Cinq manifestants abattus par des snipers à Douz - L'armée quadrille Tunis - 12 janvier

Publié le par la Rédaction

Douz, aujourd’hui mercredi 12 janvier 2011

 

Aljazeera: witness: police kills 5 in southern city of Duz… Army protects official buildings and didn't intercede (#sidibouzid).


 Hatem Ben Taher, maître de conférences à l'université de Gabes, assassiné par un tireur d'élite de la police du gouvernement tunisien, pendant des manifestations à Douz :

 

 

 

Tunisie : graves affrontements police/manifestants dans le centre de Tunis

 

Des manifestants et les forces de l'ordre se sont affrontés dans le centre de Tunis mercredi en début d'après-midi et la police a eu recours aux gaz lacrymogènes pour disperser la foule, a constaté une journaliste de l'AFP.

 

Des centaines de jeunes criant des slogans contre le régime sur la place de la porte de France ont essayé d'avancer vers l'avenue Habib Bourguiba, et les forces de sécurité leur ont barré la route en tirant des grenades lacrymogènes.

 

Aucun bilan de ces affrontements, les plus graves à se produire dans Tunis depuis le début des émeutes en Tunisie au mois de décembre, n'était disponible dans l'après-midi, alors que les violences ont cessé.

 

Des passants pris de panique, les yeux larmoyants ont été repoussés par la police dans les ruelles. Les souks se sont vidés et les commerces, y compris une grande surface, ont baissé leurs rideaux. «Fermez, fermez, ils ont tous cassé», criaient des passants à l'adresse des vendeurs ambulants à l'entrée des souks.

 

Leur presse (AFP), 12 janvier - 15h43.

 

 

Sfax 

LIVE FROM SFAX: 30,000 people in streets in Sfax city in Tunisia  (#sidibouzid).

 

 

 

Un bâtiment gouvernemental en feu à Sfax - 14:05 GMT 

 

 

Selon des syndicalistes, des grèves générales sont organisées dans les provinces de Kasserine, Sfax et Gabes aujourd’hui, dans celles de Kairouan et de Jendouba demain jeudi, et dans celle de Tunis après-demain vendredi.

 

La centrale UGTT revendique la mise sur pied d’une commission d’enquête sur les tirs à balles réelles contre les manifestants ; le retrait des forces militaires des villes ainsi que l’arrêt de l’emploi des forces spéciales par le ministère de l’Intérieur.

 

1035 GMT: Labour activists have told Al Jazeera that there will be general strikes in the provimces of Kasserine, Sfax, and Gabes today, with plans for a strike on Thursday in the provinces of Kairouan and Jendouba and on Friday in Tunis.

The General Union of Tunisian Workers has called for a fact-finding commission to investigation the firing of ammunition into crowds. It has also demanded the immediate withdrawal of military forces from cities and the end to use of special forces by the Ministry of Interior.

 

EA WorldView, 12 janvier.

 

 

Avenue Habib Bourguiba à Tunis

 

 

Après son appel au départ de Ben Ali, Hamma Hammami enlevé à son domicile - Tunisie

 

Hamma Hammami, porte parole du PCOT (parti communiste ouvrier de Tunisie) a été enlevé à son domicile, aujourd'hui vers midi, par la police politique. On a cassé la porte de son appartement pour y accéder et l'enlever sauvagement devant des membres de sa famille et des amis militants.

 

Pour rappel, cet enlèvement intervient après son appel au départ de Ben Ali et à la tenue d'élections libres et transparentes en Tunisie. Il est également intervenu sur plusieurs chaînes de télévision et radios où il dénonce la situation actuelle en Tunisie et le massacre perpétré par la police politique sur les manifestants tunisiens.

 

La situation est grave, Hamma Hammami risque sa vie, comme tous les Tunisiens qui osent s'exprimer librement en Tunisie.

 

Nadia Hammami - Tristao's flux, 12 janvier.

 

 

Tunisie : un membre du Parti Pirate battu durant sa détention

 

Des sources directes de Tunisie confirment que le membre du Parti Pirate détenu Azyz Ammami a été battu par des officiers de police. De plus, on l'a forcé à prendre un avocat favorable au régime au lieu de lui laisser choisir le sien.

 

Les membres du Parti Pirate Azyz Ammami et Slim Amamou ont été emprisonnés vendredi et sont accusés, sur les bases des attaques DDoS des Anonymous, de dégradation de la propriété de l'État. Nous n'avons actuellement aucun contact avec eux et rien ne permet de savoir si les charges seront retenues ou abandonnées.

 

Les Partis Pirates de nombreux pays demandent instamment aux officiels européens et tunisiens d'intervenir pour s'assurer que les droits fondamentaux d'Azyz et Slim soient respectés. 

 

Parti Pirate, 12 janvier.

 

 

Tunis, mercredi

L'armée se déploie à Tunis

 

L'armée tunisienne s'est déployée aujourd'hui à Tunis où la tension est montée au lendemain d'affrontements entre la police et des manifestants qui ont éclaté dans la nuit dans sa banlieue ouest populaire, a constaté l'AFP. 
Ce mercredi est une journée de grève générale à l'appel des syndicats, dans toute la Tunisie.

 

 

Des renforts militaires, soldats en armes, camions, jeeps et blindés, ont fait leur apparition dans Tunis pour la première fois depuis le déclenchement des affrontements que connaît la Tunisie depuis quatre semaines. Ces renforts étaient postés à des carrefours du centre de Tunis et à l'entrée de la cité Ettadhamen (Solidarité) où des dégâts d'une nuit de violences étaient visibles.

 

Un blindé tout feu allumé et des soldats en armes étaient positionnés à l'entrée de ce gros faubourg où des carcasses de véhicules, dont un bus, incendiés n'avaient pas encore été enlevées, près du siège de la délégation (sous-préfecture) attaqué la veille. Des bris de verre et des pneus brûlés jonchaient la route de Bizerte qui traverse les cités Ettadhamen, Intilaka et El Mnihla, des quartiers populaires qui se succèdent, dans l'ouest de la capitale.

 

Dans Tunis, outre des renforts importants de police et unités d'intervention spéciales, deux véhicules de l'armée et des soldats en armes montaient la garde sur la place reliant les avenues de France et Habib-Bourguiba, face à l'ambassade de France et à la grande cathédrale de Tunis. Cette place avait été la veille le théâtre de manifestations étouffées par la police. Des renforts militaires étaient également visibles autour de la maison de la radio-télévision dans le quartier La Fayette, et d'autres sur la place du Passage, terminus du tramway qui fonctionnait. La circulation automobile était presque normale, de rares bouchons en banlieue étant provoqués par la pluie.

 

Les stations de radios nationales et privées diffusaient leurs programmes normalement, la radio gouvernementale revenant largement sur les mesures prises par le président Zine El-Abidine Ben Ali pour désamorcer la crise déclenchée par des manifestations contre le chômage dans le centre-ouest et qui s'est propagée dans la plupart des régions du pays.

 

Ben Ali limoge le ministre de l'Intérieur et libère les détenus
Le président tunisien Zine el Abidine Ben Ali a changé son ministre de l'Intérieur et ordonné une enquête sur des actes de corruption présumée concernant des responsables publics, a annoncé ce matin le Premier ministre.
Il a également ordonné la libération de toutes les personnes détenues depuis le début des troubles en Tunisie, a ajouté Mohamed Ghanouchi devant la presse.

 

Radio Kalima - Algérie, 12 janvier.

 

 

Gabes 

Army deploying 2 in Gabes 12/10/2011 (SBZ_news).

 

 

 

 

La contestation s'accentue à Tunis

 

La capitale tunisienne est à nouveau touchée ce mercredi par la contestation des jeunes manifestants. Les tensions s'intensifient, l'armée a été appelée en renfort.

 

Ce mercredi, Tunis redevient un foyer de tensions entre la police et les manifestants tunisiens, après une nuit d'affrontements dans la banlieue ouest populaire de la capitale. Cette semaine, les manifestations étaient surtout vives dans les villes de Regueb, Thala et Kasserine, situées au centre du pays, et aux villes côtières.

 

 

L'armée appelée en renfort

 

Des renforts militaires, soldats en armes, camions, jeeps et blindés, ont fait leur apparition cette nuit dans Tunis pour la première fois depuis le déclenchement des affrontements, le 17 décembre dernier. Ces renforts étaient postés à des carrefours du centre de Tunis et à l'entrée de la cité Ettadhamen (Solidarité) où des dégâts d'une nuit de violences étaient visibles.

 

Un blindé et des soldats en armes étaient positionnés à l'entrée de ce gros faubourg où des carcasses de voitures et d'un bus incendiés n'avaient pas encore été enlevées, près du siège de la Délégation (sous-préfecture) attaqué la veille.

 

Deux véhicules de l'armée et des soldats en armes montaient également la garde sur la place reliant les avenues de France et Habib Bourguiba, face à l'ambassade de France et à la grande cathédrale de Tunis. Cette place avait été la veille le théâtre de manifestations étouffées par la police.

 

Des renforts militaires étaient par ailleurs visibles autour de la maison de la radio-télévision dans le quartier La Fayette, et d'autres sur la place du Passage, terminus du tramway qui fonctionnait.

 

Pas de perturbation sur les routes

 

Des bris de verre et des pneus brûlés jonchaient la route de Bizerte qui traverse les cités Ettadhamen, Intilaka et El Mnihla, des quartiers populaires qui se succèdent, dans l'ouest de la capitale.

 

Malgré ces incidents, la circulation automobile était presque normale, de rares bouchons en banlieue étant provoqués par la pluie. De leur côté, les stations de radios nationales et privées diffusaient leurs programmes normalement, la radio gouvernementale revenant largement sur les mesures prises par le président Zine El Abidine Ben Ali pour désamorcer la crise déclenchée par des manifestations contre le chômage dans le centre-ouest et qui s'est propagée dans la plupart des régions du pays.

 

Leur presse (L'Express), 12 janvier 2011 - 11h30.

 


L'armée tunisienne s'est déployée pour la première fois dans la capitale, touchée par les heurts

 

L'armée tunisienne s'est déployée mercredi à Tunis, où la tension est montée au lendemain d'affrontements entre la police et les manifestants qui ont éclaté dans une banlieue de la ville. Des renforts militaires, notamment des soldats armés et des véhicules blindés, ont fait leur apparition dans la capitale pour la première fois depuis le début des affrontements il y a un mois. Mardi, les émeutes contre le chômage qui frappe le pays avaient pour la première fois touché Tunis. Au total, les violences ont fait entre 21 et 50 morts selon les sources, ainsi que des dizaines de blessés. 

 

Leur presse (TSR info), 12 janvier - 11h10.

 

 

Tunis, mardi

Dans Tunis, quadrillée par les forces policières

 

«Continuez votre chemin sans regarder derrière vous !» Ce mardi [11 janvier], l’avenue Habib-Bourguiba, la magnifique artère du centre de Tunis, fait piètre figure. Envolés, les couples d’amoureux à la démarche lascive et les jeunes Méditerranéennes aux allures occidentales. Ce matin-là, les passants, houspillés par les forces de l’ordre, hâtent le pas sous une pluie glaciale. Et pour cause : la ville est quadrillée de policiers, les uns vêtus d’uniformes noirs, les autres en civil pour mieux tenter de se fondre dans le décor. Et cela alors que les bus de la société nationale ont été réquisitionnés et transformés pour l’occasion en fourgons.

 

Au lendemain des mesures d’apaisement annoncées par le président de la République, la capitale tunisienne reste pourtant bien tendue. Lundi, les grandes surfaces ont fermé avant l’heure. L’ordre est venu de tout en haut. Et elles n’ont pas été rouvertes le lendemain. Dans la ville, le moindre attroupement est violemment dispersé par les forces de l’ordre.

 

Universités et écoles fermées

 

Alors que les terrasses des cafés sont désertées, leurs salles ne désemplissent pas. Et les discussions y vont bon train. «Il paraît que ça s’embrase à Kairouan (à 260 km au sud de Tunis, ndlr), ils ont tiré sur les manifestants», lance à voix basse une jeune femme. Diplômée en marketing au chômage, Amira (un nom d’emprunt) suit un troisième cycle universitaire. Mais ce mardi, elle ne s’est pas rendue à la fac : le président Ben Ali vient d’ordonner la fermeture de toutes les écoles et des universités de la capitale.

 

Quelques rues plus loin, avenue des États-Unis, un groupe de journalistes tente une manifestation vers 10 heures autour du bâtiment du syndicat local. Mais ils sont aussitôt encerclés par les policiers en noir qui les poussent à l’intérieur des locaux. Ils n’en sortent qu’en fin de journée, au compte-gouttes.

 

Vers midi, c’est un groupe d’artistes qui essaye de protester au milieu de l’avenue Bourguiba. Aussitôt encerclés, ils font la sourde oreille aux ordres de circuler. Policiers en civil et en uniforme foncent alors dans le tas. Raja ben Ammar, comédienne populaire et directrice de théâtre, est bousculée et insultée. Les manifestants tentent alors de se réfugier dans l’ambassade de France, qui se trouve non loin. Mais les forces de l’ordre les détournent vers des ruelles parallèles.

 

La peur d’un retour au calme

 

Arbi Chouikha, 58 ans, professeur d’université, suit les événements de très près. «Le pouvoir politique ne dispose plus d’assez de troupes pour contenir le mouvement qui s’étend dans tout le pays, dit-il. La fermeture des établissements scolaires et universitaires vise à neutraliser ces espaces pour renforcer la présence policière sur d’autres foyers qui s’agitent un peu partout. Le problème, poursuit-il, c’est que le pouvoir s’est enfermé dans un schéma de pensée complètement obsolète, qui consiste à croire qu’en verrouillant les espaces d’expression, et en entretenant la peur, il peut tout se permettre et tout obtenir.»

 

Clairement, les manifestants redoutent le retour au calme. Cela permettrait alors aux autorités de mener une répression dans le silence absolu comme cela a déjà été souvent le cas.

 

Les émeutes se poursuivent en Tunisie malgré les promesses du président Zine el-Abidine Ben Ali de créer 300'000 emplois. Mardi, la situation était particulièrement chaotique à Kasserine, dans le centre-ouest du pays, après une nuit de violences policières qui porterait le nombre de tués à plus de 50, selon les syndicats.

 

Leur presse (LeTemps.ch), 12 janvier.

 

 

Kasserine

Tunisie : au cœur d'un des centres de la rébellion

 

Dans l'ouest du pays, cette ville est un des foyers de la rébellion contre le pouvoir. Cinquante personnes y ont peut-être trouvé la mort en deux jours. Le pouvoir conteste ce chiffre.

 

 

Scène de pillage à Kasserine, où les émeutiers mettent à sac une grande surface du centre-ville, appelée le «magasin général». Des gosses passent les bras chargés de cartons. Ils ont pris ce qu'ils ont trouvé. Des rouleaux de papier toilette, des paquets de biscuits, du lait, des conserves…

 

Un adolescent hilare fracasse le col d'une bouteille de bière qu'il se met à boire. Soudain, retentit le cri d'une femme. Elle appelle ses enfants. «Rentrez à la maison, vite.» Dans la rue, les visages brillent d'excitation. De peur, aussi.

 

«Ils voulaient tuer»

 

Hier, il y a encore eu des morts. La police a tiré. Des manifestants parlent de trente-huit victimes, d'autres de cinquante, pendant les deux journées où cette petite ville de 75'000 habitants, à l'ouest de la Tunisie, a laissé exploser sa colère et provoqué la riposte des forces de l'ordre. «Ils voulaient tuer. Tous les morts portent des blessures à la tête ou à la poitrine. Les balles ne sont pas arrivées par hasard», s'enflamme Nabir, 23 ans.

 

Le pillage du grand magasin met en rage Youssef Abidi. Cet enseignant est un des responsables du syndicat Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT). Pour lui, pas de doute, c'est orchestré par le pouvoir. «Ce sont les policiers qui ont ouvert les portes pour que les pillards puissent entrer.»

 

Il montre les rues où pas un uniforme n'apparaît. «Ensuite, ils sont partis pour les laisser faire. Les gens ont faim, c'était obligé qu'ils se servent. Et Ben Ali va pouvoir dire que ce qui se passe n'est qu'une affaire de voleurs alors que c'est un soulèvement populaire qui est en train d'avoir lieu.»

 

Le syndicaliste a lui aussi été la victime de la brutalité des forces de l'ordre. À 12h40, elles ont fait irruption, matraque à la main, dans les locaux de l'UGTT. «Ils poursuivaient des lycéens qui s'étaient réfugiés chez nous. Quand ils sont entrés, ils se sont mis à frapper tout le monde et à tout casser», raconte-t-il.

 

Vingt-quatre heures après, les rues de Kasserine portent bien visibles les traces des affrontements. Plusieurs bâtiments administratifs ont été incendiés, ainsi qu'une grande surface de meubles. Ce mardi, tous les commerces sont fermés. Ville morte.

 

Pourquoi une telle explosion de colère ? «Le chômage ! Personne n'a de travail. Regardez-nous. On a tous des diplômes, mais aucun n'a un emploi qui lui assure une vie digne», dénonce avec véhémence Issan, 22 ans, titulaire d'une maîtrise de gestion.

 

Le développement de la Tunisie a oublié Kasserine, où le taux de chômage frise les 30%. «Pas un investissement. Cela fait cinquante ans que cela dure, dit Larbi, 35 ans. Il y a deux Tunisie. Celle du littoral, que les touristes connaissent. Et celle de l'intérieur, qui est une prison où l'on crève lentement.»

 

Leur presse (Marc Mahuzier,
Ouest-France), 12 janvier 2011.

 


Publié dans Internationalisme

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Le Caennais déchaîné 12/01/2011 12:24



Un communiqué de la LDH + une video particulièrement difficile à regarder.


http://lecaennaisdechaine.over-blog.com/article-tunisie-ali-a-l-eau-64818059.html