La barbarie travaille

Publié le par la Rédaction

La loi républicaine à Nangy : des familles roms harcelées

Après une expulsion de l’agglomération annemassienne, plusieurs familles roms (50 personnes environ) squattaient depuis plusieurs semaines une fruitière désaffectée et promise à la démolition.

La loi républicaine sur l’instruction obligatoire était respectée. L’école publique scolarisait les enfants roumains roms malgré l’opposition du maire. Les enfants étaient heureux.

La loi républicaine sur le droit aux soins était respectée. Les personnes malades et surtout les femmes enceintes étaient suivies et prises en charge par l’Hôpital public.

La Fraternité était organisée. Emmaüs, les Restos du Cœur, les parents d’élèves de Nangy et d’autres bénévoles fournissaient nourriture et vêtements chauds. Une dignité humaine était tant bien que mal rendue. Mais la loi républicaine sur l’Ordre public existe et se devait d’être respectée aussi…

Vendredi matin à 6 heures : 50 gendarmes cagoulés, armés, sont venus à bord de 11 véhicules, pour un contrôle d’identité musclé avec mise à terre des hommes et menottes. Les enfants, à l’école le matin, traduisaient dans leurs dessins et leurs jeux ces événements. 11 d’entre eux sont scolarisés à Nangy. Les gendarmes sont revenus hier matin 24 mars, jour sans école, avec un huissier, les familles sont évacués sans ménagement avec beaucoup d’effets perdus. L’escaler d’accès est détruit. L’intérieur et l’extérieur de la fruitière sont abondamment arrosés de lisier pour empêcher la réoccupation des lieux.

Les propositions de relogements de la préfecture, séparant les membres d’une même famille sont refusés. La nuit s’est passée dehors, sur matelas et couvertures apportés par les militants, sous les banderoles de la LDH, agrémentée par les passages de véhicules de la gendarmerie équipées de projecteurs.

Tous les enfants devaient être à l’école à 8h30. Telle était la situation ce matin (à suivre).

LDH Annemasse, 25 mars 2010.






Nice : Deux squats de Roms détruits route de Grenoble


Les forces de police ont procédé hier matin à l’expulsion des familles installées dans des masures insalubres.

8h30, hier, route de Grenoble à Nice. Un bulldozer fracasse une caravane et les bicoques de tôle des squatteurs. Charrie les détritus et les ordures. À quelques pas de là, policiers et Roumains se font face. En silence.

Lors d’une opération conjointe des polices municipale et nationale, deux baraquements du squat géant installé le long de la RN 202 ont été détruits. Sur ce terrain vague, qui appartient à la ville, vivent depuis des mois près de 160 Roumains — hommes, femmes et enfants — répartis dans plusieurs masures à l’abandon.

«Je souhaite que ce type d’actions puisse se poursuivre à chaque fois qu’un nouveau squat aura été identifié de façon à mettre un terme au développement anarchique et insalubre de ces types d’habitats», a réagi Christian Estrosi. La veille, le maire de Nice avait annoncé une série de mesures visant à renforcer la sécurité et avait promis de régler rapidement — «dans une quinzaine de jours» — le problème des squats de la plaine du Var.

«Où on va dormir ?»

La préfecture affirme avoir proposé un relogement aux familles expulsées. Ce que démentent les squatteurs qui se sont installés 100 mètres plus loin. «Ils ont cassé notre maison», soupire Elisea en berçant son fils. «En Roumanie aussi, ils ont cassé nos maisons, c’est toujours la même histoire.» Elle explique que sept personnes vivaient dans les bidonvilles réduits en miette. Montre une baraque verte à deux pas : «On va aller là.» À côté une fillette secoue la tête : «Mais la police a dit qu’elle reviendra bientôt pour casser toutes les maisons, où on va dormir ?»

Leur presse (Nice-Matin), 19 mars.

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