La carte d'identité ne suffit pas ?

Publié le par la Rédaction


Hortefeux vient de lancer un débat pour définir «que veut dire être Français». Le fait que le pouvoir pose la question a un seul sens : posséder la carte d’identité nationale suffit pour être Français pour un Blanc mais pas pour un non-Blanc. Pareil avec le fichier «nouvel Edvige» : le pouvoir, sous la forme camouflée de «l’origine géographique», officialise le fichage racial et/ou social. Exemple : un Blanc originaire du 93 pourra être fiché comme habitant du «93» avec tout ce qui va avec pour l’État : pauvre, criminel, dealer en puissance, un Noir du 93 sera fliqué de la même manière, mais en plus, lui il sera stigmatisé comme venant d’Afrique, des Antilles… Après la double peine, c’est le double fichage.

On est donc repartis pour un tour de manège et dans le rôle de l’occupant de l’auto-tamponneuse le bon vieux peuple français à qui le gouvernement jette des jetons pour mieux tamponner l’immigré pieds et poings liés au milieu de la piste. Quelle triste époque de voir cette peste brune digne des devises pétainistes «Travail, Famille, Patrie» s’insérer dans les esprits sans réaction que ce soit de civils ou d’organisations politiques. Mais cette peste s’inscrit plus largement dans un plan des nations blanches qui veulent récupérer et nettoyer leurs territoires trop longtemps «souillés» par des hordes d’immigrés réputés «incivilisables» et pas assez clairs dans la déco locale.

Pour rafraîchir les mémoires à ceux qui croient que tout ceci n’est qu’une histoire de race, d’ethnie et de religion et qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez : ces hommes et ces femmes ont eu un droit d’entrée sur le territoire français non pas par la générosité de la France mais juste par intérêt du patronat de ces pays qui, à la sortie de 2e Guerre mondiale, avait besoin d’hommes et de femmes corvéables à merci et sous payés pour les exploiter en leur faisant subir une double oppression : sociale et raciale. Mais les Trente Glorieuses, comme le monde ouvrier et ses usines c’est fini donc que faire de ces populations qui font tâche dans le décor national, de cette génération née sur ce territoire le cul entre deux chaises ne sachant même pas choisir entre larbinage républicain ou port de tee-shirts à l’effigie de pays qu’elle ne connaît pas du genre «Algérie forever» ? Il est temps de laisser ces Blancs dans leur névrose et leur peur et que les immigrés organisent eux-même un contre-débat sur leur situation, qu’ils disent à tout le monde leurs exigences face à la montée des idées et des actes réactionnaires. Il est temps de s’organiser et de dire au bon vieux peuple français accepte nous comme nous sommes avec nos qualités et nos défauts et… tournons-nous, ensemble, contre nos ennemis.

Résistons ensemble no 80, novembre 2009
Contre les violences policières et sécuritaires.

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