L'instant d’après. Projectiles pour une politique à l'état naissant, Bernard Aspe

Publié le par la Rédaction

Dans l’ordre démocratique-policier qui est le nôtre, les communautés humaines sont rassemblées sous le commandement de ceux qui ont des titres à commander, titres prouvés par le fait qu’ils commandent. La politique est précisément la rupture de cet ordre-là. L’Instant d’après survient sur les traces immédiates de cette rupture. C’est l’instant décisif où se décide si, une fois de plus, elle va aboutir au désaccord entre le dire et le faire, à l’élargissement de la distance entre le fantasme et le réel, ou si au contraire elle va permettre l’émergence de nouvelles formes de vie.

Il ne s’agit pas de proposer de nouvelles théories politiques, encore moins des systèmes d’organisation. Il s’agit plutôt de montrer comment sortir des oasis, de ces refuges dans notre fuite, que sont aussi bien la création d’une œuvre, la «réalisation de soi», l’action militante ou la vie d’une collectivité autonome. Car «beaucoup de ceux qui ont regardé les événements de novembre 2005 ont d’abord éprouvé l’absence d’un espace politique à la hauteur de ces événements. Ceux-là avaient déjà l’habitude de ne rien attendre du militantisme et s’étaient sans doute pour la plupart éloignés de l’étouffement radicaliste… C’est à eux, justement, les êtres les plus quelconques, plus ou moins perdus dans leurs études et leurs métiers, plus ou moins empêtrés dans les restes d’un État-providence qui tournent en hypercontrôle sélectif, c’est à eux qu’il revient de faire en sorte que de l’imprévisible, et donc du réellement menaçant, ait lieu.»

En donnant un sens nouveau à des notions anciennes — l’éthique, le messianisme, le jeu — en convoquant là ou elles sont peu attendues de grandes figures philosophiques — Kierkegaard, Wittgenstein — Bernard Aspe explore le sable du désert autour des oasis où nous attendons l’instant d’après. «Sur le sable, il y a aussi des marques laissées par d’autres. Ambivalence des empreintes : elles peuvent nous livrer à la police, mais elles sont aussi la preuve que nous ne sommes pas seuls.»

Sommaire : Le sable du désert – Jeux (I) – Élément éthique – Véridictions – Jeux (II) – Empreintes – Notes.


L’instant d’après. Projectiles pour une politique à l’état naissant est paru en 2006 aux éditions La fabrique.

Une rencontre avec Bernard Aspe aura lieu lors de l’université ouverte 2009-2010
.

Tex
tes de Bernard Aspe disponibles en ligne :
-  Sur City of Quartz, Mike Davis, City of quartz. Los Angeles capitale du futur, éditions La Découverte, 1997, Paris. Alice, 1998.
-  Thompson et le problème de la conscience, La formation de la classe ouvrière anglaise, Gallimard-Le Seuil, coll. «Hautes Études», Paris, 1988. Alice, 1999.
-  Une histoire-mouvement Sur De l’esclavage au salariat. Économie historique du salariat bridé, Yann Moulier Boutang, Paris, PUF et Actuel Marx, 1998. Alice, 2000.
-  Commencer un mouvement comme si l’on était déjà en train de le continuer… ; Pour une politique du savoir, Bernard Aspe, 2009.
Avec Muriel Combes et Maurizio Lazzarato
-  Le travail : un nouveau débat pour de vieilles alternatives, Futur antérieur, 1996.
Avec Muriel Combes
-  Du vampire au parasite, Futur antérieur, 1996.
-  Revenu garanti et biopolitique, Alice, 1998.
-  Des libertés matérielles, Alice, 2000.
-  Retour sur le camp comme paradigme biopolitique, Multitudes, 2000.
-  L’acte fou, Multitudes, 2004.

CIP-IDF, 23 janvier 2010.

Publié dans Agitation

Commenter cet article