y a les simples childfree — appellation venue des États-Unis : ceux-là ne veulent pas denfants et entendent quon les laisse tranquilles. Et puis il y a les anti-natalistes et les dénatalistes, qui prônent une diminution de lespèce humaine, notamment pour la protection de lenvironnement. Les trois courants seront représentés à la fête par trois personnalités, invitées dhonneur : Noël Godin, humoriste belge anarchiste, Corinne Maier, psychanalyste et auteur du très controversé No Kid, quarante raisons de ne pas avoir d’enfants. Sera également présente Laure Nouahlat, journaliste à Libération et feu Siné-Hebdo, partisane de la décroissance économico-démographique.

 

À en croire lorganisateur de la fête des non-parents, le mouvement childfree est en pleine expansion et sétend au-delà de lAtlantique. Et de confirmer cette impression par un chiffre : «Une étude publiée par Philomag lannée dernière, révélait que 10% des Français nont pas denfants et nen veulent pas.»

 

Comme au Brésil - Didier Super

 

Service rendu à lhumanité, protection de lenvironnement, envie de jouir de sa propre existence sans entrave, tels sont les principaux arguments de ces citoyens à contre courant. Mais sils assument pleinement leur choix de vie, celui-ci nest pas toujours facile à vivre : il leur vaut de fréquentes remarques, parfois des insultes. «En tant quhomme je nai pas à me plaindre, dautant que je vis dans un milieu artistique et anarchiste, précise Théophile de Giraud, auteur du pamphlet L’art de guillotiner les procréateurs. Mais les femmes subissent beaucoup de pressions.»

 

«Cest au niveau sociétal que nous voulons agir, renchérit le militant. Partout est véhiculé le modèle dune famille heureuse ; dans les publicités, les médias. Il faut briser ce tabou, que nous puissions être respectés dans notre choix.» Tous les jours, lanti-nataliste reçoit dans sa boîte mail — outre des injures — des témoignages de childfree victimes de cette pression, dont celui de Didier. Lui qui ne voulait pas denfants, au grand dam de sa femme et même de sa sœur, a fini par être envoyé chez un psy, un véritable choc pour lui. «Ce qui est le plus dommage, ce sont les gens qui ne sont pas fait pour avoir des enfants, mais cèdent à la pression. Je ne pense pas que les enfants soient forcément malheureux par la suite, mais c’est malsain de pousser à cela.»

 

Dénoncer cette pression sociale en s’amusant, tel est le but du rassemblement. Une première édition de la fête des non-parents, organisée l’année dernière à Bruxelles, avait déjà remporté un certain succès.

 

Leur presse (Laura Béheulière, L’Express), 15 mai 2010.

 

 

Dans le JDD - Dans les Inrocks.

 


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A.D. 16/05/2010 21:31



L'entarteur Godin, plutôt symphatique, anarchiste est-il écrit là-dessus, bon d'accord...mais qu'est-ce que c'est que ces malthusianistes...ces décroissantistes tristes, ces" chid-free ",soucieux
de tranquillité qu'on imagine dans des" reserved- gatered communauties", sous la surveillance de vigiles et de caméras. Le problème c'est bien les adultes et leur façon de vivre et de reproduire
ce monde dans l'exploitation, la domination, les classes.
Si les décroissantistes, les néo-malthusiens pensent que c'est un grand pas que de vivre dans une certaine austérité, pourquoi pas ? Si les anti-natalistes sont persuadés que nous (les
hommes-femmes-enfants) sommes trop nombreux, que c'est le problème, pourquoi pas ? Qu'ils exposent ces lubbies comme des recettes c'est autre chose. Nous( moi) n'avons pas besoin de conseiller en
mode de vie dans ce monde, pas besoin d'apôtres, ni de programme, nous (hommes-femme-enfants) pouvons inventer.