L'épopée du Nom Lieu

Publié le par la Rédaction

 

«Ce qui est contraire est utile ; ce qui lutte forme la plus belle harmonie ; tout se fait par discorde.» — Héraclite, fragment 8.

 

Nouvelle réquisition et occupation d’une maison vide à La Riche, tout près de Tours. Après une marche festive, le jeudi 10 mars, une trentaine de personnes déguisées sont entrées au 19 de la rue de la Parmentière, et y ont fait la fête.

 

Le Nom-Lieu s’est encore trouvé un toit ! Comme nous l’avions annoncée dans l’appel précédent, nous gardons la volonté d’ouvrir des espaces d’expérimentations, de créations, de partages, de liens combatifs. Chaque bout de territoire arraché au contrôle de l’État et de l’argent est une petite victoire.

 

La Police Nationale est demeurée sur le qui-vive : elle nous serrait de près pendant la marche, est venue avec du renfort d’hommes et de matériel devant la maison (heureusement, ils ne savent pas ouvrir une porte quelque peu rouillée par le temps), puis la BAC a continué ses rondes dans le quartier jusque tard dans la nuit.

 

Cette après-midi, deux officiers et deux sous-fifres à vélocipèdes, accompagnés du maintenant célèbre huissier Morfoise (cf. précédent communiqué), ont pénétré dans le jardin par effraction (en tordant la partie basse du portail métallique). Demande leur a été faite de sortir, mais sans résultat, sinon des grimaces de mépris de leur part. Ils venaient constater l’occupation du bâtiment, faire savoir qu’un référé serait prononcé très prochainement à notre encontre, et convoquer l’un de nous au commissariat pour une vieille histoire d’ordonnance pénale.

 

La loi passe son temps à violer ses propres règles, et ceci particulièrement dans l’agglomération tourangelle. Nous entendons bien faire de même…

 

Nous invitons samedi à 19h30, à une soirée barbeuk, avec récup à 12h45, place du Grand Marché. Chacun vient avec ses envies et ses idées, il y a de place pour les concrétiser. La nuit sera à nous.

 

Dimanche à 16h, assemblée pour organiser les jours qui suivront, et les projets réalisables. Venez à l’heure, pour profiter du soleil au jardin.

 

Lundi, nous vous proposons un cours de langage des signes entre 15h30 et 16h30.

 

Et, si tout se passe bien, on vous revoit vendredi 18 pour une pièce de théâtre.

 

Tout ça, évidemment, si nous ne sommes pas expulsés avant…

 

LES DÉMONS DE MINUIT (contact), 12 mars 2011.

 

 

À coups de pied de biche nous détruirons le vieux monde

 

L'idée préconçue selon laquelle un squat serait un repère de drogués ou de clodos est encore trop rependue. Un squat c'est lieu un vide qu'occupent directement ceux qui en ont besoin, que ce soit pour se loger, ou organiser des concerts, des activités culturelles ou artistiques.

 

Parce que toute contestation partielle rejoint la fonction répressive du vieux monde, nous nous refusons à séparer la lutte pour le logement, de la lutte contre la domination sous toutes ses formes.

 

Lutter pour le logement, c'est lutter pour des miettes sans s'attaquer au système qui fait que des gens sont à la rue, pendant que des logements sont vides pour faire monter les prix de l’immobilier. C'est accepter tacitement ce système qui tout les jours te fout un flingue sur la tempe et te dit : «Va bosser sinon tu pourras plus payer et tu dormiras dehors».

 

Ouvrir un squat c'est non seulement obtenir un toit, mais c'est une attaque portée contre la société spectaculaire marchande. C'est un espace où la religion de la marchandise n'a pas cours, et dans lequel les gens peuvent échanger des idées, des pratiques ou simplement partager un bon moment hors des rapports biaisés du spectacle.

 

Nous ressentons cette nécessité, de ne pas attendre d’hypothétiques grands soirs pour commencer à vivre ; le squat c'est l'opportunité de commencer ici et maintenant à déconstruire les rapports qui nous aliènent et à prendre conscience de la force et de la joie qui réside en chaque individu. C'est un endroit ou les séparations qui ordonnent les différents pans de l'existant sont abolies, rien n'y est plus ou politique, ou social, ou économique, etc. Mais tout cela à la fois et tellement d'autres trucs qu'on ne peut pas tous les imaginer.

 

Le Nom-Lieu a ouvert dans cette optique chacun est invité à venir proposer des activités, des ateliers ou simplement à passer un bon moment autour d'un verre ou d'un repas.

 

L'adresse c'est 19 rue de la Parmentière (rebaptisée rue des Pétroleuses) à la Riche.

 

Samedi 12 mars, 19h30, barbeuk (amenez du boire et du manger et des trucs à griller, vos instruments de zik et vos K7)

BONNE HUMEUR EXIGÉE À L'ENTRÉE

 

Lundi 14 mars, 15h-16h30, initiation à la langue des signes

 

NOUS VOULONS DES LIEUX POUR HABITER LE MONDE
À BAS LA SOCIÉTÉ SPECTACULAIRE MARCHANDE TECHNO INDUSTRIELLE
PIRATONS LE SYSTÈME / OUVRONS DES SQUATS !

 

Collectif «Ya pas que les toilettes qu'on occupe».

 


Commenter cet article